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Résolution de l'ONU sur la Syrie : le veto sino-russe critiqué par l'opposition, applaudi par Damas

Le conseil de sécurité des Nations unies
Le conseil de sécurité des Nations unies Photo: AFP / SPENCER PLATT
Radio-Canada

Au lendemain de l'échec du Conseil de sécurité des Nations unies à adopter une résolution condamnant le régime syrien de Bachar Al-Assad, Paris et Washington critiquent le veto de la Russie et de la Chine, tandis que le Conseil national syrien parle d'une incitation à la violence.

Mardi, la Russie et la Chine ont opposé leur droit de veto à un projet de résolution condamnant la répression en Syrie. Moscou s'est opposée à « l'approche d'affrontement » qui irait « à l'encontre d'un règlement pacifique de la crise », tandis que Pékin rejette l'« ingérence dans les affaires intérieures » d'un pays.

« La France, avec ses partenaires, a tout tenté pour proposer au Conseil de sécurité un texte fort, mais qui puisse répondre aux préoccupations de tous. Certains ont décidé de mettre leur veto. C'est un triste jour pour le peuple syrien. C'est un triste jour pour le Conseil de Sécurité », a déploré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé.

« Le Conseil de sécurité ne pouvait rester silencieux face à la tragédie syrienne. Il devait s'élever contre un dictateur qui massacre son peuple et cherche à étouffer l'aspiration légitime des Syriens à la démocratie », a ajouté le chef de la diplomatie française.

De son côté, l'ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Susan Rice, a indiqué que « les États-Unis sont furieux du fait que ce Conseil ait complètement échoué » dans sa tentative de traiter « un défi moral urgent et une menace croissante à la paix régionale ».

Paris et Washington ont d'ailleurs promis de continuer de soutenir les aspirations à la liberté et la démocratie du peuple syrien.

Une incitation à la violence, soutient l'opposition syrienne

Le Conseil national syrien (CNS) - principale instance de l'opposition syrienne - soutient que le veto sino-russe encouragera carrément la violence.

« Soutenir Bachar al-Assad dans son projet militariste et fasciste ne va pas encourager le peuple syrien à rester dans la révolution pacifique », a déclaré dans un entretien à l'AFP le président du CNS, Burhan Ghalioun. « [Les Russes] encouragent vraiment la violence », a ajouté l'universitaire syrien.

Moscou accueillera des représentants de l'opposition syrienne

En dépit de son veto, la Russie entend accueillir des représentants de l'opposition syrienne au cours des prochaines semaines.

« En octobre, nous avons l'intention de recevoir à Moscou deux délégations de l'opposition syrienne : l'une représentant l'aile intérieure de l'opposition basée à Damas, et la seconde représentant l'opposition qui a créé un conseil national à Istanbul », a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères russes, Alexandre Loukachevitch.

Une journée « historique », affirme Damas

Sans surprise, le régime de Bachar Al-Assad s'est réjoui du veto sino-russe, évoquant « une journée historique, car la Russie et la Chine, en tant que nations, se sont placées aux côtés des peuples et contre les injustices », a affirmé mercredi à l'AFP Bouthaina Chaabane, conseillère politique du président Bachar al-Assad.

« J'estime que la Russie et la Chine [...], en opposant leur veto, se sont placées aux côtés du peuple syrien et nous ont donné le temps de mener à bien les réformes afin d'aboutir au pluralisme politique sans que, je l'espère, nous ayons à endurer les souffrances subies par l'Irak, la Libye, le Pakistan ou l'Afghanistan », a-t-elle ajouté.

« Je pressens que l'avenir est du côté de la Russie, de la Chine et de l'Est. J'en suis heureuse, car nous en avons assez de la colonisation et de l'hégémonie de l'Occident », a-t-elle soutenu.

Selon l'ONU, la répression en Syrie a fait plus de 2700 morts depuis la mi-mars. Mardi, 11 nouvelles victimes ont été recensées, dont 6 à Homs et 2 dans le nord-ouest du pays, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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