•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le port de Churchill sera durement affecté par la fin du monopole de la CCB

Le port de Churchill entend diversifier ses revenus, notamment avec le développement de l'industrie minière au Nunavut.

Le port de Churchill entend diversifier ses revenus, notamment avec le développement de l'industrie minière au Nunavut.

Photo : Claudine Richard

Radio-Canada

Le port de Churchill dans le nord du Manitoba, qui compte principalement sur l'expédition des grains de la Commission canadienne du blé pour sa rentabilité, recevra jusqu'à 25 millions de dollars sur cinq ans, soit cinq millions par année, pour favoriser les expéditions de céréales, oléagineux, légumineuses et cultures spéciales.

Le ministre fédéral de l'Agriculture, Gerry Ritz, en a fait l'annonce mardi après le dépôt du projet de loi C-18 abolissant le monopole sur la mise en marché du blé et de l'orge de la CCB.

Le gouvernement fédéral fournira aussi 4,1 millions de dollars sur trois ans pour assurer l'entretien du port de Churchill pendant la période de transition menant à la fin du monopole.

Finalement, le projet d'infrastructure qui est déjà financé dans le cadre de l'entente avec la Churchill Gateway Development Corporation sera prolongé jusqu'en 2015.

Inquiétudes au port de Churchill

Cette décision, saluée par les grandes entreprises agroalimentaires, risque d'hypothéquer l'avenir du seul port canadien en eaux profondes de l'Arctique.

« Toute la communauté s'inquiète », affirme un employé du port de Churchill, Ben Oman. Selon les autorités portuaires, abolir le monopole de la commission risque de faire fondre une partie des revenus du port.

C'est clair qu'il va y avoir des problèmes tout simplement à cause du fait qu'environ 90 à 95 % de tous les produits qui sont exportés à partir du port de Churchill, c'est effectivement du grain de la CCB.

Jacques Marcoux, porte-parole de la CCB

Une fois le monopole aboli, ce sont les multinationales agroalimentaires qui devraient prendre le relais de la gestion du transport du grain, mais leurs exportations ne passeront pas nécessairement par Churchill, selon Jacques Marcoux.

« Ces compagnies de grains n'ont pas d'installations portuaires à Churchill, alors qu'elles en ont à l'est et à l'ouest », indique-t-il. Elles risquent, à ce moment, de privilégier leurs installations portuaires à Montréal ou Vancouver, par exemple.

La perte de clientèle serait grande pour Omnitrax, la compagnie qui détient les installations du port et l'un des principaux employeurs de la région. « Cela nous amène naturellement à nous inquiéter de notre avenir », admet le vice-président de l'exploitation d'Omnitrax à Churchill, Marc Cool.

De telles actions contre la CCB n'incitent pas à investir dans le Nord, selon la députée fédérale néo-démocrate, Niki Ashton.

Souveraineté dans l'Arctique

L'investissement du fédéral dans le port de Churchill vient confirmer, au moins pour cinq ans, ce que pense Barry Prentice, professeur de gestion de la chaîne de sous-traitance à l'Université du Manitoba, qui affirme que le gouvernement maintiendra le port ouvert, ne serait-ce que pour affirmer sa souveraineté dans l'Arctique.

Toutefois, il doute de la viabilité économique du port et estime que d'autres sources de revenus devront remplacer celles de la CCB.

« À mon avis, on n'a pas vraiment fait nos devoirs par rapport à comment tout ça va se transformer avec la fin du monopole par rapport au réseau de distribution spécifiquement », souligne Sylvain Charlebois, expert en distribution agroalimentaire.

Le port de Churchill espère, dans les années à venir, diversifier ses revenus, notamment avec le développement de l'industrie minière au Nunavut.

Manitoba

Économie