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Les Cubains pourront acheter et vendre des maisons

Une maison à Sierra Maestra, dans l'est de Cuba
Une maison à Sierra Maestra, dans l'est de Cuba Photo: Ismael Francisco
Radio-Canada

Les Cubains vont pouvoir acheter et vendre des propriétés immobilières pour la première fois depuis les débuts de la révolution, la plus importante réforme économique annoncée jusqu'à maintenant par le président Raul Castro, ont rapporté les médias officiels jeudi.

La nouvelle loi, qui entrera en vigueur le 10 novembre, s'appliquera uniquement aux citoyens cubains et aux résidents permanents de l'île, selon Granma, le quotidien du Parti communiste cubain.

Les Cubains ne pourront pas posséder plus de deux maisons, une en ville et une autre à la campagne. Cette mesure vise à empêcher l'accumulation des propriétés immobilières.

Toutes les transactions immobilières devront être faites sur des comptes bancaires cubains afin d'être mieux surveillées. Les transactions seront soumises à des frais bancaires.

Les ventes de maison seront aussi soumises à une taxe de 8 % sur la valeur estimée de la propriété, payée à parts égales par le vendeur et l'acheteur. Dans un cas où des Cubains échangeraient des maisons d'une valeur équivalente, chaque partie devrait verser à l'État l'équivalent de 4 % de la valeur de la propriété.

« C'est un important pas en avant. Avec cette mesure, l'État accorde des droits de propriété qui n'existaient pas avant », a estimé Philip J. Peters, un analyste de la politique cubaine au Lexington Institute d'Arlington, en Virginie.

« Si vous y pensez du point de vue d'une famille cubaine, cela revient à transformer sa maison en source de richesse ou en garantie. C'est un bien qui peut maintenant être transformé en argent liquide », a expliqué M. Peters.

Dans les rues de La Havane, jeudi, des résidents se sont dits enchantés par la nouvelle, mais anxieux quant aux conditions qui y seront rattachées.

« Cela va m'aider parce que j'ai de l'argent et que je pourrai maintenant m'acheter une meilleure maison », a dit Oscar Palacios Delgado, un employé d'entretien âgé de 68 ans. Il a dit souhaiter que le gouvernement adopte une réforme pour faciliter l'achat de matériaux de construction pour la rénovation des maisons. « Cette loi bénéficiera à de nombreux Cubains », a affirmé M. Delgado.

Les exilés cubains ne seront pas autorisés à acheter des propriétés immobilières, puisqu'ils ne sont pas résidents de l'île. Ils pourront cependant envoyer de l'argent pour aider leurs proches à acheter une nouvelle maison.

Cette réforme de l'immobilier survient après la légalisation, en octobre, de la vente et de l'achat de voitures, bien que les restrictions empêchent la plupart des Cubains ordinaires de s'acheter un nouveau véhicule.

Raul Castro a aussi autorisé les citoyens à ouvrir leur propre entreprise dans un certain nombre de domaines approuvés et a promis de rationaliser l'économie dominée par l'État en éliminant 500 000 emplois de fonctionnaires.

Le gouvernement cubain emploie plus de 80 % des travailleurs du pays. Le salaire moyen des Cubains n'est que de 20 $ par mois, mais les soins de santé et la scolarité sont gratuits, tandis que le logement, le transport et les aliments de base sont fournis à des prix très bas.

Depuis qu'il a succédé à son frère Fidel, Raul Castro a plusieurs fois affirmé que le système économique cubain ne fonctionnait pas, tout en promettant que Cuba resterait un État socialiste.

Associated Press

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