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Aung San Suu Kyi répond aux ouvertures du régime birman

Radio-Canada

La figure emblématique du mouvement prodémocratique birman, Aung San Suu Kyi, affirme dans une entrevue accordée à la BBC qu'elle tentera de se faire élire au Parlement lors d'élections partielles qui doivent se tenir d'ici la fin de l'année.

Aung San Suu Kyi quitte les locaux de son parti après la réunion du comité central.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Aung San Suu Kyi quitte les locaux de son parti après la réunion du comité central.

Photo : AFP / Soe Than WIN

La Prix Nobel de la Paix 2001 a fait cette déclaration après que le parti qu'elle dirige, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), eut décidé de reprendre son combat politique et de présenter des candidats pour les 48 sièges qui seront bientôt en jeu.

« Nous avons unanimement décidé que la LND allait s'enregistrer [...] et nous participerons aux prochaines élections partielles », a déclaré un cadre du parti après une réunion des 106 membres du comité central à Rangoon.

La LND a été dissoute par la junte militaire six mois avant les élections législatives de novembre 2010. La loi électorale, taillée sur mesure par la junte, obligeait tout parti à expulser des membres reconnus coupables d'un crime. Or, Mme Suu Kyi était assignée à résidence à l'époque et son parti avait refusé de l'expulser.

Ces lois électorales ont récemment été modifiées par le nouveau gouvernement birman, qui demeure contrôlé par les militaires, mais qui multiplie néanmoins les gestes d'ouverture depuis qu'il a succédé à la junte militaire en mars dernier. La junte dirigeait le pays depuis 1962.

Certaines personnes s'inquiètent du fait que participer [aux élections] pourrait faire du tort à ma dignité. Franchement, si vous faites de la politique, vous ne devez pas penser à votre dignité.

Aung San Suu Kyi

En mai 1990, la LND avait remporté haut la main des élections législatives avec plus de 82 % des sièges au Parlement, mais la junte ne lui a jamais transmis le pouvoir.

Washington répond aux signes d'ouverture

Le président Obama annonce la visite prochaine de sa secrétaire d'État Hillary Clinton au Myanmar.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président Obama annonce la visite prochaine de sa secrétaire d'État Hillary Clinton au Myanmar.

Photo : AFP / SAUL LOEB

Ces signes d'ouverture n'échappent pas à Washington. Après avoir parlé au téléphone avec Aung San Suu Kyi pendant une vingtaine de minutes, jeudi soir, le président américain Barack Obama a annoncé que sa secrétaire d'État Hillary Clinton effectuerait une visite dans le pays le mois prochain.

Cette visite, la première par un chef de la diplomatie américaine en 50 ans, constitue une réponse aux récents signes d'ouverture des autorités birmanes, a-t-il dit depuis Bali, où se tient le sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est.

Mme Clinton, qui se rendra dans la capitale, Naypidaw, et dans la plus importante ville du pays, Rangoon, aura pour mission de déterminer si les États-Unis peuvent « autoriser une transition positive en Birmanie et ouvrir un nouveau chapitre entre les deux pays ». Elle rencontrera aussi Aung San Suu Kyi.

Barack Obama a dit voir des « lueurs de progrès » au Myanmar et a promis que Washington examinerait de nouveau ses liens avec le pays en cas de poursuite des réformes démocratiques.

Selon le président américain, la libération récente de prisonniers politiques, l'assouplissement de la censure et plusieurs décisions législatives constituent « les plus importantes mesures de réforme en Birmanie jamais observées depuis des années ».

Nous voulons saisir ce qui pourrait être une occasion historique de progrès et souligner qu'en cas de poursuite sur la voie de réformes démocratiques, la Birmanie pourra forger une nouvelle relation avec les États-Unis.

Barack Obama

« Il reste encore beaucoup de progrès à faire pour préparer l'avenir que le peuple birman mérite », a ajouté le président Obama. En l'absence de progrès en matière de droits de la personne et de démocratie, a-t-il prévenu, les menaces de sanctions et d'isolement seront maintenues.

Le président birman « écoute bien »

Le président birman Thein Sein (archives)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président birman Thein Sein (archives)

Photo : La Presse canadienne / AP/Khin Maung Win

Mme Suu Kyi, qui a été assignée à résidence pendant 15 des 21 dernières années, a déjà fait d'importants gains politiques depuis sa libération, une semaine après les législatives de novembre 2010.

Le nouveau président, Thein Sein, l'a invité à Naypidaw et a posé avec elle devant les photographes, sous un portrait de son père, Aung San, héros de l'indépendance birmane. Mme Suu Kyi s'est aussi offerte comme négociatrice dans le conflit qui oppose le gouvernement à certains groupes ethniques du pays.

« La négociation est le meilleur moyen de résoudre n'importe quel conflit », a-t-elle expliqué dans une entrevue accordée jeudi à la BBC. « Et négocier, ça veut dire s'écouter l'un l'autre. Il ne suffit pas de dire ce que vous avez à dire. Il faut tenter de savoir ce que les autres veulent dire. La négociation commence avec une bonne écoute des parties. »

Lorsque l'intervieweur lui a demandé si le nouveau gouvernement écoute bien les autres, Mme Suu Kyi a répondu : « Pour l'ensemble du gouvernement, je ne sais pas. Mais je crois que le président écoute bien. Pas nécessairement sur un dossier ou un autre, mais dans l'ensemble, c'est un homme qui semble avoir une bonne écoute. »

Au cours des derniers mois, le nouveau gouvernement birman a posé des gestes qui ont été remarqués par la communauté internationale. Outre la libération de quelque 230 prisonniers politiques, il a notamment suspendu un projet de barrage hydroélectrique financé par la Chine en évoquant l'opposition de la population.

Ces plus récents développements ont convaincu les dix membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) de confier au Myanmar la présidence du bloc régional à partir de 2014. En 2006, le pays, croulant sous les sanctions internationales, avait plutôt été contraint de renoncer à la présidence de l'ASEAN.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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