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Autorité palestinienne à l'UNESCO : le Canada pourrait imiter les États-Unis

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird.
Le ministre des Affaires étrangères John Baird (archives)
Radio-Canada

Le gouvernement Harper a fait savoir qu'il réévalue le soutien financier que verse le Canada à l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), dans la foulée de l'admission à part entière de l'Autorité palestinienne au sein de cette agence onusienne.

Le Canada fait partie, aux côtés des États-Unis, de la dizaine de pays ayant voté contre l'adhésion de l'Autorité palestinienne à l'UNESCO. Washington a déjà annoncé qu'il allait suspendre sa contribution financière à l'organisme, qui s'élève à 60 millions de dollars par année et qui représente plus du cinquième de son budget.

Même s'il dit considérer comme « important » le travail de l'UNESCO, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a estimé que le Canada se devait d'« évaluer ses options » quant à sa « participation future » au sein de l'agence onusienne.

Nous ne sommes pas satisfaits de la décision de l'UNESCO et nous devons examiner comment y répondre.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird

« On ne va pas couper des fonds aux Nations unies ou à d'autres organisations comme l'Unesco chaque fois qu'il y a un débat au sein de l'organisation sur le statut exact de l'État de Palestine », a affirmé le chef intérimaire du Parti libéral, Bob Rae.

Le Canada verse annuellement 10 millions de dollars à l'UNESCO en plus de donner 2 millions supplémentaires à la Commission canadienne pour l'UNESCO. À cela viennent s'ajouter les frais d'opérations parallèles comme le poste d'envoyé spécial en Haïti, occupé en ce moment par Michaëlle Jean.

Le Canada a plaidé sa cause auprès des pays membres de l'UNESCO

Le Canada a même fait campagne auprès des pays membres de l'UNESCO pour qu'ils votent contre la reconnaissance de l'Autorité palestinienne, comme le démontre un document dont Radio-Canada a obtenu copie auprès de sources gouvernementales.

Dans une lettre envoyée la semaine dernière à tous ses homologues (sauf ceux d'Iran, de Syrie, du Bélarus, de Birmanie et de Corée du Nord), le représentant permanent du Canada à l'UNESCO, André Bachand, exprimait « les vives préoccupations du gouvernement du Canada ».

« Le Canada est profondément préoccupé par ces initiatives unilatérales de l'Autorité palestinienne », pouvait-on y lire. « Le seul moyen d'en arriver à la création d'un État palestinien passe par un accord négocié avec Israël. »

La campagne actuellement menée par l'Autorité palestinienne pour son adhésion à des organisations de l'ONU relègue au second plan les négociations bilatérales et rend la paix plus difficile à réaliser.

Extrait de la lettre envoyée par le représentant permanent du Canada à l'UNESCO, André Bachand

« Il ne s'agit pas simplement d'une question de reconnaissance ou d'appartenance à l'Organisation des Nations unies, à ses institutions et organisations ou à d'autres institutions multilatérales, plaidait-il, mais plutôt de l'atteinte d'un accord négocié entre les parties sur des enjeux tels que les frontières et la sécurité, les réfugiés et Jérusalem. »

« Sans un accord qui résout ces problèmes, ni un État palestinien viable et souverain, ni une paix réelle entre les deux parties ne peuvent être atteints », écrivait le représentant canadien.

Depuis les débuts de l'offensive diplomatique palestinienne, le Canada s'oppose à ce qu'il décrit comme une stratégie unilatérale de la part de l'Autorité palestinienne.

Celle-ci, qui avait déjà un statut d'observateur à l'UNESCO, estime que son élévation au rang de membre à part entière mettra davantage de pression sur l'ONU, qui doit se prononcer en novembre sur sa demande d'adhésion pleine et entière, déposée en septembre dernier. Washington, qui détient un veto au Conseil de sécurité de l'ONU, a cependant déjà fait savoir qu'il s'y opposerait.

Avec les informations de La Presse canadienne

National