•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Procès Shafia : la Couronne invoque des motifs religieux

Mohammad Shafia

Mohammad Shafia, à son arrivée au palais de justice de Kingston, mardi.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Radio-Canada

Au premier jour du procès de Mohammad Shafia, sa femme et leur fils aîné au palais de justice de Kingston, en Ontario, la Couronne a invoqué des motifs religieux pour expliquer les meurtres de quatre autres membres de leur famille.

La procureure de la Couronne, Laurie Lacelle, a exposé sa preuve devant les jurés, jeudi. Elle a dépeint Mohammad Shafia comme un homme capable de planifier des meurtres exécutés de sang-froid pour venger ce qu'il considère être l'honneur de la famille.

La procureur a procédé à la lecture d'extraits du journal intime de la première épouse de Mohammad Shafia, Rona Amir Mohammad, qui se disait malheureuse et victime de sévices physiques et psychologiques.

Le portrait dressé par Me Laurie Lacelle est celui d'une famille où les enfants vivaient sous le règne de la terreur.

Les trois soeurs ont été décrites comme des jeunes filles ancrées dans la culture canadienne, qui aimaient écouter de la musique pop et utiliser leur téléphone cellulaire. La Couronne a également expliqué qu'un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse avait été rapporté quelques semaines avant le jour du drame.

Selon un enregistrement présenté en preuve, Mohammad Shafia a affirmé quelques jours après la découverte des corps que « rien n'est plus précieux que notre honneur ». Il aurait également déclaré que ses filles ont trahi la culture islamique et les auraient comparées à des prostituées.

Selon des données obtenues sur l'ordinateur familial, saisi par les autorités policières, des recherches portant sur la façon de commettre des meurtres ou la manière que les prisonniers peuvent gérer leurs avoirs auraient été effectuées sur Internet.

Puis, un premier témoin a été appelé à la barre. Une experte en identification juridique a décrit la scène où la voiture et les quatre corps ont été découverts.

Rappel des faits

Les accusés d'origine afghane sont tous des résidents de l'arrondissement de Saint-Léonard, à Montréal.

Tooba Mohammad Yahya, 41 ans, son mari, Mohammad Shafia, 58 ans, et leur fils, Hamed Mohammad Shafia, 20 ans, doivent répondre à quatre chefs d'accusation de meurtre prémédité.

Ils sont accusés d'avoir tué la première épouse de M. Shafia, Rona Amir Mohammad, âgée de 50 ans, et trois de leurs filles, Zainab, 19 ans, Sahari, 17 ans, et Geeti, 13 ans.

La fille aînée de la famille aurait fréquenté un garçon pakistanais, contre l'avis de ses parents. Les victimes ont été retrouvées noyées dans un véhicule au fond de l'écluse de Kingston Mills, en juin 2009. La famille de dix personnes, trois adultes et sept enfants, revenait d'un voyage à Niagara Falls au moment du drame.

Deux thèses s'affronteront dans ce procès : celle de l'accident, comme le soutiennent les accusés, et celle de l'accident simulé pour camoufler quatre meurtres, comme l'avance la Couronne.

Le procureur de la Couronne, Gérard Laarhuis, a déclaré qu'il pourrait appeler jusqu'à 57 témoins à la barre au cours des audiences, qui devraient durer de 8 à 10 semaines, voire davantage.

La Couronne a annoncé jeudi qu'un expert viendrait témoigner à propos des « crimes d'honneur » afin d'expliquer pourquoi, dans certaines cultures, le meurtre peut être vu comme la seule solution pour sauver l'honneur d'une famille, surtout lorsque la vie sexuelle de femmes est en jeu.

Un crime d'honneur ?

Les trois accusés ont été arrêtés trois semaines après le drame. La police avait alors évoqué la possibilité qu'il s'agisse d'un crime d'honneur.

Un crime d'honneur est perpétré par une famille qui juge que son honneur a été entaché par un de ses membres. Les femmes en sont très largement les premières victimes.

Avec les informations de La Presse canadienne

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.

Ontario

Justice et faits divers