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Le CNT proclame la libération de la Libye

Des Libyens célèbrent la libération dans la capitale Tripoli

Des Libyens célèbrent la libération dans la capitale Tripoli

Photo : AFP / Marco Longari

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Libye a proclamé officiellement sa libération dimanche à Benghazi, tirant un trait sur 42 ans de dictature et huit mois de conflit armé. Cette fête tant attendue doit ouvrir la voie à la formation d'un gouvernement de transition, sur fond de controverses autour des circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi.

« Nous déclarons au monde entier que nous avons libéré notre pays bien-aimé, ses villes, ses villages, ses collines, ses montagnes, ses déserts et ses cieux », a déclaré un responsable du Conseil national de transition (CNT), en ouverture de la cérémonie.

Des milliers de personnes agitant le drapeau vert, noir et rouge de la nouvelle Libye ont accueilli ses paroles sur la place centrale de Benghazi, la deuxième ville du pays où avait débuté à la mi-février le soulèvement contre le régime du Guide de la révolution.

Le président du Conseil, Moustapha Abdeljalil, et plusieurs de ses responsables ont ensuite prêté serment, avant d'entonner l'hymne national « Ya Biladi » (Mon pays), puis de prendre tour à tour la parole.

En tant que pays islamique nous avons adopté la charia comme loi essentielle, et toute loi qui violerait la charia est légalement nulle et non avenue

Une citation de :Moustapha Abdeljalil, président du CNT

Le ministre des Martyrs et des blessés, Abdel Rahmane Al-Kabisi, a estimé que cette cérémonie constituait « un moment historique » pour la Libye. « Ô pharaon du centenaire, tu es à présent dans la poubelle de l'histoire [...], va en enfer », a-t-il ajouté, faisant allusion à la mort du colonel Kadhafi.

Abdel Salem Al-Mousmari, un avocat coordinateur des forces du CNT, a pour sa part rendu hommage à ceux qui sont morts au combat : « Nous devons remercier » les soldats qui ont « sacrifié leurs vie pour se débarrasser de ce dictateur ».

Levez haut vos têtes. Vous êtes des Libyens libres

Une citation de : Abdel Hafez Ghoga, vice-président du CNT

« La liberté est une grande chose, son prix est lourd [...], la préserver est plus difficile que de l'obtenir », a de son côté prévenu le responsable du Conseil militaire de la nouvelle Libye, Omar Al-Hariri. « Je vous promets que l'armée nationale sera reconstruite [et] ne recevra plus jamais d'ordre de la part de tyrans », a-t-il ajouté.

Des félicitations internationales

Le Canada, les États-Unis et plusieurs pays européens ont salué dimanche la proclamation de la libération de la Libye. Paris, Londres et Washington ont été les premiers à féliciter le peuple libyen pour cette victoire.

« La période de la dictature, des violences et des divisions est terminée », a déclaré le chef de la diplomatie française Alain Juppé. Il a ajouté que la France « fait confiance aux nouvelles autorités libyennes pour appliquer leur feuille de route politique et mettre en place aussi vite que possible un gouvernement de transition représentatif ».

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a quant à lui parlé d'une « victoire historique pour le peuple libyen et un moment décisif dans sa lutte pour la liberté ».

Dans la même veine, le président américain Barack Obama a applaudi le début d'une « nouvelle ère de promesses » tout en appelant à une « réconciliation nationale ».

De son côté, le premier ministre canadien Stephen Harper a souligné que « la population libyenne s'est courageusement soulevée contre des décennies de tyrannie ». « La participation du Canada, sanctionnée par les Nations unies et dirigée par l'OTAN, a soutenu ses aspirations à un avenir meilleur », a ajouté le chef du gouvernement, qui tient à saluer « l'avènement de l'après-Kadhafi et la transition du pays vers une société démocratique, une société qui respecte les droits de la personne et la primauté du droit ».

Enfants libyens célébrant la libération du paysAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

À Misrata, des enfants fêtent la libération en brandissant les couleurs de la nouvelle Libye.

Photo : AFP / PHILIPPE DESMAZES

Un gouvernement transitoire nommé d'ici un mois

Plus tôt dans la journée, Mahmoud Djibril a confirmé sa démission de son poste de chef de l'exécutif du CNT, annonçant que des consultations étaient en cours en vue de former un gouvernement provisoire. « Ce processus prendra, je pense, entre une semaine et un mois approximativement. C'est ma prévision, mais cela pourrait durer plus ou moins longtemps », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il n'entendait briguer aucun poste officiel.

Selon la feuille de route des nouvelles autorités libyennes, publiée en septembre, ce cabinet intérimaire devra être installé dans ses fonctions un mois après la proclamation de la libération du pays. Ce gouvernement devra ensuite organiser dans un délai de huit mois l'élection d'une assemblée. Celle-ci sera alors chargée de désigner un comité pour rédiger une nouvelle constitution et d'organiser des élections générales dans un délai maximum d'un an.

La formation du gouvernement de transition s'annonce toutefois délicate en raison des multiples luttes de pouvoir au sein du CNT.

Kadhafi tué par balle

L'ombre du colonel Kadhafi plane au dessus de cette journée tant attendue par la population libyenne. La polémique entourant sa mort n'est pas retombée.

Dimanche matin, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a ainsi apporté un soutien « ferme » à l'appel des Nations unies qui réclament une enquête indépendante.

Au départ, les autorités ont assuré que Mouammar Kadhafi était mort dans des échanges de tirs. Des témoignages et des vidéos tournées au moment de son arrestation accréditent au contraire l'hypothèse d'une exécution sommaire.

Le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, a assuré samedi qu'une enquête était en cours. Une autopsie du corps de l'ancien dirigeant libyen a également été effectuée dimanche matin, a annoncé Fathi Bachaga, un porte-parole du Conseil militaire de Misrata, une ville située au nord-ouest de Syrte.

Personnellement, j'aurais préféré que Mouammar Kadhafi soit vivant. Je veux savoir pourquoi il a fait ça au peuple libyen. J'aurais aimé être son procureur lors de son procès.

Une citation de :Mahmoud Jibril, ex-numéro 2 du CNT

« On ne prévoyait pas d'autopsie. Mais Tripoli nous l'a demandée et nous voulons faire les choses correctement », a déclaré M. Bachaga, affirmant que le rapport du médecin légiste ne lui avait pas encore été communiqué.

Citant Reuters, un médecin ayant participé à l'autopsie affirme que Mouammar Kadhafi a succombé à une blessure par balle, confirmant par la même les dires du CNT.

Il a précisé que le corps de l'ex-dirigeant, ainsi que celui de son fils Mouatassim, serait bientôt remis à la famille, qui décidera « en concertation avec le CNT » du lieu de sépulture.

Dimanche en début d'après-midi, les deux corps se trouvaient toujours à Misrata, dans chambre froide, où des curieux continuaient d'affluer. Depuis vendredi, des centaines de Libyens ont défilé pour voir de leurs yeux le cadavre de l'ancien dirigeant.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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