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Les immolations au Tibet font monter les tensions avec le gouvernement chinois

Des Tibétains participent à un sit-in le 18 octobre 2011 afin de dénoncer les règles imposées par la Chine.

Des Tibétains participent à un sit-in le 18 octobre 2011 afin de dénoncer les règles imposées par la Chine.

Photo : AFP/Raveedran

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement tibétain exilé en Inde a accusé mercredi les autorités chinoises de pousser les Tibétains au désespoir, après la mort d'une jeune religieuse qui s'est immolée par le feu, lundi, devant son monastère.

Tenzin Wangmo, 20 ans, s'est couverte d'essence et a mis le feu à ses vêtements dans la ville d'Aba, pour protester contre la répression chinoise et demander le retour du dalaï-lama, chef spirituel tibétain en exil depuis le soulèvement antichinois de 1959.

Même s'il n'y a pas de tradition d'immolation par le feu comme moyen de protestation dans la société tibétaine, neuf moines et anciens moines se sont immolés depuis le mois de mars. Huit d'entre eux sont originaires de la province du Sichuan, où se trouve la ville d'Aba. Peuplée en majorité de Tibétains, la région est l'épicentre des protestations tibétaines.

Selon le gouvernement chinois, le dalaï-lama glorifie les immolations. Pékin qualifie même son attitude envers le phénomène de « terrorisme déguisé » et affirme qu'elle encourage d'autres Tibétains à s'immoler.

Nous pensons que l'encouragement de tels comportements au prix de la vie humaine est immoral.

Liu Weimin, un porte-parole du gouvernement

De son côté, le dalaï-lama s'est dit opposé à ces gestes désespérés, car ils vont à l'encontre des préceptes bouddhistes, mais le premier ministre du gouvernement tibétain, Lobsang Sangay, a salué mercredi « le courage » des moines qui se sont immolés pour « la cause du Tibet ». Une journée de prière en leur honneur et en soutien aux prisonniers politiques tibétains est prévue mercredi au quartier général du dalaï-lama, à Dharamsala, en Inde.

Le gouvernement tibétain appelle la communauté internationale à faire pression sur les autorités chinoises pour qu'elles ouvrent un dialogue et répondent de leurs politiques au Tibet ainsi que dans les régions majoritairement tibétaines de l'ouest de la Chine.

Les États-Unis se sont déjà dits sérieusement préoccupés par la vague d'immolations. « À la lumière des griefs continus et implicites de la population tibétaine de Chine, nous exhortons la Chine et ses dirigeants à respecter les droits des Tibétains et à se pencher sur certaines politiques dans les zones tibétaines qui ont créé des tensions », a déclaré le porte-parole du département d'État américain, Mark Toner.

Des journalistes internationaux au Tibet ont dit observer que beaucoup de policiers chinois en tenues antiémeutes et armés étaient présents cette semaine dans les rues d'Aba. Des rues sont bloquées et les contrôles d'identité sont omniprésents, selon eux. Les services de la propagande à Aba affirment cependant que la situation est normale et que la sécurité n'a pas été renforcée dans la ville.

La vague d'immolations survient trois ans après les émeutes antichinoises de mars 2008 dans les régions tibétaines de la Chine. Le soulèvement avait fait des dizaines de morts et le gouvernement y avait répondu par la répression.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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