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La Davie n'obtient aucun contrat naval d'Ottawa

Halifax et Vancouver obtiennent les contrats fédéraux

Halifax et Vancouver obtiennent les contrats fédéraux.

Radio-Canada

Après des mois d'attente, le verdict est finalement tombé pour La Davie. Le chantier maritime de Lévis n'obtient aucun contrat du gouvernement fédéral pour la construction de navires pour la marine canadienne.

L'annonce a été faite mercredi après-midi par le sous-ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, François Guimont.

Le chantier de Lévis a donc échoué dans sa tentative d'obtenir une partie des contrats de construction des grands navires fédéraux, qui totalisent 33 milliards de dollars.

Les chantiers de Vancouver et d'Halifax ont obtenu les lucratifs contrats. L'entreprise Halifax Shipyards, qui appartient au groupe Irving, a obtenu le contrat de 25 milliards de dollars pour construire une vingtaine de navires de combat.

Pour sa part, Vancouver Shipyards, du groupe Seaspan, a obtenu le contrat de 8 milliards de dollars pour la construction de 8 navires destinés à la Garde côtière canadienne.

Le processus décisionnel mené dans le cadre de la Stratégie nationale d'approvisionnement en matière de construction navale (SNACN) a été mené par une équipe de fonctionnaires issus de plusieurs ministères fédéraux, a affirmé M. Guimont.

Les déçus sont nombreux

Sans surprise, le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation et ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, s'est dit déçu de l'annonce faite mercredi après-midi.

Nous sommes très déçus de cette décision-là. Maintenant, c'est au gouvernement fédéral de justifier sa décision.

Sam Hamad, ministre responsable de la Capitale-Nationale

Le son de cloche est le même du côté du député de la circonscription de Lévis, Gilles Lehouillier. « Au niveau des arrangements financiers, ç'avait été réglé. Donc, on avait un consortium solide, à mon avis le plus solide au Canada en passant. On avait aussi comme atout les plus grandes installations au Canada », a-t-il affirmé.

La nouvelle a également été accueillie avec déception par le président de la Chambre de commerce de Lévis, Christian Guay. « Il s'agit d'un choix curieux vu les atouts dont dispose la nouvelle coentreprise formée de Davie Canada et de SNC-Lavalin », a-t-il réagi par voix de communiqué.

« Nous sommes convaincus que tous les efforts nécessaires ont été faits par Davie Canada pour présenter la meilleure candidature possible à la SNACN », a ajouté M. Guay.

La Chambre de commerce de Lévis demeure tout de même optimiste quant à la relance de la Davie. « Il ne faut pas se décourager pour la survie du chantier puisque des contrats pour les traversiers québécois sont déjà conclus et qu'il y a des possibilités que Davie récupère certains volets des contrats pour la construction de petits navires de la SNACN », a spécifié Christian Guay.

De son côté, le président du Syndicat des travailleurs, Paul-André Brulotte, s'est dit sous le choc.

Je pense que la construction navale chez Davie à moyen terme est menacée, c'est clair.

Paul-André Brulotte, président du Syndicat des travailleurs

Certains travailleurs de la Davie, comme Serge Lapointe, vont jusqu'à réclamer la tête de leurs députés. « Je suis frustré et je vous dirais que je demanderais la démission du ministre Blaney et des trois députés conservateurs qui sont dans notre région », a-t-il lancé.

« C'est énorme ce qu'on perd aujourd'hui. Huit milliards de dollars de contrats, c'est énorme et c'est de l'ouvrage pour une quinzaine d'années », a quant à lui affirmé Roger Héroux, un administrateur de la Davie.

Une annonce qui était attendue avec impatience

En matinée, le ministre Sam Hamad s'était dit convaincu que le chantier Davie de Lévis devait profiter des contrats de construction de navires pour la marine canadienne.

« Selon moi, ce sera inacceptable que le chantier Davie ne soit pas qualifié pour avoir un contrat. Le premier ministre Charest, aux mois d'avril et de mai pendant la campagne électorale, a mentionné à plusieurs reprises que le Québec doit avoir sa part du contrat de 33 milliards de dollars », avait-il affirmé.

La Davie n'avait pas soumissionné pour le contrat de 25 milliards de dollars pour la construction de navires militaires. L'entreprise de Lévis avait soumissionné pour les contrats de 8 milliards de dollars.

Actuellement, le chantier Davie compte seulement 15 travailleurs.

Économie