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Les indignés de Vancouver, Victoria et Québec défient les autorités

Une indignée de Vancouver

Une indignée de Vancouver

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

D'un océan à l'autre, les indignés ne semblent pas vouloir démanteler les campements qu'ils ont érigés au cours des dernières semaines, comme le leur demandent les autorités, même si certaines municipalités commencent à prendre les grands moyens.

À Vancouver, les autorités sont passées à la vitesse supérieure, lundi, en entamant des procédures judiciaires pour faire démanteler le campement des indignés, sur le site du Musée des beaux-arts, dans le centre-ville.

La Cour suprême de la province a accepté de traiter la demande d'injonction de façon accélérée. L'audience a été fixée au lendemain, à 14 h, heure locale.

La directrice générale de la Ville, Penny Balam, n'a pas précisé le moment où les autorités forceraient le démantèlement du campement si le tribunal accédait à leur requête, mais elle a assuré que cela se ferait « de façon expéditive ».

Elle a précisé que la demande d'injonction ne visait pas à mettre fin aux manifestations, mais bien au campement.

La Ville s'est résolue à un recours judiciaire après s'être heurtée au refus des organisateurs du mouvement Occupons Vancouver de plier bagage comme l'exigeait l'avis officiel envoyé en matinée. Loin d'obtempérer, les manifestants ont même érigé un plus grand nombre de tentes.

L'avis qui leur a été envoyé officiellement par Mme Balam invoquait des raisons de sécurité.

Une jeune femme a été retrouvée morte dans l'une des tentes samedi après-midi, à la suite de ce qui pourrait être une surdose d'héroïne. L'hypothèse n'a cependant pas encore été confirmée. Deux autres manifestants ont toutefois été traités pour des surdoses, auxquelles ils ont survécu.

Les services d'incendie de Vancouver avaient aussi dit s'inquiéter des risques d'incendie. Jusqu'ici, les responsables municipaux espéraient pouvoir négocier avec les campeurs pour organiser leur départ rapide du site, sans toutefois leur donner d'ultimatum.

Les protestataires ont de leur côté toujours dit qu'ils étaient là pour rester et qu'ils n'avaient pas d'ordres à recevoir de la Ville ou du service des incendies. Ils estiment que leur présence sur le terre-plein du Musée des beaux-arts est protégée par la Charte canadienne des droits et libertés.

Ultimatum à Victoria

À Victoria, les manifestants ont défié l'ultimatum de midi, heure locale, qui leur avait été lancé pour lever leur campement. Plusieurs ont obtempéré en défaisant leurs tentes, mais une centaine d'autres ont formé une chaîne humaine autour du camp établi au Centennial Square.

Les autorités de la capitale britanno-colombienne ont indiqué qu'elles n'entendaient pas fermer le camp pendant la journée, préférant plutôt tenter d'obtenir auparavant une injonction auprès du tribunal.

Dimanche, une note émise par la municipalité demandait aux occupants de quitter le terrain afin de laisser place aux préparatifs de Noël pour l'illumination annuelle du séquoia qui s'y trouve. Tenir des manifestations et installer des tentes au Centennial Square sans permis contreviennent aux règlements municipaux, y ajoutait-on.

Les indignés de Québec transportent leur cause devant le conseil municipal

À Québec, les indignés résistent eux aussi aux pressions de la Ville, qui leur a demandé jeudi dernier de démanteler leur camp, installé à la place de l'Université du Québec.

Reprochant à la ville de les harceler, une trentaine d'entre eux ont fait valoir leur message en soirée devant le conseil municipal. Loin d'envisager d'abandonner leur campement, ils ont plutôt demandé au maire Régis Labeaume d'améliorer leurs conditions de vie, réclamant même une place permanente pour faire valoir leurs droits.

Le maire Labeaume n'a pas semblée très réceptif à cette idée. « Je pense que leur message a été entendu », a-t-il dit en entrevue à Radio-Canada. « Le problème qui se pose pour eux, c'est qu'il ne restera plus rien de leur message. [...] Ils auraient dû prendre la balle au bond quand on leur a dit qu'on les comprenait et que, quelque part, on était d'accord avec eux. »

Dans la journée, des employés municipaux accompagnés de policiers sont intervenus pour saisir des matériaux qu'ils jugeaient non sécuritaires. Un porte-parole de la Ville a par ailleurs indiqué que la municipalité n'était pas contre l'idée que des manifestants occupent quotidiennement la place de l'Université du Québec, mais qu'il ne s'agissait pas d'un endroit pour camper.

Les indignés d'Halifax obtempèrent temporairement

Dans les Maritimes, les dizaines de manifestants qui campaient devant l'Hôtel de Ville d'Halifax se sont affairés dimanche à nettoyer le site. Ils seront temporairement déménagés dans le parc Victoria d'ici mardi afin de laisser la place aux festivités du Jour du Souvenir. Le principal monument commémoratif de guerre est situé sur la place publique Grand Parade, en face de l'hôtel de ville.

Les manifestants affirment qu'ils seront de retour le 12 novembre.

Le maire d'Halifax Peter Kelly a déclaré qu'il était satisfait de voir les participants quitter temporairement la place. Il est toutefois resté vague sur ce qu'il adviendrait des protestataires lorsqu'ils tenteront de revenir sur la place de la mairie.

À London, en Ontario, les autorités municipales ont aussi demandé officiellement vendredi à la quarantaine de manifestants anticapitalistes qui campent depuis deux semaines dans un parc du centre-ville de quitter les lieux.

Le maire de London, Joe Fontana, indique que le mouvement ne respecte pas le règlement municipal, qui interdit à qui que ce soit de passer la nuit dans un parc.

Montréal laisse faire

Malgré les incidents survenus ailleurs au Canada, Montréal continue d'appliquer sa politique de tolérance. La municipalité n'exigera pas des protestataires qu'ils quittent le square Victoria, si tant est qu'ils se conforment au règles de sécurité en matière d'incendie.

« Les militants ont toujours respecté les demandes pour améliorer la sécurité du camp et aucun incident majeur n'y a été rapporté », a expliqué Gonzalo Nunez, un porte-parole de la ville. Le campement, qui affiche complet, est inspecté quotidiennement, a-t-il signalé.

Consigne sur le campement des indignés à Montréal.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Ville de Montréal ne compte pas demander le démantèlement du campement des indignés.

Photo : Maxime Coutiè

Avec les informations de Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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