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Primaires socialistes françaises : dernier débat avant le duel final

François Hollande et Martine Aubry s'affrontent dans un dernier débat télévisé avant le deuxième tour des primaires socialistes.

François Hollande et Martine Aubry s'affrontent dans un dernier débat télévisé avant le deuxième tour des primaires socialistes.

Photo : AFP/Patrick Kovarik

Radio-Canada

Martine Aubry et François Hollande se sont affrontés mercredi soir pour un dernier débat télévisé avant le second tour de la primaire qui désignera le candidat du Parti socialiste (PS) à l'élection présidentielle de 2012.

Pendant une heure et demie sur les ondes de France 2, François Hollande et Martine Aubry ont tenté de se démarquer par leur style, cherchant à afficher des différences de personnalité et de tempérament.

Martine Aubry s'est montrée la plus agressive, insistant sur « l'importance de l'expérience », elle qui fut numéro deux du gouvernement de Lionel Jospin entre 1997 et 2000, alors que François Hollande n'a jamais été ministre.

« On a confiance en moi parce que je suis claire. François Hollande a changé de position sur certains points. Il a le droit, mais il faut que les Français le sachent », a-t-elle mentionné, prônant de nouveau « la gauche forte » et critiquant « la gauche molle ».

Quand j'ai dit que je défendais une gauche forte, personne ne m'a posé la question de savoir si j'étais forte ou pas. Je n'ai pas besoin de m'expliquer ou d'argumenter pour dire que je ne suis pas une gauche molle.

Martine Aubry

Arrivé en tête du premier tour dimanche dernier avec 39,2 % des voix, François Hollande a déjà reçu le soutien de Manuel Valls, de Jean-Michel Baylet et de son ancienne compagne Ségolène Royal. Martine Aubry est arrivée en deuxième position en obtenant 30,4 % des suffrages. Plus de 2,6 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes pour choisir le candidat qui tentera de ravir l'Élysée à Nicolas Sarkozy.

Je ne suis ni dans la gauche molle, ni dans la gauche dure. Je suis dans la gauche solide et sincère.

François Hollande

Des divergences de points de vue sont notamment apparues sur la réduction des déficits, la réforme fiscale, l'aide à la Grèce, le droit de vote des immigrés aux élections locales et les négociations d'adhésion de la Turquie.

Les deux candidats se sont toutefois dits favorables à une séparation des banques de dépôt et des banques d'affaires, reprenant l'idée d'Arnaud Montebourg, qui est arrivé en troisième place au premier tour des primaires. Les deux candidats se sont également mis d'accord sur un retour de l'âge légal de la retraite à 60 ans pour les personnes ayant cotisé pendant 41 ans ou ayant exercé un emploi pénible.

Quant au protectionnisme prôné par Arnaud Montebourg, François Hollande souligne qu'on « peut être pour l'économie ouverte, mais pas pour l'économie offerte. Quand il y a un pays qui ne protège pas nos brevets, ce pays-là ne peut pas venir chez nous ». Martine Aubry parle quant à elle de « juste échange ».

Concernant le retour à l'équilibre des finances publiques, Martine Aubry accuse François Hollande de vouloir aller trop vite, risquant ainsi de « casser la croissance ».

Mme Aubry a également critiqué le contrat de générations proposé par M. Hollande, qui consiste à libérer de charges sociales l'employeur qui embauche un jeune en contrat à durée indéterminée (CDI) tout en gardant un employé plus âgé.

Martine Aubry a appelé les jeunes et les femmes à voter pour elle dimanche prochain. « Préparez votre avenir et votez pour celle qui défend vraiment le changement profond et qui vous fait confiance », a-t-elle lancé aux jeunes, avant d'assurer aux femmes que sa « première mesure sera de faire voter cette loi sur l'égalité salariale hommes/femmes ».

Les deux rivaux ont finalement promis de se soutenir mutuellement après le second tour, peu importe l'issue du vote, qui aura lieu dimanche prochain.

François Hollande et Martine Aubry

François Hollande et Martine Aubry

Photo : AFP / Miguel Medina

Réactions au débat télévisé

« On a assisté ce soir à un laborieux exercice de style dans un climat tendu, arbitré en coulisse par Arnaud Montebourg et Ségolène Royal », a déclaré le secrétaire général adjoint de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), Marc-Philippe Daubresse, par voie de communiqué.

Leur débat aura consisté à se qualifier mutuellement de gauche dure ou molle, forte ou solide, claire ou floue pour donner finalement la même image d'une gauche ringarde.

Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l'UMP

« Le débat s'est perdu entre une gauche molle et une gauche dure, très loin d'une gauche responsable », a affirmé pour sa part la députée de Meurthe-et-Moselle et déléguée générale adjointe de l'UMP, Valérie Rosso-Debord.

De son côté, le premier secrétaire par intérim du PS, Harlem Désir, se dit satisfait du débat.

Je crois que Nicolas Sarkozy a pu trembler devant son téléviseur, ça lui a donné une idée de ce qui l'attend l'an prochain. Il y a deux grands candidats, deux leaders qui sont en mesure de battre la droite l'an prochain, de porter haut les couleurs de la gauche et d'incarner un espoir dans notre pays.

Harlem Désir, secrétaire par intérim du PS

La députée Aurélie Filippetti, qui soutient François Hollande, affirme que « les attaques de Martine Aubry tombaient un peu à l'eau. Cette agressivité légère, mais constante de Martine Aubry n'était pas une bonne politique. Il faut préparer le rassemblement dimanche soir, c'est ça l'essentiel », a-t-elle ajouté sur les ondes de LCI, filiale du groupe TF1.

Le secrétaire national du PS, Bruno Julliard, qui s'est rangé derrière Martine Aubry, estime que cette dernière « a marqué des points importants ce soir ».

« Je l'ai trouvée très offensive et solide sur le fond et je crois que ce sera absolument déterminant parce que les Français attendent quelqu'un en capacité de battre Nicolas Sarkozy, mais aussi quelqu'un qui arrivera à incarner le changement », a-t-il conclu.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, et TF1 News