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Crise de la dette : les bourses convaincues par l'entente européenne

Courtier souriant après une journée de hausse sur les marchés.

Un courtier allemand, tout sourire à la clôture de la Bourse de Francfort.

Photo : La Presse canadienne / Michael Probst

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En Europe comme en Amérique du Nord, les investisseurs ont favorablement accueilli l'adoption la nuit dernière du plan de sauvetage de la zone euro. Conséquence : les marchés boursiers ont tous enregistré jeudi des gains notables.

Le président Barack Obama a pour sa part salué les décisions prises à Bruxelles à l'issue du sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne.

Après une journée d'échanges soutenus à Toronto , le TSX affichait en fin de séance un gain de 2,29 %, atteignant les 12 465 points.

À New York, les marchés ont suivi la même tendance, renforcée par la publication matinale de statistiques américaines encourageantes, en particulier le PIB du troisième trimestre et les inscriptions au chômage.

À Wall Street, le Dow Jones a terminé sur une hausse de 2,86 %, tandis que le SP gagnait 3,43 %, à 12 208 points. L'indice composite des 500 plus grandes entreprises nord-américaines est en passe de réaliser sa meilleure performance mensuelle depuis janvier 1987. Le Nasdaq a lui aussi fini en hausse, avec un gain de 3,32 %.

Les financières affichent notamment de belles hausses, les titres JPMorgan Chase & Co et Citigroup Inc bondissant respectivement de 8,31 % et 6,04 %.

« Il y a un effet de soulagement sur les marchés, mais pour l'instant ce n'est qu'un rebond technique et il manque des éléments pour pouvoir parler d'un véritable retournement de tendance », tempère toutefois Frédéric Buzaré, responsable de la gestion actions chez Dexia AM.

Obama soutient ses alliés européens

En début d'après-midi, Barack Obama a estimé que l'accord trouvé par l'Union européenne jetait « les bases cruciales d'une solution d'ensemble à la crise dans la zone euro ».

Les Etats-Unis espèrent dorénavant une mise en oeuvre rapide du plan, souligne le président américain dans un communiqué, ajoutant qu'il soutient ses alliés européens dans leurs efforts, « au moment où nous travaillons ensemble pour soutenir la reprise mondiale et remettre nos citoyens au travail ».

L'hôte de la Maison blanche doit rencontrer plusieurs dirigeants européens la semaine prochaine au sommet des pays membres du G20 qui se déroulera à Cannes, dans le sud de la France. Il y a quelques semaines, Barack Obama avait déclaré que l'instabilité financière en Europe freinait l'économie américaine.

Sur le marché des devises, le dollar américain a atteint un nouveau point bas historique contre le yen, les investisseurs cherchant à tester la détermination des autorités japonaises pour juguler l'appréciation de la devise nipponne. L'euro a lui continué sa progression par rapport au dollar, gagnant plus de 2 % pour atteindre un nouveau plus haut de sept semaines contre le billet vert.

Euphorie en Europe

En Europe, après un début de séance propice, les bourses ont accentué leurs gains. À la clôture, l'indice Dax à Francfort affichait une croissance de 5,35 %. À Paris, l'indice CAC 40 a fini la séance sur un gain de 6,28 %, alors qu'à Londres, le FTSE 100 a gagné 2,89 %.

À Paris, les titres du Crédit Agricole et de la Société Générale, les institutions bancaires les plus exposées à la dette grecque, ont crû respectivement de 20,75 % et de 21,1 %. Plusieurs autres banques privées européennes affichent des gains de plus de 10 %.

Dette grecque : les banques européennes consentent des pertes

Le plan adopté mercredi soir comporte trois volets. D'abord, les créanciers privés de la Grèce ont accepté de renoncer à 50 % de leurs créances sur la dette du pays, soit 100 milliards d'euros (140 milliards de dollars) sur un total d'endettement public du pays de 350 milliards d'euros (490 milliards de dollars). Ils seront soutenus par des garanties du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Cette portion constituait la pierre d'achoppement du plan. L'absence d'accord sur une implication volontaire du secteur privé aurait pu conduire à une faillite de la Grèce.

Athènes recevra en outre un nouveau prêt de 100 milliards d'euros (140 milliards de dollars) de l'Europe et du Fonds monétaire international d'ici 2014. Cette mesure remplace un plan d'un montant semblable accordé à la Grèce en juillet dernier.

Le plan européen prévoit également la recapitalisation des banques et le renforcement du FESF, dont les ressources seront portées à 1000 milliards d'euros.

À ce dispositif serait ajouté à un autre mécanisme, un fonds spécial adossé au FMI et accueillant les contributions de pays émergents comme la Chine et la Russie. Le sujet est politiquement très sensible et ce dernier volet est impossible à chiffrer pour l'instant.

La Chine et la Russie ont fait état de leur intérêt et le président français, Nicolas Sarkozy, devait s'entretenir de ce sujet avec le président chinois, Hu Jintao, jeudi.

Le Japon a également promis jeudi son aide.

Soupirs de soulagement

Les réactions étaient nombreuses après l'annonce de l'accord.

« Je crois que le résultat sera accueilli avec soulagement par le monde entier qui attendait des réponses fortes de la zone euro », a déclaré le président français, Nicolas Sarkozy.

« Je pense que nous avons pu être à la hauteur des attentes et que nous avons fait ce qu'il fallait faire » pour l'euro, a renchéri la chancelière allemande, Angela Merkel.

Pékin a salué « le consensus européen » qui devrait « soutenir la confiance des marchés » et Moscou a exprimé son « optimisme prudent ». Londres a estimé que le sommet avait débouché sur de « très bons progrès ».

Le soulagement était officiellement de mise en Grèce, où l'accord ouvre « une nouvelle ère » même s'il « faut continuer de travailler », s'est félicité le premier ministre, Georges Papandréou.

Le premier ministre canadien Stephen Harper a lui aussi salué l'accord, mais demande aux leaders européens d'aller encore plus loin, d'adopter un plan à long terme, plus décisif, pour éviter une rechute de l'économie mondiale.

« Ce que nous attendions est une mesure d'une envergure suffisante et suffisamment décisive au niveau du sacrifice consenti. Il faut faire plus qu'une simple demi-mesure », a-t-il dit lors d'une conférence à Perth, en Australie.

Les dirigeants européens ont par ailleurs insisté sur la nécessité d'une réforme de la gouvernance de la zone euro. Un premier pas a été fait jeudi avec l'annonce, par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, de la création d'un « super-commissaire à l'euro » avec l'élargissement des fonctions d'Olli Rehn, le commissaire chargé des affaires économiques et monétaires.

Cette nomination pourrait préfigurer, à terme, la création d'un ministre des Finances de la zone euro.

Avec les informations de Agence France-Presse

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