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Renverser le vieillissement cellulaire est possible

Une femme se regarde dans le miroir
Photo: iStockphoto
Radio-Canada

La réversibilité du processus du vieillissement cellulaire a été démontrée par des chercheurs français.

Le Dr Jean Marc Lemaitre et son équipe de l'Institut de génomique fonctionnelle de Montpellier sont parvenus à rajeunir des cellules de personnes âgées de plus de 100 ans.

Les cellules ont retrouvé toutes les caractéristiques physiologiques de cellules souches embryonnaires à la suite de l'injection d'un « cocktail de jouvence » de six facteurs génétiques.

Explications

D'autres équipes ont réussi depuis 2007 à reprogrammer des cellules adultes humaines en cellules souches pluripotentes (iPSC), qui présentent des caractéristiques et un potentiel similaires à ceux des cellules souches embryonnaires humaines (hESC).

Cette reprogrammation ouvre la voie à la création de tous les types cellulaires du corps (en dehors des contraintes éthiques liées à l'utilisation de cellules souches embryonnaires).

Toutefois, jusqu'aux présents travaux, les recherches ne réussissaient pas à franchir l'étape de la sénescence, le point ultime du vieillissement cellulaire, à partir duquel les cellules ne prolifèrent plus.

Cette barrière limitait le recours éventuel à cette technique pour des thérapies chez des personnes âgées.

C'est précisément cette limite qu'affirme avoir repoussée l'équipe du Dr Lemaitre.

Dans un premier temps, les chercheurs ont réussi à multiplier des cellules de la peau d'un donneur de 74 ans pour atteindre la sénescence. Ils ont ensuite procédé à la reprogrammation de ces cellules grâce au cocktail.

L'analyse des cellules montre qu'elles n'ont conservé aucune trace de leur vieillissement antérieur et qu'elles possèdent donc des caractéristiques physiologiques de jeunes cellules, autant sur le plan de leur capacité proliférative que sur celui de leur métabolisme cellulaire.

Les marqueurs de l'âge des cellules ont été effacés et les cellules que nous avons obtenues peuvent produire des cellules fonctionnelles, de tous types avec une capacité de prolifération et une longévité accrues.

Jean Marc Lemaitre

Ces données ont ensuite été comparées à des tests menés sur des cellules encore plus âgées : 92, 94, 96 et jusqu'à 101 ans.

Notre stratégie a fonctionné sur les cellules de centenaires. L'âge des cellules n'est définitivement pas une barrière à la reprogrammation.

Jean Marc Lemaitre

Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Genes & Development pensent que cette nouvelle connaissance permettra à terme de réparer des organes ou des tissus chez des patients âgés.

Santé