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Le chef des FARC tué en Colombie

Le chef des FARC, Alfonso Cano.
Le chef des FARC Alfonso Cano, lors de d'une conférence de presse en février 2011. Photo: AFP / LUIS ACOSTA
Radio-Canada

Le chef de la guérilla des FARC, Alfonso Cano, a été tué vendredi lors de combats avec l'armée dans le sud du pays. Le président colombien Juan Manuel Santos a aussitôt appelé ses partisans à la démobilisation. La mort de l'homme le plus recherché de Colombie porte un coup dur aux FARC.

L'armée a bombardé vendredi un campement, identifié comme un repaire des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), dans la région de Cauca, située au sud-ouest du pays. Des unités héliportées ont été envoyées pour encercler la position lorsqu'une fusillade a éclaté. Cano serait mort dans les échanges de tir.

« Il s'agit du coup le plus dévastateur jamais porté à ce mouvement », s'est félicité le président Juan Manuel Santos, lors d'une brève allocution télévisée dans la nuit de vendredi à samedi. « Je tiens à adresser le message suivant à chaque membre de cette organisation : déposer les armes ou vous finirez en prison ou au cimetière. Nous aurons la paix », a ajouté le chef de l'État.

La violence n'est pas la voie. Nous devons insister jusqu'à ce que les Colombiens puissent avoir un pays en paix

Juan Manuel Santos

La mort du chef des FARC avait été confirmée plus tôt par le gouverneur de Cauca puis par le ministre de la Défense, Juan Carlos Pinzon. Le ministre a montré une photo de Cano, mort, les yeux grands ouverts, sans sa traditionnelle barbe noire.

Selon Ariel Avila, spécialiste du conflit colombien au sein de l'Institut d'études Corporation Nuevo Arco Iris, d'intenses combats opposaient la guérilla à l'armée depuis une vingtaine de jours aux environs de Cauca. Depuis jeudi, une quinzaine de bombardements avaient eu lieu dans la région.

La mort du dirigeant des FARC constitue une victoire pour Juan Manuel Santos, élu l'an dernier sur la promesse de lutter sans merci contre les rebelles. Aujourd'hui, leur organisation se retrouve littéralement décapitée après la perte de plusieurs dirigeants historiques ces quatre dernières années.

La fin des FARC ?

« Cela va devenir de plus en plus dur pour [les FARC] de survivre dans les années à venir », prédit Alfredo Angel, analyste indépendant en sécurité. « Il n'y a aucun dirigeant possédant le charisme de Cano et il sera difficile de le remplacer. À court terme, il y aura un manque de "leadership". La fin ne sera pas automatique ni immédiate, mais l'on s'approche de la fin des FARC », affirme-t-il.

« La mort d'Alfonso Cano va avoir un impact symbolique sur les FARC, mais surtout un impact sur ses structures, qui s'étaient réorganisées après la mort » de Manuel Marulanda, considère pour sa part le politologue Alejo Vargas.

Alfonso Cano dirigeait les FARC depuis trois ans. Son arrivée à la tête de la guérilla avait suscité des espoirs de dialogue et de paix. Surnommé « l'idéologue », Cano était alors considéré comme plus politique et modéré que son prédécesseur, Manuel Marulanda, décédé en 2008 d'une crise cardiaque.

En 2010, Alfonso Cano avait effectivement appelé au dialogue le nouveau président Juan Manuel Santos, investi en août. Dans le même temps, il poursuivait en parallèle la réorganisation des FARC.

Le gouvernement avait offert 3,7 millions de dollars pour tout renseignement menant à la capture de Cano.

Sous les coups de butoir de l'armée et la police colombienne, les FARC se sont repliés dans leurs fiefs traditionnels - la cordillère des Andes, le centre du pays et les régions frontalières - d'où ils puisent leurs ressources du trafic de cocaïne et des rançons obtenues après des enlèvements.

Les guérilleros, dont le nombre est estimé à 8 000 selon les autorités, ont été regroupés au sein d'unités plus petites, plus mobiles limitant leurs communications. Depuis quelques mois, ils étaient repassés à l'offensive. Dix soldats colombiens ont été tués à la fin du mois d'octobre dans une embuscade dans le sud du pays.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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