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Universal rachète EMI pour 1,9 milliard de dollars

La porte d'entrée d'un bureau d'EMI, à Londres.
Photo: AFP / CARL DE SOUZA
Radio-Canada

Universal Music, la filiale du groupe Vivendi, a annoncé vendredi le rachat de la branche musique de sa concurrente britannique EMI. L'opération, si elle va à son terme, est estimée à 1,2 milliard de livres sterling, soit un peu plus de 1,9 milliard de dollars.

L'annonce vient confirmer les rumeurs qui ont circulé dans la semaine à Londres, New York et Paris. Le Wall Street Journal, le Financial Times, puis Bloomberg avaient fait état de discussions avancées entre la filiale du groupe français Vivendi et la banque américaine Citigroup, propriétaire d'EMI.

L'opération a finalement été approuvée vendredi par le directoire et le conseil de surveillance de Vivendi qui financera le rachat grâce à ses lignes de crédits existantes et la cession d'actifs non stratégiques pour un montant d'environ 690 millions de dollars.

« Il s'agit d'une acquisition historique pour UMG [Universal Music Group] et d'une étape importante dans la préservation du patrimoine d'EMI Music », a déclaré dans un communiqué Lucian Grainge, le PDG d'Universal. « Nous prévoyons d'acquérir les activités de musique enregistrée d'EMI dans de très bonnes conditions et en respectant nos principes de stricte discipline financière », a souligné de son côté le président du directoire de Vivendi, Jean-Bernard Lévy.

Nous pensons que nous faisons cette opération au bon moment du point de vue du cycle de l'industrie musicale.

Jean-Bernard Lévy, PDG de Vivendi

En rachetant la quatrième maison de disque mondiale, Universal met la main sur une pléiade d'artistes de renommée planétaire: des Beatles à Robbie Williams en passant par Ben Harper, Charles Aznavour, Queen, David Guetta, Coldplay, Katy Perry ou Pink Floyd. Selon une source impliquée dans l'opération, l'autre division du label britannique, Music Publishing, devrait quant à elle être cédée à un consortium emmené par la division musique de Sony, pour 2,2 milliards de dollars.

Selon les prévisions de Vivendi, l'opération aura un impact positif sur les résultats d'Universal Music, dès sa première année, et permettra d'améliorer les marges de la maison de disques, a précisé Jean-Bernard Lévy lors d'une conférence téléphonique, en annonçant tabler sur plus de 160 millions de dollars de synergies par an.

« Nous comptons conserver notre note triple B », a assuré le dirigeant de Vivendi, en soulignant que le groupe maintenait son objectif d'augmenter le dividende.

Le Financial Times avançait vendredi matin que le prix proposé par Universal était supérieur aux attentes de Citigroup, la banque ayant en contrepartie accepté de conserver les engagements de retraite d'EMI, principal point d'achoppement dans les négociations.

Selon les premiers chiffres évoqués dans la presse, la transaction était initialement estimée à 1,5 milliard de dollars. La somme finale de 1,9 milliard « représente sept fois l'excédent brut d'exploitation avant synergies », précise le communiqué du groupe français.

Examen des autorités de la concurrence

De l'avis de plusieurs analystes, le rapprochement entre EMI et Universal revêt un intérêt stratégique, au regard notamment de leurs complémentarités géographiques et des importantes synergies qui pourraient en découler.

Certains soulignent toutefois le caractère risqué de l'opération en raison des marges financières limitées du groupe de télécoms et de divertissement. D'autres analystes redoutent enfin que le projet pose des difficultés du point de vue de la concurrence.

La filiale de Vivendi devra en effet attendre la validation des autorités européennes de la concurrence, qui pourraient voir d'un mauvais oeil ce rapprochement entre deux des principaux joueurs de l'industrie du disque.

« Il est probable que les autorités de la concurrence poussent à la cession de certains actifs - labels, filiales, dans certains pays - ou imposent des contraintes très précises, notamment en matière de distribution des producteurs indépendants », écrivent dans une note les analystes de la banque française Natixis.

Les investisseurs ont eux positivement accueilli la nouvelle. En fin de séance, l'action de Vivendi gagnait 2,59 % à la Bourse de Paris, tandis que l'indice CAC 40 progressait de 2,75 %.

Si la transaction est autorisée par l'Europe, EMI changerait une nouvelle fois de main. Citigroup avait mis en vente la maison de disque en juin dernier, après en avoir pris le contrôle en février lorsque son précédent propriétaire, le fonds d'investissement Terra Firma, avait fait défaut sur le remboursement d'un emprunt.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Économie