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Le parlement du Canada-Uni sort de terre

Les fouilles archéologiques sur le chantier de la place d’Youville Ouest tirent à leur fin.

Les fouilles archéologiques sur le chantier de la place d’Youville Ouest tirent à leur fin.

Photo : Musée Pointe-à-Callière

Radio-Canada

Vendredi, le musée Pointe-à-Callière dévoilait quelques-uns des 50 000 ossements d'animaux et pièces archéologiques retrouvés sur le site du marché Sainte-Anne, devenu le parlement de Montréal.

Les plus importantes fouilles archéologiques dans la métropole depuis 20 ans ont permis ainsi de faire réapparaître une importante partie de notre passé, le parlement du Canada-Uni, qui a été incendié en 1849.

« J'ai l'impression que c'est une histoire très méconnue de la plupart des Montréalais et des Québécois. Ce n'est pas un pan de l'histoire qu'on enseigne beaucoup, souligne l'archéologue Louise Pothier. Qui se souvient que Montréal a été la capitale du Canada? »

Les parlementaires n'y ont cependant siégé que cinq ans. Des émeutiers révoltés par une loi qui a dédommagé les victimes de la rébellion au Bas-Canada y ont mis le feu en 1849.

« C'est un site unique, une conservation extraordinaire des maçonneries, des murs, une richesse incroyable de culture matérielle de toutes les époques », affirme Louise Pothier.

Longtemps ensevelis sous un stationnement, les vestiges d'il y a 160 ans sont enfin déterrés. Le chantier, sur la place d'Youville Ouest, dans le Vieux-Montréal, est immense.

« Sous la pierre calcaire, on voyait très bien la gravité des dégâts de l'incendie de 1849; c'était une couche imprégnée de charbon, des matériaux brûlés, du verre fondu », précise l'archéologue Francis Limothe.

Les armoiries royales retrouvées

Les armoiries royales

Les armoiries royales

Photo : Musée Pointe-à-Callière

Les objets découverts, notamment un texte de loi, de la céramique, des bouteilles à bière en grès et des couverts, sont extraordinairement variés. Toutefois, la plus belle pièce de la collection n'est pas sortie du site archéologique.

Les armoiries royales du parlement avaient été achetées il y a 20 ans, à New York, par un collectionneur canadien, Robert P. Kaplan, qui, en entendant parler des fouilles, les a offertes au musée Pointe-à-Callière. Les analyses montrent qu'elles sont authentiques.

« Il y a un lion, une licorne, la couronne est manquante, on voit la partie centrale de Dieu et mon droit...On peut imaginer que c'est une avarie qui s'est produite au moment du saccage du parlement », précise Mme Pothier.

Le musée Pointe-à-Callière compte aménager sur le site du parlement un immense complexe historique authentique qui serait relié à l'égout collecteur William, sur une distance de 400 mètres.

Un projet de plusieurs dizaines de millions de dollars que le musée souhaite réaliser d'ici 2017, à temps pour le 375e anniversaire de Montréal.

Avec un reportage d'André Bernard.

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