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Robert Fowler raconte ses 130 jours de cauchemar

L'ex-diplomate canadien Robert Fowler.

Robert Fowler est présentement professeurà l'École supérieure d'affaires publiques et internationales de l'Université d'Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Deux ans après sa libération, l'ex-diplomate Robert Fowler vient de publier le livre A season in hell, autrement dit Une saison en enfer. L'ex-diplomate canadien y fait le récit de ses 130 jours de captivité au Niger, passés entre les mains d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Un vrai cauchemar vivant, selon lui.

Après quatre mois de détention avec son collègue Louis Guay, Robert Fowler a recouvré la liberté le 22 avril 2009. Ce jour-là, il savait déjà qu'il allait écrire un livre sur l'épreuve qu'il venait de vivre dans le désert du Sahara.

« Je me suis occupé le cerveau en planifiant ce livre, c'était un exercice mental de collectionner et d'ordonner les images que je voulais conserver », raconte l'analyste géopolitique, qui a accordé à Radio-Canada, aux Coulisses du pouvoir, sa première entrevue en français au sujet de son livre.

Au fil des pages, il décrit les circonstances de son arrestation et répète que le gouvernement du Niger était impliqué dans sa prise d'otages. Il relate aussi les conditions de sa détention et brosse un portrait de ses ravisseurs, lui qui a pu « étudier Al-Qaïda de près ».

L'ancien envoyé spécial des Nations unies évoque également sa libération. « Je n'ai pas été relâché pour mes beaux yeux », explique-t-il. Il ne sait pas qui a payé, ni quelle était la nature de sa rançon, mais il est convaincu que quelqu'un a payé. « Sans cela, je serais mort », assure-t-il, citant l'exemple d'autres otages décapités par leurs kidnappeurs.

La peur au ventre

Robert Fowler raconte surtout dans A season in hell le quotidien d'un otage, perdu au milieu des dunes, sans repères ni certitudes. « Du matin au soir, on vit avec une peur constante, avec la crainte de mourir un couteau sous la gorge », témoigne l'auteur.

À la question de savoir ce qui l'a aidé à tenir, il répond ne rien en savoir. « Je suis convaincu que les gens sont plus capables qu'ils ne le croient », explique simplement l'ex-diplomate, qui évoque les camps de concentration et les années de réclusion endurées par les Juifs. « Nous, nous avons été seulement détenus pendant quatre mois et demi », relativise-t-il.

Avec du recul, Robert Fowler affirme que cette épreuve ne l'a pas changé autant qu'il aurait pu le croire. « Je me préoccupe moins des petites bêtises du quotidien », reconnait-il cependant. « Chaque jour est une joie. J'apprécie la vie et je jouis de ses possibilités », conclut l'ex-diplomate.

Le curriculum vitae de Robert Fowler

Robert Fowler a été le représentant permanent du Canada aux Nations unies à New York de 1995 à 2000 avant de devenir ambassadeur du Canada en Italie (2000-2006).

Au moment de son enlèvement, le diplomate était l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Niger. Il devait à ce titre étudier les possibilités d'un accord de paix entre le gouvernement du président Mamadou Tandja et des rebelles touaregs du nord du pays, qui réclament un meilleur partage des ressources.

Robert Fowler est présentement professionnel en résidence à l'École supérieure d'affaires publiques et internationales de l'Université d'Ottawa.

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