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Débrayages illégaux : la présidente de la CCQ en appelle aux chefs syndicaux

La présidente-directrice générale de la Commission de la construction du Québec, Diane Lemieux

La présidente-directrice générale de la Commission de la construction du Québec, Diane Lemieux

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La présidente de la Commission de la construction du Québec (CCQ) appelle les leaders syndicaux à agir pour faire cesser le mouvement de débrayage qui frappe de nombreux chantiers de la province.

Sans dire s'il s'agit ou non d'une stratégie de la FTQ-Construction et du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction pour dénoncer les consultations à Québec sur le projet de loi 33 pour éliminer le placement syndical, Diane Lemieux appelle à un retour au calme.

« Ce que je dis c'est que, mot d'ordre ou pas, à partir de maintenant, il est de la responsabilité des leaders syndicaux de poser les gestes pour calmer le jeu », a déclaré la présidente du CCQ.

Elle a plus précisément dénoncé des actes de vandalisme et d'intimidation dont on lui aurait fait part. Les locaux de la CCQ ont entre autres été vandalisés, ses vitres ayant été fracassées. « Une ligne a été franchie qui est tout à fait inacceptable », déplore-t-elle.

Je condamne ces actes de vandalisme et d'intimidation. Je pense qu'il est inacceptable d'exprimer son mécontentement de cette manière-là.

Une citation de :Diane Lemieux

De son côté, le premier ministre Jean Charest dit ne pas croire du tout à une action spontanée des travailleurs.

« Il faudrait étirer les choses pas mal pour conclure que c'est une action spontanée. Ce ne l'est pas, et ce n'est pas, surtout, dans l'intérêt des travailleurs de la construction », a déclaré M. Charest.

Surveillance accrue

La surveillance a par ailleurs été renforcée sur les différents chantiers du Québec, lundi soir.

Des agents du Service de police de la Ville de Montréal ont déclaré qu'ils seraient aux aguets en soirée afin d'être prêts à intervenir rapidement si des actes de vandalisme ou de grabuge étaient perpétrés.

Déjà, des syndiqués de la FTQ et du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction ont déclaré à Radio-Canada qu'ils se rassembleraient très tôt mardi matin afin de visiter des chantiers. Ils ont indiqué qu'ils se rendraient sur des chantiers déjà visités lundi, mais qu'ils tenteraient également d'étendre le mouvement.

Pour l'instant, les syndiqués affirment toujours que ce mouvement de débrayage est spontané. Si le gouvernement en venait à prouver que le mouvement est organisé par les dirigeants syndicaux, ils risqueraient des amendes pouvant aller jusqu'à 70 000 dollars par jour de débrayage.

L'économie du Québec en otage

La ministre du Travail déplore aussi le débrayage. « C'est un peu prématuré. [...] J'ai fait appel à l'intelligence des dirigeants syndicaux toute la fin de semaine pour qu'ils viennent discuter [du projet de loi 33] en commission parlementaire d'abord et avant tout », a dit Lise Thériault sur les ondes de RDI.

« Ils savaient qu'il y avait une ligne à ne pas franchir et ils savent à quoi ils s'exposent, donc évidemment je vais inviter les entrepreneurs qui sont victimes de ralentissement et de débrayages illégaux à se servir des caméras de sécurité qu'ils ont sur les chantiers, à amasser de la preuve et à déposer des plaintes auprès de la Commission de la construction du Québec », a ajouté la ministre.

Les débrayages ont commencé tôt lundi matin à Montréal, et se sont rapidement étendus à l'ensemble de la province. Les régions de Québec, de la Côte-Nord, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de l'Abitibi sont notamment touchées.

Selon la porte-parole de l'Association de la construction du Québec, Gisèle Bélanger, toutes les régions du Québec sont touchées.

Sans pouvoir dire combien coûte une journée de retard dans l'ensemble des projets perturbés, Mme Bélanger indique que l'industrie de la construction représente 14 % pour PIB du Québec.

Selon des travailleurs interrogés par Radio-Canada, le débrayage devrait durer toute la semaine. Aucun représentant syndical n'a confirmé cette information pour le moment.

« Si ça dure une semaine, les syndicats auront l'odieux de vivre avec les conséquences de leur geste », a réagi Mme Thériault, ajoutant que cette mesure n'était pas endossée par les 160 000 travailleurs de l'industrie de la construction.

Non seulement ce sont les travailleurs de l'industrie de la construction qui sont pris en otage par les deux grandes centrales syndicales, mais [ces dernières] prennent également en otage l'économie du Québec. Et je trouve ça inacceptable dans une société démocratique comme la nôtre.

Une citation de :Lise Thériault, ministre du Travail

« Aujourd'hui les grandes centrales syndicales sont en train de me faire la preuve qu'on a raison de vouloir combattre [l'intimidation sur les chantiers] parce qu'il y en a », a affirmé la ministre du Travail.

Mme Thériault dit avoir reçu un message d'un entrepreneur affirmant qu'un groupe d'hommes « avec des lunettes de soleil et des casquettes pour pas qu'on les reconnaisse » lui ont demandé de fermer son chantier, sans quoi « une deuxième équipe, qui cette fois-ci sera un peu moins gentille que la nôtre » ira à son tour visiter le chantier.

« C'est inacceptable. Il faut le dénoncer sur la place publique. J'appelle les syndicats à retenir leurs gars. À laisser les travailleurs du Québec travailler sur les chantiers. [...] Venir en commission parlementaire. Ils sont attendus demain et mercredi. »

Quant aux vitres des bureaux de la Commission de la construction du Québec (CCQ) à Montréal qui ont été fracassées, la ministre Thériault soutient que la facture sera envoyée aux responsables.

Une paralysie coûteuse

Selon le Conseil du patronat du Québec (CPQ), les activités de débrayages déployées lundi occasionnent des pertes financières importantes, « tant pour les donneurs d'ouvrage que pour les entreprises en construction du Québec ».

Le CPQ dit avoir contacté des entrepreneures pour évaluer les coûts engendrés par cet arrêt de travail. Selon lui, cela pourrait représenter « des pertes de 1,2 à 1,3 million de dollars par jour de travail perdu » pour un seul de ces entrepreneurs.

« Tous les employeurs consultés ont demandé de garder l'anonymat pour ne pas faire l'objet de représailles. Cette simple requête démontre à quel point les employeurs sont pris en otage par le système de relations de travail dans l'industrie de la construction », a estimé le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval.

De son côté, la CSN-Construction demande toujours à ses membres de se présenter au travail. Vendredi dernier, la CSN leur avait envoyé un message leur demandant « de se présenter au travail comme prévu », précisant de ne toutefois pas franchir les « lignes de piquetage ». La CSN a ajouté que si un arrêt de travail survenait sur les chantiers, les travailleurs ne devaient pas « s'exposer à des actes d'intimidation ou de violence ».

Vendredi, quatre grands chantiers industriels avaient déjà été paralysés, des centaines de travailleurs ayant décidé de quitter les lieux dès le début de la journée. La FTQ avait qualifié le coup d'éclat de « débrayage spontané » pour protester contre le projet de loi 33.

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