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Tester pour dissuader les tricheurs

Arnaud Papillon
Arnaud Papillon
Manon Gilbert

Les récents cas de dopage d'Arnaud Papillon et de Miguel Agreda, de la formation Louis-Garneau, ont eu pour effet de remettre la lutte contre le dopage à l'ordre du jour.

Lundi, en marge d'une conférence de presse à l'usine Louis-Garneau, la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC) a annoncé qu'elle allait lancer de nouveau sa campagne de sensibilisation « Roulez gagnant au naturel » et qu'elle allait payer le Centre d'éthique canadien dans le sport (CCES) pour qu'il procède à des tests antidopage dans des compétitions provinciales.

« Certaines personnes sont prêtes à prendre des raccourcis. Et la seule façon de les dissuader, c'est de leur faire peur avec des tests, a déclaré Louis Barbeau, le directeur général de la FQSC. On pourra demander des tests si on a des doutes sur des coureurs ou si une compétition revêt des enjeux importants. »

Louis Barbeau ne s'en cache pas, l'idée de tests inopinés au niveau provincial est une conséquence directe des récents événements. D'autant plus qu'Agreda, 34 ans, n'était qu'un coureur amateur, employé de l'entreprise Louis-Garneau durant la semaine.

Pour l'instant, il est trop tôt pour déterminer le nombre de tests antidopage commandés. Tout est une question d'argent.

« Il va falloir trouver du financement additionnel. On ne veut pas empiéter sur d'autres budgets. On ne veut pas sabrer la détection de talent pour mettre de l'argent sur le dopage », soutient M. Barbeau.

Enrayer le dopage, c'est pratiquement mission impossible. Le CCES effectue environ 4000 tests par année, c'est moins que le nombre de coureurs qui détiennent une licence de la FQSC. D'où l'importance d'une campagne auprès des jeunes.

« On veut convaincre les jeunes qu'il est possible de rouler à un haut niveau sans consommer de produits dopants. On veut que les jeunes de 14, 15, 16 ans n'aient pas de doute quand ils se font battre. »

Une amende salée

David VeilleuxDavid Veilleux (vert) au Grand Prix de Québec Photo : Manon Gilbert

Pour Louis Barbeau, le pire dans toute cette histoire, c'est que d'excellents athlètes comme David Veilleux, 19e aux récents Championnats du monde sur route, et Clara Hughes se font éclabousser par pareils scandales.

« Quand il y a des athlètes qui testent positifs, il y a un certain cynisme qui s'installe. On se met à douter de ceux qui ont réalisé des performances. Je trouve ça épouvantable, injuste à l'endroit de ces gens-là qui travaillent très fort. »

Veilleux, lui, ne s'en fait pas trop pour son image.

« Je pense que c'est un mal pour un bien. C'est important quand il y a des cas comme ça de les afficher et de dire que ce n'est pas la façon de faire. Ce sont les jeunes qu'il faut préparer pour qu'ils sachent garder leurs valeurs et qu'ils sachent comment réagir le jour où ils vont être en difficulté, où ils vont se faire proposer des produits dopants », a affirmé le coureur de Cap-Rouge qui a tenu à soutenir son commanditaire de longue date lors de sa conférence de presse.

D'ailleurs, Louis Garneau n'a pas l'intention d'arrêter de commanditer des athlètes ou des équipes, même à la suggestion de sa mère.

« Oui, maman, je vais continuer à commanditer des équipes de sport parce que c'est ma passion et c'est ce que j'aime le plus au monde. Ça va m'en prendre beaucoup pour m'arrêter. »

L'homme d'affaires québécois a assuré que l'adage « jamais deux sans trois » ne s'appliquera pas, puisque Agreda a été le dernier de ses 29 coureurs à subir un test antidopage.

Sauf que dans les contrats de ses coureurs pour la saison prochaine, il ajoutera une mesure dissuasive : 10 000 $ d'amende pour un test positif.

De quoi décourager un cycliste amateur!

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