•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Scandale des écoutes : James Murdoch plaide à nouveau son innocence

James Murdoch, fils de Rupert Murdoch et président de News International.

James Murdoch a répondu pendant deux heures et demie aux questions des parlementaires britanniques.

Photo : La Presse canadienne / AP

Radio-Canada

James Murdoch a une nouvelle fois nié toute responsabilité dans le scandale de l'ex-tabloïd News of the World. Le fils du magnat des médias Rupert Murdoch et patron à l'international du groupe News Corp. a répété jeudi devant une commission parlementaire britannique qu'il avait ignoré l'étendue des écoutes téléphoniques opérées par le journal dans les années 2000.

Sous le feu des critiques depuis la révélation en juillet des écoutes orchestrées par la rédaction du News of the World, qui est accusée d'avoir piraté les messageries de téléphones portables de milliers de personnes, James Murdoch a démenti avoir été informé en 2008 du contenu d'un message crucial, prouvant que ces écoutes n'étaient pas le fait d'un journaliste isolé au sein du journal.

« Ce message ne m'a pas été montré », a martelé James Murdoch, sans se départir de son calme. « Ni la nature de ce message (...) ni un quelconque soupçon d'infraction à grande échelle n'ont été évoqués devant moi », a-t-il assuré, jugeant cette inadvertance « regrettable ».

Deux de ses anciens subordonnés, Tom Crone, ex-directeur des affaires juridiques de News International, et Colin Myer, un ancien rédacteur du News of the World, prétendent cependant avoir discuté de ce message avec James Murdoch lors d'une rencontre en juin 2008. Pour sa défense, ce dernier a accusé ses collaborateurs d'avoir fourni des témoignages fallacieux.

« C'était le travail du nouveau rédacteur en chef qui était arrivé (...) de faire le ménage, de me faire prendre conscience de ces éléments », s'est disculpé James Murdoch. En réponse, le député travailliste Tom Watson, membre de la commission, a cité des propos de l'ancien chef du reportage au News of the World, Neville Thurlbeck, qui a corroboré les accusations des deux hommes.

Serein dans l'adversité

Le président de News International, la filiale qui chapeaute les journaux britanniques de l'empire Murdoch, a également garanti qu'il n'avait pas menti lors de sa première audition devant la commission en juillet.

Interrogé pendant deux heures et demie par les parlementaires, James Murdoch n'a pas sourcillé aux propos provocateurs de Tom Watson. Particulièrement remonté, le député l'a en effet qualifié de « chef mafieux ».

Vous devez être le premier chef mafieux de l'histoire à ne pas savoir qu'il dirigeait une entreprise criminelle.

Le député Tom Watson
Des opposants au groupe Murdoch, devant le parlement britannique.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des opposants au groupe Murdoch, devant le parlement britannique.

Photo : AFP / BEN STANSALL

« M. Watson, je vous en prie. Je pense que c'est inapproprié », s'est contenté de répondre James Murdoch, blême, avant de prendre à témoin le président de la commission. Reprenant les termes employés par son père Rupert devant cette même commission en juillet, il s'est contenté de réaffirmer que le scandale avait rendu « humble » tout le groupe News Corp.

Il n'est toutefois pas parvenu à expliquer pourquoi il n'avait pas fait preuve d'une plus grande curiosité vis-à-vis des pratiques en vigueur au sein du News of the World. Notamment lorsqu'il a approuvé le versement, en 2008, de 750 000 livres sterling (1,2 million de dollars) à un dirigeant du football anglais, Gordon Taylor.

L'ancien joueur de soccer professionnel fait partie des 5800 victimes des écoutes téléphoniques du tabloïd, parmi lesquelles figurent des hommes politiques, des membres de la famille royale britannique, des artistes et de simples citoyens qui faisaient l'actualité.

Le groupe Murdoch dans la tourmente

Le fils de Rupert Murdoch joue son avenir et se bat pour sauver sa carrière au sein de l'empire Murdoch, ébranlé par ce scandale qui a provoqué la colère de ses actionnaires. Sa prestation pourrait, entre autres, peser sur ses chances de réélection à la tête du bouquet satellitaire BSkyB lors de l'assemblée générale des actionnaires du groupe de télévision à la fin du mois.

Lors d'une assemblée générale des actionnaires du groupe News Corp., en octobre dernier à Los Angeles, certains investisseurs avaient réclamé le départ du conseil d'administration de Rupert Murdoch et de ses fils.

Le scandale des écoutes téléphoniques de l'ex-tabloïd News of the World a éclaté en 2006. Il a pris une autre dimension au cours de l'été lorsque des journaux ont révélé que le téléphone d'une collégienne de 13 ans, Milly Dowler, assassinée en 2002, avait aussi été piraté. Cette information a provoqué une vague d'indignation au sein de la population britannique.

L'affaire est allée jusqu'à déclencher un séisme politico-médiatique, avec la démission de proches de Rupert Murdoch, de hauts responsables de la police britannique et d'un collaborateur du premier ministre David Cameron.

En attendant la conclusion des enquêtes policières, le rapport du comité parlementaire devrait être rendu public d'ici Noël. De son côté, le groupe News Corp. a annoncé la semaine dernière l'ouverture d'un fonds d'indemnisation aux victimes des écoutes.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Médias

International