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Unilinguisme anglais à la CDPQ : inacceptable, dit Jean Charest

Logo de la Caisse de dépôt et placement du Québec
Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Le premier ministre Jean Charest a vivement réagi en apprenant que deux cadres de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) sont unilingues anglophones.

L'Office québécois de la langue française (OQLF) a confirmé plus tôt en journée mener une enquête à la suite de plaintes d'un groupe d'employés concernant deux cadres d'une filiale de l'institution.

Ce que j'ai vu ce matin est inacceptable à la Caisse de dépôt et placement. On s'attend à ce que la caisse prenne les mesures nécessaires pour corriger la situation.

Jean Charest

La chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, a attaqué le premier ministre Jean Charest sur le sujet lors de la période des questions à l'Assemblée nationale.

Après vérifications auprès des autorités de la Caisse, il s'est avéré qu'effectivement les deux nouveaux dirigeants ciblés par la dénonciation, et embauchés sous Michael Sabbia, sont des unilingues anglophones qui imposent que des réunions du comité d'investissement se déroulent en anglais.

Pauline Marois

« Il est donc hors de question de laisser la direction actuelle de la Caisse ramener 35 ans en arrière », a martelé Mme Marois, qui a poursuivi en demandant au premier ministre quelles mesures seraient prises pour corriger la situation.

Ce dernier a simplement promis de voir à ce que la situation soit corrigée à la Caisse de dépôt et placement tout en précisant que la loi garantit un milieu de travail en français au Québec.

L'Action démocratique du Québec (ADQ) déposera une motion sans préavis pour dénoncer l'unilinguisme anglophone de cadres de la Caisse de dépôt et placement du Québec. La motion demandera que la Caisse prenne rapidement les mesures nécessaires pour corriger la situation et faire en sorte que ses dirigeants s'expriment en français.

Ce sont des employés de la filiale immobilière de la Caisse, Ivanhoé Cambridge, qui ont écrit à l'OQLF pour dénoncer la situation. Les cadres visés sont le président de l'exploitation d'Ivanhoé Cambridge, Kim McInnes, et le vice-président principal ressources humaines et services corporatifs, David Smith.

« L'article 4 de la Charte [de la langue française] est clair : les travailleurs ont le droit d'exercer leurs activités en français », a indiqué dans une entrevue au Réseau de l'information la présidente-directrice générale de l'OQLF, Louise Marchand.

Pour travailler dans l'administration publique, les gens doivent parler français, ça, c'est sûr.

Louise Marchand, PDG de l'OQLF

« En outre, le gouvernement a adopté une politique linguistique [...] à laquelle sont tenus tous les ministères ou organismes de l'administration publique, qui dit que, de façon générale, l'administration emploie exclusivement le français dans ses documents et dans ses communications, tant à l'interne qu'à l'externe », ajoute Mme Marchand.

La PDG de l'OQLF précise que si Ivanhoé Cambridge a son siège social au Québec [NDLR: il est à Montréal], « elle peut être assujettie à l'obligation d'instaurer au sein de son organisation un programme de francisation, c'est-à-dire d'assurer la généralisation du français, comme toutes les entreprises de plus de 50 personnes salariées ».

La Caisse admet le problème, mais demande « un peu de latitude »

En entrevue à RDI, le premier vice-président affaires publiques à la Caisse de dépôt, Denis Couture, affirme que les deux hommes ont déjà suivi des cours de français et qu'ils le parlent quelque peu, mais admet qu'il serait exagéré de dire qu'ils parlent bien la langue de Molière.

Ils seront rappelés à l'ordre, dit-il, et la Caisse va « essayer d'accélérer leurs efforts pour mieux parler français ». Une campagne de promotion du français doit aussi avoir lieu, tant à la Caisse que chez Ivanhoé Cambridge, affirme M. Couture.

Il faut que la Caisse, d'une part, protège toute l'image de l'aspect français au sein de son institution - ce qu'elle veut faire - et d'autre part, il faut essayer de donner un peu de latitude à des anglophones pour qu'ils puissent fonctionner et nous aider à faire de l'argent pour le bénéfice des déposants et des Québécois.

Denis Couture, VP affaires publiques à la Caisse de dépôt et placement

« Ce sont deux anglophones qu'on n'a pas embauchés dans des postes comme ça sans qu'ils aient des qualifications. C'est des gens qui étaient là avant, des anciens de Cambridge qui étaient là avant qu'il y ait une fusion il y a une douzaine d'années », fait-il valoir.

« On les a fait venir - un de Vancouver, l'autre de Toronto - à Montréal. [...] Ce sont des gens qui ont déménagé au Québec en toute connaissance de cause, en sachant qu'une des conditions de leur emploi, c'était d'apprendre le français », assure M. Couture.

« Nous, on est dans une situation d'exception. On regarde ça et on se dit : il faut essayer d'organiser les choses de telle sorte qu'on ait des francophones qui puissent évoluer, travailler en français [...], grandir dans l'entreprise, mais en même temps, qu'on ait des gens qui ont des compétences [...], qui sont dans l'entreprise, qui connaissent nos éléments d'actifs à l'international [...] et qui ont la capacité de fonctionner dans ce contexte-là », ajoute-t-il.

Société