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Rio : les autorités reprennent le contrôle de la plus grande favela du Brésil

Policiers brésiliens patrouillant dans la favela de la Rocinha.

Les policiers n'ont rencontré aucune résistances dans la favela de la Rocinha.

Photo : Silvia Izquierdo

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les unités de choc de la police et l'armée brésilienne ont mené une vaste opération, dimanche matin à Rio de Janeiro, dans la favela de la Rocinha, la plus grande du Brésil. Les policiers d'élite et les soldats ont repris manu militari le contrôle de ce bidonville sous la coupe des gangs de trafiquants de drogue depuis des décennies.

La favela de la Rocinha « est sous notre contrôle. Il n'y a eu aucun incident, et pas un seul coup de feu tiré », a déclaré le chef d'État-major de la police militaire, le colonel Alberto Pinheiro Neto, lors d'une conférence de presse.

Selon la chaîne câblée GloboNews, une seule personne a été arrêtée et aucune victime n'est à signaler.

L'opération « Choc de paix » avait commencé deux heures plus tôt, aux premières lueurs du jour. Appuyées par des hélicoptères volant en rase-motte et escortées par des blindés de la Marine, les forces d'élite de la police sont entrées vers 04 h 10 du matin (heure locale) dans les rues de la Rocinha, une colline au coeur des quartiers riches de la ville où vivent quelque 120 000 personnes.

Dans les ruelles étroites et escarpées de la favela, des femmes pleuraient, et des habitants avaient déployé des draps blancs à leurs fenêtres en signe de paix. « L'arrivée de l'UPP [unité de police pacificatrice] va être positive pour mettre fin au narcotrafic. Que mes enfants n'aient aucun contact avec le trafic, c'est formidable », témoigne Carlos Alberto, un habitant de 51 ans.

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Des habitants de la favela observant les militaires.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des habitants de la favela observant les militaires.

Photo : AFP / ANTONIO SCORZA

Durant leur progression, soldats et policiers n'ont rencontré aucune résistance de la part des trafiquants. Il faut dire que l'opération revêtait un caractère autant médiatique que militaire, les autorités l'ayant annoncée des jours à l'avance, laissant ainsi le temps aux gangs de s'enfuir.

Confrontés depuis des années à la tyrannie des trafiquants de drogue ainsi qu'aux méthodes souvent violentes de la police, les Cariocas se montrent méfiants.

« Je suis optimiste, mais il faut qu'ils en fassent beaucoup plus. La communauté a besoin de soins, d'éducation et d'autres services sociaux pour donner suite à tout ça », souligne le pasteur évangélique Wilson Aracanju, en observant le déroulement de l'opération.

Objectifs Mondial 2014 et JO de 2016

La Rocinha est la 19e favela reprise aux mains des narcotrafiquants et des milices paramilitaires qui régentent ces bidonvilles où vit le tiers de la population de Rio. Les autorités ont en effet lancé depuis 2008 de vastes opérations destinées à pacifier les quartiers pauvres de la deuxième plus grande ville du Brésil, derrière São Paulo. L'objectif étant d'offrir un visage plus sécuritaire avant les compétitions sportives du Mondial 2014 de football et des jeux Olympiques de 2016.

« On espère que la pacification va aussi apporter le traitement de l'eau, l'éducation, la santé. Il y a ici des gens vivant au milieu des cafards, faisant leurs besoins dans un seau, la pacification doit s'occuper de ces gens en priorité », observe Raimundo Benicio de Sousa, un chef de file communautaire âgé de 56 ans. « J'espère qu'une fois passée la Coupe du monde, on ne nous oubliera pas », ajoute-t-il.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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