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Des Canadiens s'indignent à leur tour

Un manifestant à Toronto

Un manifestant à Toronto

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada
Mis à jour le 

Le mouvement des indignés a conduit des milliers de Canadiens à manifester samedi dans plusieurs grandes villes du pays, emboîtant le pas aux centaines de rassemblements organisés dans le monde.

À Toronto, épicentre canadien de la contestation contre les excès du capitalisme, quelque 3000 manifestants se sont rassemblés au pied du siège social de la Banque TD, en plein coeur du quartier des affaires.

Comme ailleurs sur la planète, les protestataires ont reclamé plus de justice et d'égalité. « Le fossé se creuse entre les riches et les pauvres. Pas qu'aux États-Unis, mais ici aussi, au Canada, et il faut que cela change », témoignait une mère de famille venue manifester avec sa fille.

Les craintes de désordre et de casse exprimées par des commerçants ne se sont pas concrétisées, le rassemblement s'étant déroulé dans le calme, encadré par un important dispositif de sécurité.

À Montréal, environ 1000 personnes se sont rassemblées au Square Victoria devant la tour de la Bourse. Les manifestants ont échangé paisiblement. Certains brandissaient des pancartes. D'autres s'étaient mis un billet de 5 $ sur la bouche. Plusieurs, munis de leur tente et de leur sac de couchage, prévoyaient de coucher sur place afin de prolonger la manifestation.

« La richesse à sens unique »

Un des manifestants explique qu'il a rejoint le mouvement des indignés pour dénoncer les décisions politiques qui aboutissent à la dilapidation des ressources collectives. « La richesse est mal répartie, estime Jason Keays. Ça va vers des compagnies transnationales, on socialise les coûts et on privatise les profits », raconte cet employé de banque qui travaille au sein d'une division chargée de prévenir les fraudes par cartes de crédit.

Des élus du Parti québécois ont également participé au rassemblement, ainsi que le député de Québec solidaire, Amir Khadir.

C'est un message de justice économique, pour que l'économie soit au service de la société et non qu'elle s'adapte à l'économie.

Amir Khadir
Indigné vancouvérois dans sa tente.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dans plusieurs villes canadiennes, des indignés comptent planter leur tente jusqu'en décembre.

Photo : La Presse canadienne / GEOFF HOWE

En Colombie-Britannique, plus d'un millier de personnes se sont retrouvées dans la matinée devant le musée des beaux-arts, en plein centre-ville de Vancouver. Certains protestataires y ont planté leurs tentes, comptant occuper la place jusqu'en décembre.

Après plusieurs prises de parole, les indignés vancouvérois ont défilé dans les rues de la ville.

Ailleurs au pays, plus de 200 manifestants se sont rassemblés à Winnipeg devant l'Assemblée législative. Des rassemblements d'ampleur équivalente ont également eu lieu dans d'autres villes, dont Ottawa, Québec, Calgary, Edmonton, Saskatoon, Regina, Halifax et Moncton.

Qui sont les indignés ?

Le mouvement ne se dit lié à aucun parti politique. Les indignés dénoncent l'emprise de la classe financière sur la société et l'écart grandissant entre les riches et les pauvres, sans être porteur d'un programme politique précis.

Un manifestant à MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les indignés dénoncent la financiarisation de l'économie.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Selon Carminda Mac Laurin, étudiante et participante à la manifestation à Montréal, en entrevue à Radio-Canada vendredi, les revendications sont « aussi multiples qu'il y a de manifestants ».

« Toutes les revendications finalement convergent vers, il me semble, une exigence de démocratisation de la démocratie, qui touche trop d'enjeux économiques en ce moment, qui est régie finalement par quelques-uns », précise Mme Mac Laurin.

Le slogan en ce moment est : « Nous sommes les 99 % » et le 1 % régit [...] le monde. Nous voulons exiger que ça change. »

Carminda Mac Laurin

« Je pense que c'est une revendication qui est mondiale, elle n'est pas seulement nationale », poursuit Mme Mac Laurin. « Les grandes banques, de toute façon, sont interreliées, que ce soit ici au Canada ou ailleurs dans le monde. Les enjeux économiques sont importants ici au Canada comme partout dans le monde. C'est vraiment une revendication internationale. »

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