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Berlusconi démissionne, de nombreux Italiens fêtent la fin d'une ère

Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, quitte le palais du Quirinal après avoir remis sa démission au chef de l'État Giorgio Napolitano.

Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, quitte le palais du Quirinal après avoir remis sa démission au chef de l'État Giorgio Napolitano.

Photo : AP/Roberto monaldo

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a remis sa démission samedi au chef de l'État Giorgio Napolitano. L'annonce de son départ a été accueillie dans la joie par des milliers de personnes réunies devant le palais du Quirinal.

Après avoir perdu sa majorité au Parlement mardi soir, Silvio Berlusconi avait promis de démissionner une fois le projet de loi sur les mesures d'austérité approuvé par les deux chambres.

Samedi, la Chambre italienne des députés a adopté par 308 voix contre 26 le projet de loi de stabilité financière, appuyé vendredi par le Sénat.

« Aujourd'hui, le rideau tombe sur une page longue et douloureuse de notre histoire » a déclaré Dario Franceschini, député du Parti démocrate, le principal parti d'opposition.

Le député Fabrizio Cicchitto, du Peuple de la Liberté (PDL), le parti de Berlusconi, a pour sa part salué la « conscience nationale » de son chef qui a accepté de démissionner « alors qu'il n'était pas obligé de le faire ».

Par ailleurs, le parti a accepté de soutenir un nouveau gouvernement dirigé par Mario Monti à condition qu'il applique les réformes décidées avec l'Union européenne « pour s'assurer que le gouvernement n'est pas politique et par-dessus tout pour vérifier le calendrier du nouveau gouvernement », a déclaré le député Mario Baccini.

Le président Giorgio Napolitano devrait demander à l'ancien commissaire européen à la Concurrence Mario Monti de former le prochain gouvernement, qui, selon certains politologues, pourrait être annoncé dès dimanche soir, soit avant l'ouverture des marchés boursiers, lundi.

Des Italiens fêtent la démission de Berlusconi devant le palais présidentiel.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des Italiens fêtent la démission de Berlusconi devant le palais présidentiel.

Photo : AFP / Gabriel Bouys

Manifestations de joie

Berlusconi a été accueilli par les huées devant le siège de la présidence de la République, où l'on pouvait entendre des cris allant de « bouffon, bouffon » à « primavera, primavera » (printemps, printemps), faisant probablement référence au printemps arabe.

Une foule s'était également rassemblée en après-midi dans le centre de Rome pour célébrer le départ imminent de M. Berlusconi. « Nous attendons la fin de l'ère Berlusconi, nous espérons que ce sera la fin », avait indiqué une Romaine sur place, Angela Lanza.

Des milliers de manifestants ont brandi des pancartes où l'on pouvait lire « Démission, démission », « Bye-bye Silvio! », « Disparais! » ou « Enfin! ».

« Aujourd'hui, nous sommes ici parce que nous sommes très, très heureux que Berlusconi, finalement, rentre chez lui. Qu'il retourne à la maison », avait lancé une manifestante.

Des messages circulant sur le réseau social Facebook ont invité les Italiens à descendre dans les rues pour fêter la démission du président et à suspendre des bannières tricolores aux balcons.

Des manifestants sont rassemblés devant le palais du Quirinal pour huer Silvio Berlusconi, qui a présenté sa démission au chef de l'État.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des manifestants sont rassemblés devant le palais du Quirinal pour huer Silvio Berlusconi, qui a présenté sa démission au chef de l'État.

Photo : AFP / Vincenzo Pinto

Berlusconi s'est dit « profondément amer » face à toute cette contestation et cette hostilité à son endroit, rapporte l'agence italienne Ansa.

Ses partisans se sont réunis devant sa résidence privée pour lui démontrer leur soutien. Il « est unique, inoubliable. Il n'y a personne à la hauteur », a soutenu un ouvrier de 25 ans, Massimo della Seta.

Un long règne

Silvio Berlusconi, self-made-man millionnaire et magnat des médias, quitte donc le pouvoir après 17 ans de vie politique et plus de huit ans à la tête du pays, soit de 1994 à 1995, puis de 2001 à 2006 et enfin depuis 2008.

Ses dernières années au pouvoir ont été marquées par des scandales sexuels et des affaires de corruption et d'abus de pouvoir. Mais c'est finalement la débâcle financière du pays, qui plie sous une dette colossale de 1900 milliards d'euros, qui aura eu raison de lui.

Déjà, les rumeurs veulent que « Il Cavaliere » retourne à ses « premiers amours » et reprenne la présidence du prestigieux AC Milan, le club de soccer qu'il a acheté en 1986. Berlusconi a déjà fait part de cette intention cette semaine lors d'une entrevue avec le quotidien de centre-droit La Stampa.

Mesures d'austérité

Avec une dette qui atteint 120 % de son PIB, la troisième économie de la zone euro doit composer avec des taux d'emprunt élevés qui ont atteint cette semaine des records, à près de 7,5 % pour les obligations sur 10 ans.

Voici un survol des mesures d'austérité :

  • des biens immobiliers et des terrains agricoles seront vendus;
  • les ordres professionnels seront réformés et les tarifs minimums abolis;
  • les collectivités locales devront réduire leur participation dans des sociétés de services;
  • l'âge du départ à la retraite passera à 67 ans;
  • la taille de la fonction publique sera réduite.
Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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