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Le parti Ennahda l'emporte en Tunisie

La conférence de presse d'annonce des résultats électoraux à Tunis, en Tunisie

La conférence de presse d'annonce des résultats électoraux à Tunis

Photo : AFP / SALAH HABIBI

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le parti islamiste Ennahda obtient le plus grand nombre de sièges dans l'assemblée constituante en Tunisie, selon les résultats finals provisoires annoncés jeudi par la commission électorale.

Avec 41,47 % des suffrages, Ennahda récolte 90 des 217 sièges, contre 30 pour le Congrès de la République (13,82 % des votes) et 21 pour Ettakatol (9,68 %).

Les rues de Tunis retentissaient de coups de klaxon célébrant la victoire historique du parti durement réprimé sous la gouverne de Ben Ali et légalisé après la révolution du Jasmin.

La commission électorale a octroyé un délai de deux jours aux formations politiques pour s'opposer, si elles le souhaitent, aux résultats du scrutin.

Avec 19 sièges, la Pétition populaire d'Hechmi Haadmi, richissime homme d'affaires tunisien, est arrivée en quatrième position. Le parti en aurait obtenu 25 si ses résultats n'avaient pas été invalidés dans six circonscriptions, entre autres pour « irrégularité de financement ».

Cette mesure a toutefois provoqué le retrait de l'assemblée de M. Haamdi ainsi que des émeutes dans sa ville natale de Sidi Bouzid, l'un des endroits où sa liste l'avait emporté.

Des hordes de jeunes ont notamment vandalisé le local d'Ennahda et lancé des pierres en direction des policiers. « Une protestation violente est en cours, les forces de l'ordre essaient de la contenir », a confirmé un porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Tractations pour la formation d'un gouvernement

Peu après l'élection de dimanche, les islamistes et les principaux partis de gauche ont entamé des discussions en vue d'instaurer un gouvernement d'union nationale.

Le numéro deux d'Ennahda, Hamadi Jebali, 62 ans, a fait savoir qu'il serait candidat à la direction du gouvernement, se disant prêt à collaborer avec les formations de gauche, mais fermant la porte à toute possibilité d'alliance avec la Pétition populaire.

Le nouveau chef de l'État ne pourra cependant être nommé que par le prochain président de la République par intérim, lui-même désigné par la future assemblée constituante. Le processus devrait donc durer plusieurs semaines.

Pour chasser les vives craintes que suscite son éventuelle prise de pouvoir, Ennahda répète que la future Constitution ne pourra exister « sans un consensus avec les partis et les partenaires qui y sont représentés ».

Selon M. Jebali, il n'est pas question d' « imposer une Constitution [...] qui abroge certaines libertés comme la liberté de croyance, les libertés individuelles, la situation juridique de la femme et sa place dans la société ».

« Il n'est en outre pas question, a-t-il insisté, de faire revenir la femme au foyer comme cherchent à le propager des ennemis » d'Ennahda, ni de reconsidérer les acquis du tourisme tunisien.

« Est-il raisonnable de paralyser un secteur vital comme le tourisme en interdisant les boissons alcoolisées et le port de maillots de bain ou autres pratiques? Ce sont des libertés individuelles garanties aussi bien pour les étrangers que pour les Tunisiens », a-t-il assuré.

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