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Jacques Duchesneau congédié de l'Unité anticollusion

Jacques Duchesneau en commission parlementaire à Québec
Jacques Duchesneau montre la taille approximative du problème de collusion au Québec. Photo: La Presse canadienne / presse canadienne
Radio-Canada

L'homme à l'origine du rapport qui a forcé le gouvernement Charest à déclencher une commission d'enquête sur l'industrie de la construction, Jacques Duchesneau, a été congédié par le directeur de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière.

M. Duchesneau dirigeait l'Unité anticollusion, qui a été intégrée à l'UPAC après le dépôt de son rapport.

Joint au téléphone par Radio-Canada, M. Duchesneau a expliqué avoir reçu une lettre de M. Lafrenière, dans laquelle ce dernier l'informe que son contrat, qui venait à échéance en mars, a été résilié en raison de ses prises de position publiques sur l'UPAC.

Il ne recevra aucune compensation pour perte de salaire ni d'indemnité de départ.

L'UPAC a fait savoir que Robert Lafrenière n'accordera aucune entrevue à ce sujet vendredi.

Une porte-parole de l'UPAC, Anne-Frédérick Laurence, indique que cette décision n'a rien à voir avec l'expertise de M. Duchesneau, mais qu'elle s'explique plutôt par son manque de loyauté.

La situation, ajoute-t-elle, était intenable depuis que M. Duchesneau a déclaré il y a quelques semaines que M. Lafrenière n'était pas l'homme de la situation pour diriger l'UPAC, qu'un juge aurait été mieux qualifié pour cette tâche.

À la fin du mois de septembre, M. Duchesneau, partisan d'une commission d'enquête publique avec un volet à huis clos, s'était aussi montré peu enthousiaste quant au travail de l'UPAC, qui enquête sur la corruption et la collusion dans l'industrie de la construction, et avait remis en question son fonctionnement.

Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, de qui relève l'UPAC, ne réagira pas à la nouvelle. Cette tâche revient à l'UPAC, a indiqué un porte-parole.

Multiples réactions politiques

Les partis d'opposition n'ont pas tardé à réagir au départ de M. Duchesneau.

« À l'évidence, M. Duchesneau vient d'être congédié pour avoir trop parlé et indisposé le gouvernement libéral », a commenté le porte-parole de l'opposition officielle en matière de sécurité publique, Stéphane Bergeron.

« Déjà que l'UPAC peine à recruter du personnel depuis sa mise sur pied il y a huit mois, il est pour le moins étonnant qu'elle se paie le luxe de mettre à la porte le chef de l'Unité anticollusion du ministère des Transports du Québec », ajoute le député de Verchères.

« C'est un drôle de message, car rien n'est réglé, loin de là. Ça augure bien mal pour la suite des choses. C'est aussi un signal que le rapport Duchesneau, éventé dans les médias, a indisposé bien du monde au sein des troupes libérales », indique M. Bergeron.

Ce n'est pas en mettant à la porte des enquêteurs qu'on parviendra à arrêter les coupables de la collusion et de la corruption au Québec.

Stéphane Bergeron

« Ça mine la crédibilité de l'UPAC, parce que M. Duchesneau, on savait que c'était quelqu'un d'efficace, d'honnête, de compétent, qui n'était pas contrôlable ni manipulable », a commenté la député adéquiste Sylvie Roy.

Rappelant que le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, a récemment déclaré qu'il y a de l'ingérence dans les enquêtes policières, Mme Roy a ajouté : « On comprend que M. Duchesneau, c'était un problème ».

« La mise à l'écart de Jacques Duchesneau dans les circonstances actuelles, alors que nous avons plus que jamais besoin de son expertise, est déplorable », a déclaré Amir Khadir, député de Québec solidaire, par voie de communiqué.

« L'UPAC reproche à M. Duchesneau son manque de loyauté. Or, M. Duchesneau a fait preuve d'une grande loyauté envers le Québec. On souhaiterait en voir autant de la part de tous les détenteurs de charges publiques, notamment du premier ministre », a-t-il ajouté.

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