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Les pays du G20 veulent contrôler davantage le système financier mondial

Réunion du G20 Finances à Paris

Les ministres des Finances des 20 pays les plus riches au monde étaient réunis samedi à Paris.

Photo : AFP / FRED DUFOUR

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Réunis samedi à Paris, les ministres des Finances des pays membres du G20 se sont mis d'accord pour mieux encadrer les flux de capitaux vers les pays émergents et renforcer les règles relatives aux fonds propres des grandes banques. En revanche, ils ne sont pas parvenus à un consensus pour établir une taxe mondiale sur les transactions financières.

Parmi les sujets en négociation, le G20 affirme avoir franchi une étape essentielle sur la voie d'une régulation des flux financiers spéculatifs vers les pays émergents. Parfois violents, ces flux entrants et sortants peuvent être source de déstabilisation économique.

« C'est une évolution fondamentale », s'est félicité le ministre français des Finances, François Baroin, dont le pays assure jusqu'en novembre la présidence du G20 qui réunit les 20 pays les plus riches de la planète. Jusqu'à présent, a souligné François Baroin, ce sujet était « marqué par une doctrine qui récusait toute restriction à la libre circulation des capitaux ».

L'accord en question comporte trois points, mais son dispositif doit encore être affiné. Il prévoit un cadre assorti de conditions très fortes pour la gestion des flux de capitaux. Ce premier plan d'action sera renforcé par un second plan pour le développement des marchés obligataires en monnaie locale. L'objectif est de « rendre les pays émergents moins dépendants des financements en devises qui peuvent être très déstabilisateurs en cas de crise des changes », a résumé le ministre français des Finances.

Dans les jours qui ont suivi la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, en 2008, près de 300 milliards de dollars de capitaux avaient brutalement fui les économies émergentes en l'espace d'un mois.

Le troisième et dernier volet de l'accord concerne enfin des consignes de coopération entre le Fonds monétaire international (FMI) et les dispositifs régionaux de régulation de ces flux de capitaux spéculatifs.

Selon le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega, l'accord « donnera la liberté aux pays qui se sentent victimes des flux de capitaux d'intervenir sur le marché des changes pour en atténuer les conséquences ». Son pays a figuré parmi les principales victimes de ces mouvements erratiques de capitaux. Ils se sont traduits par une appréciation brutale et artificielle du Réal qui a mis en danger les exportations du Brésil, provoquant des poussées inflationnistes et un ralentissement de la croissance économique.

Des règles pour limiter les risques liés aux grandes banques

Le G20 a également « approuvé un dispositif complet destiné à limiter les risques posés par les établissements financiers d'importance systémique ». La liste de ces banques et institutions financières sera publiée à Cannes, dans le sud-est de la France, à l'occasion du sommet du G20 des 3 et 4 novembre prochains.

Ces nouvelles normes consistent à accroître les fonds propres de ces grands établissements, dont une éventuelle défaillance aurait des répercussions sur l'ensemble du système financier mondial.

Selon les régulateurs à l'origine de ces dispositions, « les faiblesses des grandes institutions financières ont souvent joué un rôle dans le déclenchement et la propagation de crises financières systémiques », comme celle de 2008-2009, lorsque plusieurs États ont été obligés de voler au secours de leurs banques.

Les règles dites de Bâle III imposent à tous les établissements bancaires des ratios de fonds propres « durs » (capital social et bénéfices mis en réserve) égaux à au moins 7 % de leurs engagements.

Le Comité de Bâle a identifié en juillet dernier 28 banques d'importance systémique et leur avait imposé une couche de fonds propres durs supplémentaire de 1 à 2,5 points de pourcentage par rapport aux exigences de base.

Les grandes banques critiquent régulièrement ces nouvelles normes, qu'elles jugent trop coûteuses.

Désaccord sur une taxe mondiale sur les transactions financières

Au cours de la réunion, des divergences sont à nouveau apparues au sujet de l'instauration d'une taxe sur les transactions financières au niveau mondial. Mise de l'avant par Paris et Berlin, et bientôt mise en oeuvre au sein de l'Union européenne, cette idée est, entre autres, rejetée par les États-Unis, le Canada, la Chine et la Russie.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a ainsi admis samedi qu'il n'était « pas réaliste » d'instaurer cette taxe à l'échelle mondiale, et que le mécanisme serait limité à l'Europe.

Le sujet sera toutefois remis sur le tapis lors du sommet des chefs d'État et de gouvernement du G20 à Cannes.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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