•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le « cyberbanging » arrive sur la toile

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les membres de gangs criminels ont commencé à envahir les réseaux sociaux au Québec, selon un chercheur de l'Université de Montréal.

Selon David Décary-Hétu, aspirant au doctorat en criminologie à l'Université de Montréal, les gangs se livrent une guerre de vidéos, d'images et de mots sur Internet.

Leurs membres y dévoilent leurs codes, leurs couleurs, leurs drapeaux et leurs exploits. Ils passent un message ou veulent démontrer la force de leur clan. Ils utilisent Internet à des fins criminelles, ce qu'on appelle le « cyberbanging ».

« On peut voir des vidéos où des gens se battent, où ils ont tabassé un gang ennemi. On voit beaucoup de guerres de mots », explique M. Décary-Hétu.

Ce dernier a parcouru le web à la recherche d'éléments incriminants. Sur les réseaux sociaux Facebook, Twitter et MySpace, il en a trouvé des centaines et même plus. Des images venant de partout sur la planète, mais aussi du Québec.

« Ce qu'on se rend compte, c'est que oui, il y en a au Québec. Les gens qu'on a trouvés viennent d'un peu partout et on a n'a pas de données à savoir d'où ils viennent exactement », dit-il.

Les corps policiers, notamment la Sureté du Québec, disent connaître le « cyberbanging », même s'il s'agit d'un phénomène émergent au pays. La SQ confirme aussi avoir identifié quelques cas, sans toutefois donner plus de détails.

À l'École Polytechnique de Montréal, les enquêteurs viennent s'outiller pour faire face aux cybercrimes qui évoluent à la vitesse de l'éclair.

« C'est sûr que c'est une nouvelle forme de criminalité et tous ne sont pas formés pour y faire face », souligne le coordonnateur des certificats en cyberenquête et cyberfraude à l'École Polytechnique de Montréal, Gervais Ouellet.

Les chercheurs développent des techniques leur permettant d'identifier les criminels potentiels qui mettent en ligne ces photos et vidéos.

« Il y a quand même des traces qu'on laisse derrière que ce soit notre adresse IP qui permet de retrouver notre point d'entrée sur Internet », donne en exemple le chargé de cours François Godin.

C'est ce qui pourrait expliquer que même si on ne peut pas prouver que ces images servent à recruter de nouveaux membres, le danger est quand même présent.

« Ça permet de mettre en contact un bassin de criminels avec un bassin de criminels potentiels », croit l'étudiant David Décary-Hétu.

Les luttes virtuelles s'intensifieront-elles au même titre que celles que se livrent les gangs sur le terrain? Le phénomène est si récent que les policiers préfèrent ne pas répondre à la question.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !