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  • Exclusif
  • Bas-Saint-Laurent-Gaspésie: les compagnies locales d'asphaltage ont chacune leur territoire

    Des travaux d'asphaltage
    Radio-Canada

    Le rapport Duchesneau soulignait en toutes lettres, il y a quelques semaines, l'absence de concurrence dans le marché de l'asphalte au Québec. Une équipe de l'émission Enquête a épluché toutes les soumissions déposées depuis 2004 dans le Bas-Saint-Laurent-Gaspésie. Sa conclusion : les compagnies locales d'asphalte ont réellement chacune leur territoire.

    Au Québec, les municipalités paient l'entretien de la majorité des routes. Depuis des semaines, des élus municipaux, comme le maire d'Amqui, Gaëtan Ruest, dénoncent l'absence de concurrence lors des appels d'offres pour l'asphaltage.

    « Quand les soumissions sont ouvertes, il y en a une seule sur la table qui est conforme et c'est toujours la même entreprise! », affirme M. Ruest.

    Guy Dupont, ex-maire de Sainte-Irène, dans la Vallée de la Matapédia, va plus loin.

    Est-ce que on peut aller jusqu'à dire qu'il y a collusion?
    Je ne franchirais peut-être pas ce pas-là,
    mais je serais pas loin de le franchir!

    Guy Dupont, ex-maire de Sainte-Irène

    Pour savoir ce qui passe dans ce marché, Enquête a analysé toutes les soumissions reçues depuis 2004 pour des contrats strictement d'asphaltage d'une valeur de plus de 100 000 $ dans quatre MRC de la région.

    Dans Rimouski-Neigette, tous les contrats, sauf un, ont été remportés par Pavages Laurentiens, division de Sintra. Dans la Mitis et la Matapédia, la quasi-totalité a été confiée à Groupe le Chasseur. Dans Matane, Pavages des Monts les a tous raflés.

    La répartition des contrats par MRC dans le Bas-Saint-Laurent

    Selon Richard Janda, spécialiste de la Loi sur la concurrence, nos résultats confirment les craintes des élus. « On a des territoires qui sont très délimités, très secs entre chaque compagnie », explique ce professeur de droit de l'Université McGill. Ça suggère qu'il y a quelque chose qui se passe pour augmenter les prix et pour diviser les territoires. »

    Selon notre compilation, lorsqu'il n'y a qu'un seul soumissionnaire, les municipalités de la région paient jusqu'à 145 $ la tonne métrique pour des travaux d'asphaltage. Dès qu'il y a deux soumissionnaires, les prix commencent à chuter en bas de 130 $ la tonne métrique.

    « On est comme pris en otage », déplore le maire de Sainte-Angèle-de-Mérici, Alain Carrier. « C'est : "tu paies le prix que tu as à payer, puis, si l'année prochaine ça augmente de 5000 $, 10 000 $ ou 15 000 $, bien tu vas payer, point final! »

    Alerté à ce sujet en 2005, le Bureau de la concurrence n'a cependant pas fait enquête.

    D'après un reportage de Julie Vaillancourt

    Société