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Commission d'enquête : l'opposition parle d'une « arnaque »

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Jean Charest « n'a pas créé aujourd'hui une véritable commission d'enquête publique » sur l'industrie de la construction, a estimé mercredi la chef du Parti québécois, Pauline Marois, réagissant à l'annonce faite plus tôt par le premier ministre.

« Dans une vraie commission d'enquête, les témoins sont contraints à témoigner. Ce qu'a bricolé Jean Charest aura moins de pouvoir qu'un coroner et moins de pouvoir qu'une commission parlementaire », a-t-elle affirmé.

Le Parti québécois se dit « absolument insatisfait » de l'annonce de Jean Charest sur la tenue d'une commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.

En réalité, Jean Charest a bricolé ce qui s'apparente à une véritable arnaque, une patente [...] un écran de fumée.

Une citation de :Pauline Marois, chef du Parti québécois

« Les libéraux refusent de s'élever au niveau qu'exige l'intérêt public sous le prétexte fallacieux de protéger la preuve et les enquêtes policières. Le gouvernement se défile de ses responsabilités. [...] La seule organisation qui sera protégée, c'est le Parti libéral », a-t-elle déploré.

« Nous voulons la vérité, toute la vérité. Nous n'allons pas lâcher. Depuis deux ans, nous avons posé plus de 400 questions sur la corruption. S'il le faut, nous en poserons 200, 300 ou 400 de plus », a-t-elle ajouté.

Le Parti québécois entend déposer une motion de censure pour défaire le gouvernement. « Si nous échouons, nous allons en déposer une autre », a soutenu la chef péquiste.

Elle a également fait appel aux militants libéraux qui se réuniront en congrès en fin de semaine. Au nom des « intérêts du Québec », Pauline Marois leur demande de se lever, de refuser « la loi du silence » et de rejeter « cette arnaque proposée par [leur] chef Jean Charest ».

Si les libéraux « s'obstinent à refuser une véritable commission d'enquête », Mme Marois assure aux Québécois que son parti déclencherait une commission d'enquête publique dans les 100 premiers jours de son premier mandat, si jamais il est élu aux prochaines élections.

Françoise Davis et Amir Khadir, de Québec solidaireAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Françoise Davis et Amir Khadir, de Québec solidaire

Québec solidaire très déçu

À l'instar de Pauline Marois, présidente et porte-parole de Québec solidaire, Françoise David a qualifié l'annonce de Jean Charest de « simulacre de commission d'enquête ».

Jean Charest vient de se tailler sur mesure une commission d'enquête au pouvoir anémique. Il nous donne une sorte de vox pop, où les gens qui auront envie de le faire pourront participer.

Une citation de :Françoise David, cofondatrice de Québec solidaire

Pour Mme David, la commission n'aura aucun pourvoir réel car elle ne pourra contraindre des personnes à venir témoigner.

« C'est extrêmement décevant. Encore une fois, M. Charest ne s'est pas placé en chef de gouvernement qu'il devrait être », a-t-elle ajouté.

Toutefois, elle reconnaît qu'un premier pas dans la bonne direction vient d'être franchi. « M. Charest a été obligé dans son annonce d'utiliser des mots comme corruption, stratagème et infiltration, et ça, pour la population du Québec qui se bat depuis des mois pour qu'enfin il y ait admission d'un problème, il y a là un premier pas », a admis Françoise David.

Elle a donc appelé la population, la classe politique et les militants libéraux qui se réuniront en fin de semaine à continuer de se battre pour que ce premier pas aboutisse à une véritable commission d'enquête « aux pouvoirs réels ».

Autres réactions

Le président de la CSN, Louis Roy, a abondé dans le même sens que l'opposition, déplorant que la commission ne pourra forcer personne à témoigner. « On a l'impression que tout le monde pourra se défiler, que quand on allume les lumières et que les coquerelles se sauvent, on n'a plus rien à dire. Ça nous inquiète un peu cette question là », a-t-il déclaré.

Le secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Daniel Boyer, ne partage pas cet avis. « On pense que les acteurs majeurs de l'industrie de la construction qui seraient mis en cause auront suffisamment de pression pour venir témoigner d'eux-mêmes », a-t-il estimé.

« Nous on a rien à se reprocher et si on est appelé à témoigner on va aller démontrer qu'on n'a rien à se reprocher », a-t-il ajouté.

De son côté, Bernard Généreux, président de la Fédération québécoise des municipalités, a invité « tous les élus municipaux à aller témoigner, ceux qui ont pu avoir connaissance de situations indésirables ».

La formule du huis clos est « intéressante », selon l'Association des ingénieurs-conseils du Québec (AICQ), qui a déploré dans un communiqué « que l'évolution du dossier [...] ait eu pour effet de générer des sentiments négatifs et malsains envers l'ensemble des acteurs de l'industrie, sans distinction ».

Pout le Conseil du patronat du Québec, le type de commission d'enquête choisi par le gouvernement est « cohérent avec les préoccupations formulées au cours des derniers mois ».

En revanche, le Réseau des ingénieurs du Québec s'est questionné sur le choix du gouvernement, qui a mis en place, dit-il, une « solution molle et insuffisante ».

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