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Appui provisoire des élus grec à de nouvelles mesures d'austérité

Radio-Canada

Les élus au Parlement grec ont donné un appui provisoire au projet de loi sur les nouvelles mesures d'austérité lors d'un premier vote mercredi en fin de journée.

Ils doivent se prononcer à nouveau à ce sujet jeudi. Ce deuxième vote sera nécessaire pour adopter les mesures qui prévoient d'autres coupes dans les dépenses du gouvernement et des hausses d'impôt additionnelles.

Plus tôt, plus de 125 000 Grecs sont descendus dans les rues des grandes villes du pays pour dénoncer les mesures d'austérité du gouvernement.

Les syndicats planifiaient depuis quelque temps cette cinquième grève générale depuis le début de l'année dans l'espoir de faire reculer Athènes.

Des incidents ont d'ailleurs éclaté devant le Parlement. Des manifestants ont jeté des pierres et des cocktails Molotov à des policiers qui tentaient de les disperser avec des gaz lacrymogènes. Certaines personnes ont mis le feu à l'une des guérites de la garde présidentielle. Près de là, d'autres manifestants, munis de marteaux et de pieds de biche, arrachaient des morceaux de marbre des édifices, cassaient des vitrines ainsi que des enseignes de banques.

Les nouvelles mesures d'austérité représentent des réductions de dépenses ou des revenus supplémentaires de 6,6 milliards d'euros (9,2 milliards de dollars canadiens).

Le gouvernement du premier ministre, Georges Papandréou, propose notamment de réduire la taille de la fonction publique et la rémunération des fonctionnaires, diminuer les pensions de retraite et abaisser de 3000 euros à 5000 euros le seuil d'exemption d'impôt des particuliers. Ce dernier s'est dit déterminé à faire adopter ces mesures, réclamées par l'Union européenne et le Fonds monétaire international pour le versement de la prochaine tranche d'aide de 8 milliards d'euros, avant la tenue d'un sommet européen dimanche.

« Tous ces gens qui font du chantage et prennent le pays en otage, en occupant des bâtiments, en laissant les ordures s'entasser dans les rues, en fermant les ports et le Parthénon, doivent nous expliquer en quoi cela va nous aider à retomber sur nos pieds », a déclaré M. Papandréou, dont la majorité au Parlement grec n'est que de quatre députés.

« Nous allons adresser un message fort au gouvernement et au système politique », a déclaré Costas Tsikritas, qui est à la tête du syndicat Adedy qui représente le secteur public.

Une économie au ralenti

La mobilisation des Grecs mercredi constitue d'ailleurs un record depuis le début de la crise. La grève générale, qui touche autant les employés du secteur public que ceux du secteur privé, se poursuit jeudi, alors que de nombreuses grèves à durée indéterminée se multiplient en Grèce depuis deux semaines, entre autres des contrôleurs fiscaux, les journalistes et les éboueurs, qui ne ramassent plus les déchets à Athènes depuis plus de 10 jours.

Mercredi, les écoles, les musées, les transports publics et l'ensemble des fonctionnaires étaient en grève. De nombreux commerces, dont des magasins et des banques, étaient aussi fermés.

« C'est la première manifestation à laquelle je participe depuis mai 2010 », raconte Nikos Stefanatos, un ingénieur de 46 ans dans un organisme public. « À cette époque-là, je gagnais 2800 euros par mois, maintenant je gagne 1500. Cette politique insensée est désastreuse pour la Grèce », ajoute-t-il.

La Grèce sera au coeur des discussions dimanche à Bruxelles dans le cadre d'une réunion des pays de l'Union européenne, qui pourraient s'accorder sur une nouvelle réduction de la dette grecque et un autre renforcement du Fonds européen de stabilité financière.

Avec les informations de Agence France-Presse, Le Monde, Associated Press, et Le Figaro

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