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Traqué par le fisc, Ai Weiwei reçoit l'aide de milliers de Chinois

L'artiste dissident chinois, Ai Weiwei

Ai Weiwei vit sous l'étroite surveillance des autorités chinoises depuis le mois de juin.

Photo : Ng Han Guan

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pourchassé par le fisc chinois, le célèbre artiste dissident Ai Weiwei, assigné à résidence, reçoit l'appui financier de milliers d'admirateurs.

Si les dons continuent d'affluer, il devrait bientôt être en mesure de payer ses impôts. Lundi, près de 20 000 personnes avaient envoyé à Weiwei quelque 5 millions de yuans (environ 850 000 dollars), soit plus du tiers de la somme que lui réclament les services fiscaux de la République populaire de Chine.

Au début du mois, le fisc a mis le plasticien en demeure de régler, d'ici le 15 novembre, une dette fiscale de 15 millions d'euros. Touche-à-tout, l'artiste n'a jamais ménagé ses critiques envers le Parti communiste chinois. Il voit dans cette mise en demeure une mesure « inique », destinée à le « briser ».

Ai Weiwei nie toute fraude fiscale et affirme qu'il n'a reçu aucune explication de la part du fisc sur le montant des impôts qu'il doit. Le plasticien-architecte est convaincu que les autorités chinoises tentent ainsi de le réduire au silence.

Les services fiscaux considèrent en revanche qu'Ai Weiwei est « le gestionnaire de fait » de la compagnie Beijing Kake Cultural Developpement, qui aurait contribué à populariser son oeuvre éclectique sans s'acquitter des taxes et des impôts. Weiwei est donc accusé de crimes économiques pour fraude et évasion fiscales.

Durant mes 81 jours[de détention], les policiers ne faisaient référence qu'à ma subversion du pouvoir de l'État. Je suis donc très surpris qu'aujourd'hui ils évitent de parler politique pour mettre en avant cet impôt

Ai Weiwei

Spontanément, des milliers de Chinois se sont cotisés pour lui venir en aide, lui envoyant des milliers de yuans par courrier. Lundi, en début d'après-midi lundi, le nombre de donateurs avait atteint 18 829.

« Tous les matins, nous ramassons de l'argent jeté dans notre cour. Parfois, [les billets] sont pliés en forme d'avion ou de bateau », a raconté Ai Weiwei. « Le bureau de poste vient de me dire que j'avais 776 transferts d'argent à encaisser », a précisé l'artiste qui avait publiquement apporté son soutien au prix Nobel de la paix Liu Xiaobo.

L'exposition « Ai Weiwei absent », à Taiwan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une des œuvres de l'exposition «Ai Weiwei Absent», à Taiwan.

Photo : AFP / SAM YEH

Nouvelle procédure contre Weiwei ?

Le quotidien officiel Global Times a estimé dans un éditorial lundi qu'Ai Weiwei pourrait être accusé de « collecter des fonds illégalement » en acceptant des soutiens financiers pour payer les millions de yuans que lui réclame le fisc.

La mère de l'artiste a offert de vendre la maison familiale de son défunt mari et père de Ai, le poète Ai Qing, ancien compagnon de route du Parti communiste plusieurs fois persécuté durant sa vie.

Hu Jia, l'un des dissidents chinois les plus en vue qui est sorti de prison cette année, a déclaré sur Twitter qu'il avait offert 1000 yuans à Ai Weiwei en signe de « gratitude et de respect pour ce qu'il a fait ».

Âgé de 54 ans, Ai Weiwei a exposé cette année à la Modern Tate de Londres. Le mois dernier, il a été nommé personnalité artistique la plus influente du monde par le magazine britannique Art Review.

En avril, Ai avait été arrêté alors qu'il s'apprêtait à quitter la Chine. Il a été détenu pendant près de trois mois par les autorités, ce qui avait soulevé une vague d'indignation dans le monde. L'artiste, qui a notamment contribué à l'architecture du « Nid d'oiseau », le stade olympique dans lequel s'étaient déroulés les Jeux d'été en 2008, vit depuis sous surveillance, sans pouvoir quitter Pékin.

L'artiste expose en ce moment à Taiwan. Intitulée « Ai Weiwei, absent », cette exposition tourne autour de l'incapacité du plasticien à se rendre au Musée des beaux-arts de Taipei, la capitale taïwanaise.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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