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Le gouvernement veut abolir et détruire le registre des armes d'épaule

Armes d'épaule
Radio-Canada

Le nouveau projet de loi du gouvernement Harper visant à supprimer l'obligation d'enregistrer les armes d'épaule entraînera aussi la destruction des registres et fichiers relatifs à l'enregistrement des armes qui seront désormais exclues du registre.

En vertu du projet déposé mardi, « le commissaire aux armes à feu veille[ra] à ce que, dès que possible, tous les registres et fichiers relatifs à l'enregistrement des armes à feu autres que les armes à feu prohibées ou les armes à feu à autorisation restreinte qui se trouvent dans le Registre canadien des armes à feu [et sous le contrôle des contrôleurs des armes à feu], ainsi que toute copie de ceux-ci qui relève de lui soient détruits ».

Le gouvernement Harper soutient que l'enregistrement des armes d'épaule est inutile et coûteux, en plus de représenter un fardeau superflu pour les détenteurs d'armes.

Au cours des cinq dernières années, les conservateurs ont tenté à plusieurs reprises, sans succès, d'éliminer ce registre. Cette fois, le projet de loi devrait être adopté sans problème grâce à un Parlement composé majoritairement de députés conservateurs.

L'abolition des armes d'épaule faisait partie des promesses du Parti conservateur lors des dernières élections fédérales. La suppression des archives n'avait toutefois pas été évoquée aussi clairement par le passé, si ce n'est que la volonté des conservateurs d'abolir le registre « une fois pour toutes ».

Ottawa n'aidera pas les provinces

Lundi, le gouvernement conservateur a indiqué ne pas avoir l'intention d'aider les provinces à créer leur propre registre des armes d'épaule, même si certaines sont prêtes à en assumer la responsabilité.

« Les gouvernements provinciaux sont libres de procéder comme ils le veulent, mais nous ne les aiderons pas pour mettre sur pied un autre registre », avait affirmé le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews.

Les informations détenues par le programme canadien des armes à feu ne seront pas partagées avec les provinces.

Le ministre Vic Toews

Le ministre Toews répète que son gouvernement s'est « constamment opposé à cette mesure inefficace et ressemblant à du gaspillage » qui ne sert à rien pour enlever les armes des mains des criminels.

« C'est une claque en pleine face », a réagi mardi la députée fédérale de Gatineau, la néodémocrate Françoise Boivin. « C'est simplement dire au Québec "On s'en fou, nous on ne l'aime pas le registre et si nous on ne s'en sert pas, il n'y a personne d'autre que nous qui va s'en servir". Alors au diable la protection du public, ce n'est pas important dans les circonstances. Si j'étais le Québec, je serais un peu frustrée ce matin parce qu'on va repartir à zéro alors que les Québécois et les Canadiens ont payé pour ce registre. »

Plusieurs groupes dénoncent l'abolition du registre

La Coalition pour le contrôle des armes, fondée à la suite de la tuerie de l'École Polytechnique et qui regroupe plus de 300 organismes, « examinera de près chacune des dispositions du projet de loi, mais il semblerait d'ores et déjà que le gouvernement propose un retour en arrière qui compliquera le travail des policiers afin de dénicher la provenance d'une arme à feu récupérée sur les lieux d'un crime ».

De l'avis de Denis Côté, président de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec, « les fusils et les carabines représentent une partie substantielle des armes récupérées sur les scènes de crime dans notre pays. Ce sont les armes à feu les plus susceptibles d'être utilisées dans les cas d'homicides de policiers, de violence conjugale et de suicides, particulièrement chez les jeunes. Les policiers ont besoin du registre. »

Plaidoyer pour l'abolition du système de permis

Des groupes de pression demandent maintenant au gouvernement d'aller plus loin en abolissant le système actuel de permis de port d'armes.

La Canadian Taxpayers Federation, une organisation proche du premier ministre Stephen Harper, a entre autres lancé une campagne pour convaincre le gouvernement de se débarrasser du système de permis imposé aux propriétaires d'armes à feu.

Dans une récente lettre envoyée à ses membres, le groupe leur demande de contacter le ministre Toews pour faire pression.

« Alors que le gouvernement Harper devrait être félicité pour avoir mis fin au registre inutile et intrusif des armes d'épaule, le temps est maintenant venu de leur demander de ne pas arrêter au milieu du chemin. Le temps est venu d'éliminer aussi l'obligation de permis », peut-on lire dans la lettre.

Malgré ces pressions, le gouvernement a répété vouloir maintenir l'émission de permis de port d'armes et l'enregistrement des armes interdites et à possession restreinte.

Avec les informations de La Presse canadienne

Politique