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L'histoire du Québec est trop peu enseignée, défend une étude

Éric Bédard

Éric Bédard

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'histoire nationale du Québec est négligée par le milieu universitaire, selon une étude effectuée par l'historien Éric Bédard avec l'aide de Myriam d'Arcy, dévoilée à la Fondation Lionel Groulx en présence de son président Claude Béland.

Les auteurs dénoncent la tangente pédagogique amorcée en 1994 par le milieu de l'éducation québécois qui fait en sorte que les enseignants reçoivent selon eux une formation insuffisante sur l'histoire québécoise.

Ainsi, les enseignants qui dispensent le cours « Histoire et éducation à la citoyenneté » de secondaire trois et quatre, n'auront suivi, en moyenne, que trois cours d'histoire du Québec.

Les auteurs montrent du doigt les programmes d'enseignement secondaire qui mettent l'accent davantage sur la pédagogie et la didactique que sur les disciplines enseignées. Ils soulignent que les quelques cours sur l'histoire du Québec des futurs maîtres sont dilués au sein d'un cursus de 4 ans de cours de baccalauréat.

« Ça date de 1994, et péquistes et libéraux ont été complètement subjugués par le lobby pédagogiste qui a imposé son agenda et sa réforme, déplore M. Bédard. Et, malheureusement, je crois que ce sont nos futurs maîtres qui en pâtissent. J'ai d'ailleurs des étudiants qui se plaignent de la situation, ils trouvent qu'ils ont de grosses carences dans leurs disciplines ».

« Comment voulez-vous que ce soit des enseignants enthousiastes qui maîtrisent bien leurs matières si on ne leur donne pas les outils pour bien l'enseigner. »

— Une citation de  Éric Bédard

La Coalition pour l'histoire au Québec, dont fait partie la Fondation Lionel-Groulx, recommande que le volet disciplinaire du programme de formation pour les futurs enseignants du secondaire soit sérieusement rehaussé. Elle recommande également le retour du certificat d'un an consacré à la pédagogie et aux stages de formation dans les écoles.

Les lacunes des départements d'histoire

Éric Bédard estime que le mal est plus profond et qu'il provient des lacunes des départements d'histoire des universités francophones. « L'offre de cours des départements d'histoire québécois néglige les grands événements de notre histoire nationale, poursuit M. Bédard. Par exemple, nos départements francophones ne disposent d'aucun spécialiste de la guerre de la Conquête, des Rébellions de 1837 ou de l'histoire constitutionnelle du Québec. »

Exception faite de l'UQAM, aucune université francophone n'offre de cours spécifique sur la conquête, les rébellions, les conscriptions ou à la Révolution tranquille, explique M. Bédard. « Nous n'avons aucun spécialiste dans nos universités francophones au Québec sur les rébellions, qui peut diriger des thèses et des mémoires. Alors qu'on a une journée nationale des patriotes au Québec, si on veut faire une maîtrise ou un doctorat sur les rébellions, on doit aller soit à McGill soit à Bishop. »

M. Bédard se défend de vouloir enseigner une histoire militante aux jeunes Québécois. « Il ne s'agit pas d'une histoire militante, explique-t-il. Il s'agit d'en connaître davantage avec les archives, en collaboration avec nos collègues du monde entier, parce que les rébellions du Bas-Canada ce n'est pas un phénomène uniquement local. La guerre de Sept Ans, ce n'est pas une petite guerre qui se produit uniquement ici. »

« [L'objectif], c'est de mettre tout ça en perspective avec des chercheurs du monde entier qui s'intéressent à ces questions-là et qui peuvent faire progresser nos connaissances. »

— Une citation de  Éric Bédard

Les auteurs de l'étude recommandent également que les postulants au certificat en pédagogie pour l'enseignement de l'histoire au secondaire aient suivi au moins 20 cours d'histoire à l'université, dont au moins 10 sur l'histoire du Québec et/ou du Canada. Ils estiment que les enseignants en histoire au collégial devraient détenir une maîtrise en histoire et que ceux qui enseignent l'histoire du Québec ou du Canada détiennent une maîtrise sur ce sujet spécifique.

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