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Nouvelles inculpations, cinq ans après le meurtre d'Anna Politkovskaïa

Un portrait d’Anna Politkovskaïa lors d’un rassemblement, le 7 octobre 2010.

Un portrait d’Anna Politkovskaïa lors d’un rassemblement, le 7 octobre 2010.

Photo : AFP / NATALIA KOLESNIKOVA

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les enquêteurs russes annoncent avoir retenu de nouvelles charges contre les suspects dans l'affaire du meurtre d'Anna Politkovskaïa, à l'occasion du cinquième anniversaire de la mort de la journaliste de Novaïa Gazeta, un journal d'opposition. Les enquêteurs n'ont toutefois pas évoqué la piste des commanditaires du meurtre.

La commission d'enquête russe a déclaré avoir officiellement mis en examen Lom-Ali Gaitoukaiev, un Tchétchène accusé d'avoir organisé l'assassinat, et un ancien policier, Sergueï Khadzhikurbanov. De nouvelles accusations ont également été retenues contre le tireur présumé Roustam Makhmoudov et ses frères Djabraïl et Ibraguim.

Selon les enquêteurs, Lom-Ali Gaïtoukaïev a « reçu en juillet 2006, en échange d'une rémunération, l'ordre de tuer la journaliste » de Novaïa Gazeta. C'est dans cette optique qu'il a recruté le policier moscovite Dimitri Pavlioutchenkov, qui a été arrêté fin août, l'ex-policier Sergueï Khadjikourbanov, et les frères tchétchènes Roustam, Djabraïl et Ibraguim Makhmoudov.

Sergueï Khadjikourbanov et les frères Makhmoudov avaient tous été acquittés à l'issue d'un premier procès en 2009. Roustam Makhmoudov, en fuite à l'époque, avait été jugé par contumace. Il a finalement été arrêté en mai.

En 2010, la Cour suprême russe a renvoyé l'affaire au tribunal, et l'enquête a repris avec les mêmes suspects.

Anna Politkovskaïa a été abattue de cinq balles dans l'ascenseur de son immeuble à Moscou le 7 octobre 2006, à l'âge de 48 ans. Cinq ans plus tard, l'affaire n'a toujours pas été élucidée.

« Ceux qui sont soupçonnés d'avoir organisé et commis l'assassinat sont poursuivis. Le commanditaire reste encore inconnu. Mais nous sommes sûrs que, tôt ou tard, tous seront punis. »

— Une citation de  Extrait de la une du journal Novaïa Gazeta

Les proches de la journaliste pensent que son assassinat est lié aux articles qu'elle écrivait, dans lesquels elle dénonçait les atrocités commises par les forces de sécurité contre les civils en Tchétchénie. Le travail de la journaliste déplaisait beaucoup au Kremlin, et des rumeurs sur l'implication du pouvoir dans son meurtre courent toujours.

Lioudmila Alexeeva, ancienne dissidente soviétique et défenseur des droits de l'homme, ne croit pas que les commanditaires du meurtre seront un jour identifiés et punis. Elle croit que les individus au fait de l'affaire, qui se trouvent au sein des « structures de l'État », « ne trahiront jamais l'un des leurs », selon les propos cités par l'agence de presse russe Interfax.

Journaliste et médiatrice

Mme Politkovskaïa avait joué un rôle d'intermédiaire lors de la prise d'otages par des rebelles tchétchènes dans un théâtre de Moscou en 2002. Deux ans plus tard, lors de la prise d'otages dans une école de Beslan, elle n'avait pas été en mesure de rejouer le même rôle, ayant été hospitalisée pour empoisonnement après avoir bu une tasse de thé dans l'avion qui la menait à Beslan. Elle avait d'ailleurs accusé les autorités d'avoir empoisonné le thé.

La journaliste russe a remporté en 2003 le prix du Journalisme et de la Démocratie de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Cette lauréate de la Plume d'or (prix de l'Union des journalistes de Russie) en 2001 a également publié plusieurs livres, dont Voyage en enfer : Journal de Tchétchénie, qui avait eu un large écho lors de sa sortie en France.

Son dernier article publié dans Novaïa Gazeta, intitulé « Entente punitive », évoquait la terreur instaurée par les milices du président tchétchène Ramzan Kadyrov.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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