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Adhésion de l'Autorité palestinienne : Washington coupe les vivres à l'UNESCO

La Conférence générale de l'UNESCO a admis la Palestine comme État membre de l’organisation le 31 octobre 2011.

La Conférence générale de l'UNESCO a admis la Palestine comme État membre de l’organisation le 31 octobre 2011.

Photo : AFP / Thibault Camus

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les États-Unis ont annoncé lundi qu'ils allaient suspendre leur contribution financière à l'UNESCO qui vient d'accepter l'Autorité palestinienne comme membre à part entière au terme d'un vote.

Israël et les États-Unis s'opposaient vivement à cette adhésion. Washington devait verser 60 millions de dollars en novembre à l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) et avait menacé de suspendre sa contribution en cas de vote positif, ce qui priverait l'agence de 22 % de son budget.

« Les États-Unis ont été clairs sur la nécessité d'une solution à deux États, mais la seule manière d'y arriver est par des négociations directes [entre Israéliens et Palestiniens] et il n'y a pas de raccourcis. Les initiatives comme celle d'aujourd'hui sont contre-productives », a affirmé l'ambassadeur américain auprès de l'organisation, David T. Killion, après le vote.

Deux lois américaines du début des années 1990 interdisent le financement d'une agence spécialisée des Nations unies qui accepterait les Palestiniens en tant qu'État membre à part entière, en l'absence d'accord de paix avec Israël.

Ban Ki-moon inquiet pour le financement

« Cette étape pourrait avoir des implications pour le financement apporté par certains États membres », a réagi le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, sans commenter le résultat du vote qui a permis l'entrée de la Palestine à l'UNESCO.

« Nous allons devoir travailler à des solutions pratiques pour préserver les ressources financières de l'UNESCO », a souligné Ban Ki-moon.

En soirée, le gouvernement canadien a indiqué qu'il réévaluait le soutien financier que verse le Canada à l'UNESCO.

L'Union européenne met en garde contre les décisions hâtives

De son côté, « l'Union européenne appelle tous les membres à réfléchir et à ne pas prendre de décision hâtive ».

« Nous devons tout faire pour éviter des conséquences dommageables pour l'action de l'Organisation des Nations Unies qui a placé la paix, l'éradication de la pauvreté, le développement durable et le dialogue entre les cultures au coeur de son action », a fait valoir un porte-parole de la représentante pour la politique extérieure de l'UE, Catherine Ashton.

Un vote largement majoritaire

Résultats du vote

  • Pour : 107 (dont la France, la Russie, la Chine, le Brésil, l'Inde et l'Afrique du Sud)
  • Contre : 14 (dont le Canada, les États-Unis et l'Allemagne)
  • Abstention : 52 (dont la Grande-Bretagne)

Il fallait la majorité des deux tiers des États membres présents et votants pour que le oui l'emporte.

« La Conférence générale décide de l'admission de la Palestine comme membre de l'UNESCO », dit le texte de la résolution, ce qui porte à 195 le nombre de ses membres.

« L'admission de la Palestine à l'UNESCO est une victoire du droit, de la justice et de la liberté. »

— Une citation de  Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne

« Nous sommes persuadés que le monde entier se tient aujourd'hui aux côtés du peuple palestinien et qu'il s'agit d'un vote en faveur de l'établissement de l'État de Palestine dès que possible », a affirmé Mahmoud Abbas.

Israël opposé à l'adhésion de la Palestine

« Israël rejette la décision de l'Assemblée générale de l'UNESCO [...] acceptant la Palestine comme État membre de l'organisation », a affirmé le ministère des Affaires étrangères, par voie de communiqué. Pour Israël, le vote à l'UNESCO est « une manoeuvre palestinienne unilatérale qui ne changera rien sur le terrain, mais éloigne davantage la possibilité d'un accord de paix ».

L'ambassadeur d'Israël à l'UNESCO, Nimrod Barkan, a par ailleurs affirmé que les pays qui ont soutenu la demande d'adhésion de la Palestine à l'UNESCO verront leur influence sur Israël s'affaiblir.

« Cela va certainement affaiblir leur capacité à avoir de l'influence sur la position d'Israël », notamment concernant le processus de paix, a-t-il dit à l'Agence France-Presse.

Avant le vote, M. Barkan avait indiqué que son pays était résigné à ce que le vote soit favorable aux Palestiniens et qu'Israël allait donc retirer son financement à l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture.

Un levier pour la reconnaissance de la Palestine à l'ONU?

L'Autorité palestinienne, qui avait déjà un statut d'observateur à l'UNESCO, estime que son élévation au rang de membre à part entière mettra davantage de pression sur l'ONU, qui doit se prononcer en novembre sur sa demande d'adhésion pleine et entière, déposée le 23 septembre dernier.

Mais Washington, qui détient un veto au Conseil de sécurité de l'ONU, a déjà fait valoir qu'il s'opposerait à la reconnaissance de la Palestine en tant qu'État membre de l'ONU.

Démarches pour une reconnaissance de la Palestine à l'ONU

Pour que la Palestine obtienne le statut d'État membre des Nations unies, il faudrait d'abord que 9 des 15 membres du Conseil de sécurité votent en faveur de la résolution, dont les 5 membres permanents (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine). Le cas échéant, l'appui des deux tiers des pays membres de l'Assemblée générale serait ensuite requis (129 sur 193).

Washington a cependant déjà indiqué qu'il ferait usage de son droit de veto. Si tel était le cas, Mahmoud Abbas pourrait demander un statut d'État non membre. Si le Conseil de sécurité votait contre la demande, le dossier pourrait tout de même se retrouver à l'Assemblée générale, où un vote à la majorité simple permettrait à la Palestine d'obtenir ce statut d'État non membre, ce qui lui donnerait tout de même le droit de s'adresser à la Cour internationale de justice (CIJ).

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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