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La bataille des droits de scolarité se transporte sur le web

Google

Photo : iStockphoto

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement québécois a payé un moteur de recherche pour s'assurer que son argumentaire arriverait en haut de celui des associations étudiantes aux yeux de l'internaute qui cherche à s'informer sur le sujet.

Une recherche sur Google basée sur les acronymes des principales associations étudiantes - FECQ, FEUQ et ASSÉ - fait donc apparaître un lien commandité vers un nouveau site du ministère de l'Éducation, www.droitsdescolarite.com, où il y défend la hausse des droits de scolarité.

Des termes tels que « manifestation étudiante » et « grève étudiante » y mènent aussi, a admis le porte-parole de la ministre de l'Éducation.

« On ne prend pas la place de personne, on n'a pas piraté un site. C'est légal, tu peux le faire, comme n'importe quelle organisation ou entreprise qui lance un site Internet. »

— Une citation de  Dave Leclerc, porte-parole de la ministre de l'Éducation Line Beauchamp

Pour un certain montant d'argent, toute organisation peut « acheter » des mots-clés sur Google afin que les internautes qui les inscrivent dans le moteur de recherche tombent plus rapidement sur son site. Selon la porte-parole du ministère de l'Éducation, Esther Chouinard, la création du site a été confiée à la firme Cossette pour un montant de 50 000 $.

Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), s'est insurgée contre cette pratique. Selon elle, les décisions du gouvernement montrent bien qu'il manque de crédibilité et ne veut pas ouvrir de vrai débat sur la question des droits de scolarité.

« Une chose est sûre : quand la ministre disait que les étudiants ne la dérangeaient pas tellement, on voit clairement ici qu'au contraire, on a dérangé. »

— Une citation de  Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec

« Mais ce qui est encore plus troublant, c'est de voir que le ministère de l'Éducation est probablement en manque de crédibilité, en se donnant de la crédibilité sur les associations étudiantes en achetant nos noms. »

— Une citation de  Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec

Dave Leclerc a expliqué que le lancement de ce site s'inscrit dans un plan de communication plus large. Le comité chargé de conseiller le gouvernement en matière d'aide financière aux études avait demandé à Mme Beauchamp de bien informer les étudiants de son plan et des mesures d'aide disponibles pour assurer l'accessibilité aux études supérieures.

Le lancement du site Internet et l'achat des mots-clés constituent une partie de la réponse du ministère à cette recommandation, a indiqué M. Leclerc.

« C'était une demande du Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études, où siègent sept étudiants, a-t-il fait valoir. On ne fait pas de campagne à la télévision, on ne fait pas de campagne à la radio, on ne fait pas de campagne dans les journaux, qui sont les campagnes les plus dispendieuses. »

Joint au téléphone vendredi après-midi, le président de ce comité, Pierre Grondin, s'est dit plutôt satisfait du lancement du site du ministère. Selon lui, le gouvernement en a profité pour faire passer son message, mais l'information à transmettre y est aussi présente.

Jeudi, plus de 12 000 étudiants ont manifesté dans les rues de Montréal contre la hausse des droits de scolarité annoncée par le gouvernement Charest.

Le lancement du site Internet au lendemain de cet événement relève d'un « certain hasard », selon Dave Leclerc.

D'après La Presse Canadienne

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