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Exclusif

Des artisans du milieu du cinéma dénoncent l'appétit des Studios Mel's

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des artisans du milieu du cinéma dénoncent le quasi-monopole qu'exercent les studios Mel's dans l'industrie montréalaise du cinéma.

Montréal serait la seule ville en Amérique du Nord qui vit sous l'emprise d'une telle concentration dans le milieu du cinéma.

Les dirigeants de cette entreprise font d'ailleurs l'objet de plaintes répétées depuis de nombreuses années de la part d'artisans du cinéma qui se considèrent pris en otage.

Depuis des années, des artisans comme Pierre Mignot se plaignent du pouvoir qu'a le pdg des Studios Mel's, Michel Trudel, qui possède également la plus grosse entreprise de location d'équipements cinématographiques et publicitaires au Québec.

« Il faut être lié à Michel Trudel pour pouvoir faire un film en tant que technicien. »

— Une citation de  Pierre Mignot, directeur photo

« Une taxe pour travailler »

Yanka Pelletier est quant à lui chef machiniste. En 2009, il est pressenti pour travailler pour la production du film québécois « route 132 ».

Yanka Peletier, chef machinisteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Yanka Peletier, chef machiniste

M. Pelletier possède son propre équipement qu'il loue habituellement aux producteurs de films.

Or, lorsque Michel Trudel, des Studios Mel's, a appris que le matériel de machiniste risquait d'être loué chez Yanka Pelletier, et non chez lui, il aurait demandé à Yanka Pelletier de toucher 35 % du montant de sa location.

« J'ai refusé parce que pour moi c'est une taxe, c'est carrément une taxe pour avoir le droit de travailler », explique Yanka Pelletier.

Michel Trudel a menacé de priver la production du film d'un important rabais sur tout le reste de la location de l'équipement. La productrice, Fabienne Larouche, nous l'a confirmé.

« Il y a un pouvoir de pression de dire au producteur : “Bien écoutes, tu vas prendre la caméra chez moi, tu prends l'électrique chez nous, je te fais un bon deal. Si tu ne prends pas le machiniste chez moi, tu oublis ton deal”. »

— Une citation de  Yanka Pelletier, chef machiniste

Michel Trudel, lui, nie catégoriquement avoir demandé 35 % du montant des locations de M. Pelletier.

Les tournages publicitaires aussi

Michel TrudelAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Michel Trudel, pdg des Studios Mel's

En publicité, le pourcentage demandé par Michel Trudel est encore plus élevé.

Bertrand Dupuis, un autre chef machiniste, explique : « Tu l'appelles [Michel Trudel], tu dis : “Je veux faire de la pub pis je veux prendre mon stock”. Il dit : “Ça te coûte 50 %” ».

Michel Trudel reconnaît avoir touché 50 % du montant de la location d'équipement en publicité, mais lors d'un seul tournage, celui de... Yanka Pelletier.

« Je n'ai rien demandé, M. Yanka Pelletier me l'a remis lui-même. », se défend le pdg des Studios Mel's.

Pierre Mignot, lui, estime qu'il est temps de crever l'abcès. « Il faut que ça sorte. On en parle de toute façon dans l'industrie. Ça se parle, mais c'est tout le temps en catimini », affirme le directeur photo.

Un reportage de Julie Vaillancourt

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