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Lafrenière croit qu'une enquête publique nuirait aux enquêtes policières

Robert Lafrenière

Robert Lafrenière

Radio-Canada

Le commissaire de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière, n'est pas en faveur de la tenue d'une enquête publique sur l'industrie de la construction, une position qui a suscité un concert de critiques (Nouvelle fenêtre) du côté des partis d'opposition.

Rencontrant les médias pour faire le bilan des opérations en cours, lundi, M. Lafrenière a cependant soutenu que la décision relevait du gouvernement.

C'est au gouvernement à décider s'il y a une commission d'enquête ou pas. Maintenant, quand je le regarde uniquement de la lorgnette du commissaire, ça pourrait définitivement affecter nos enquêtes en cours.

Robert Lafrenière

Un témoin assigné à huis clos par la commission pourrait savoir « qu'il est ciblé », ce qui ouvrirait la porte à la destruction de preuves, a avancé le commissaire Lafrenière. Selon lui, les « leviers » des enquêteurs pour convaincre des gens du milieu de fournir des informations à titre de délateurs seraient « sûrement affectés » s'ils étaient auparavant appelés à témoigner devant une commission d'enquête.

Le gouvernement Charest martèle lui aussi depuis des mois qu'il faut laisser les enquêtes policières suivre leur cours et laisser le temps aux enquêteurs de faire leur travail, lequel est largement encadré par l'UPAC.

Interrogé sur une éventuelle enquête sur les contrats de construction accordés par Hydro-Québec, M. Lafrenière a répondu que cela faisait partie « des analyses en cours ».

Lafrenière aura une « franche discussion » avec Duchesneau

Dès la première minute du point de presse, Robert Lafrenière a commenté des propos récents de Jacques Duchesneau, qui dirige l'Unité anticollusion (UAC), laquelle relève de l'UPAC.

J'aurai très bientôt une franche discussion avec Jacques Duchesneau sur ses récentes déclarations et sur son avenir au sein de l'UPAC.

Robert Lafrenière

M. Lafrenière a ajouté qu'il n'avait pas l'intention de laisser quelqu'un dénigrer le travail des hommes et des femmes qui travaillent avec lui.

Jacques Duchesneau en commission parlementaire à Québec

Jacques Duchesneau montre la taille approximative du problème de collusion au Québec.

Photo : La Presse canadienne / presse canadienne

La semaine dernière, M. Duchesneau, partisan d'une commission d'enquête publique à huis clos, s'est montré peu enthousiaste quant au travail de l'UPAC pour décortiquer la collusion dans l'industrie de la construction et a remis en question sa stratégie de fonctionnement.

En entrevue au journal La Presse, il a laissé entendre qu'elle ne devrait pas être dirigée par un ex-policier mais plutôt par un juge à la retraite, comme ce fut le cas avec la commission fédérale sur les commandites, présidée par le juge John Gomery.

Robert Lafrenière a par ailleurs expliqué qu'il n'avait pas commenté le rapport accablant de M. Duchesneau parce que le document était destiné au ministère des Transports. Dans son rapport, l'équipe de Jacques Duchesneau concluait notamment qu'un grand nombre d'entreprises québécoises du domaine de la construction entretenaient des liens avec des organisations criminelles, notamment la mafia.

L'opposition met en doute l'indépendance du commissaire

Robert Lafrenière s'est présenté en « Don Quichotte [...] pour soutenir la ligne politique du gouvernement », a déploré le porte-parole du Parti québécois en matière de sécurité publique, Stéphane Bergeron. Qualifiant de « préoccupant » le discours tenu par M. Lafrenière, il a rappelé que la tenue de la Commission Gomery ou de la Commission d'enquête sur le crime organisé (CECO) n'avaient pas empêché la condamnation d'accusés.

La députée adéquiste Sylvie Roy a estimé que Robert Lafrenière servait de relationniste et de bouclier pour le compte du gouvernement. « Il devrait plutôt se concentrer sur les enquêtes au lieu de venir nous dire son opinion sur ce que le gouvernement devrait faire », a-t-elle déclaré.

« C'est sûr qu'une intervention comme celle-là, c'est du bonbon pour M. Charest », a pour sa part ironisé la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, en entrevue téléphonique avec la Presse canadienne. « M. Lafrenière en parle-t-il parce que lui trouve ça important de le dire et qu'à ses yeux à lui, c'est précieux? C'est bien possible. Est-ce qu'il sait qu'il rend service à M. Charest? Sans aucun doute. »

Bilan du travail de l'UPAQ

Six mois après sa nomination, Robert Lafrenière a également fait le point sur le travail des unités faisant partie de l'UPAQ, conformément à ce qu'exige son mandat.

Quelques points saillants :

Unité Marteau :
- Rencontre de 623 témoins considérés comme importants
- Exécution de 142 mandats ou ordonnances
- 17 personnes ont été accusées et 68 chefs d'accusation ont été déposés
- 8 dossiers sont actuellement devant les tribunaux
- 698 appels à la ligne témoin 1-888-444-1701

UAC :
- Dépôt du rapport de l'Unité anticollusion au ministère des Transports
- Rencontre de 500 personnes
- 45 recommandations pour prévenir la collusion dans l'octroi de contrats publics
- 17 informations confiées à l'escouade Marteau

Unité autonome de vérification de Commission de la construction du Québec :
- L'an dernier, 2400 vérifications aux livres des employeurs ont permis de réclamer 22 millions de dollars.
- 10 000 dossiers pénaux ont été acheminés au Bureau des infractions et amendes du ministère de la Justice; 80 % des dossiers se sont soldés par une décision de culpabilité

Robert Lafrenière

Le 16 mars 2011, Robert Lafrenière a été nommé, pour un mandat de cinq ans, à la tête de l'UPAC, qui coordonne les actions de ressources provenant de différentes unités d'enquête ou de vérification.

De 1972 à 2003, M. Lafrenière a travaillé à la Sûreté du Québec de 1972 à 2003. Il a ensuite été consultant en mesures d'urgence et sécurité et professeur au Département des techniques auxiliaires de la justice au Collège Maisonneuve de 2003 à 2007, avant d'être nommé sous-ministre à la Sécurité publique.

Dirigée par M. Duchesneau, l'UAC relève de l'unité de M. Lafrenière depius septembre dernier.

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