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« Les PPP, ça sauve la fraude » - Monique Jérôme-Forget

Monique Jérôme-Forget

Monique Jérôme-Forget

Radio-Canada

L'ancienne ministre responsable des Infrastructures soutient que les firmes de génie-conseil ont fait un « gros lobby » auprès du gouvernement Charest et l'ont convaincu d'arrêter de faire des partenariats public-privé (PPP).

« Pourquoi pensez-vous que toutes les firmes étaient contre moi? Et qu'elles se sont arrangées pour convaincre le gouvernement que ce n'était pas bon? Elles savaient qu'avec ça [les PPP], tu ne peux pas frauder », a affirmé Monique Jérôme-Forget au quotidien Le Devoir.

« Les PPP, ça sauve la fraude. Et les dépassements de coûts. Ce qui fait que les ingénieurs n'aiment pas ça », soutient-elle.

Mme Jérôme-Forget a notamment été présidente du Conseil du Trésor et ministre responsable de l'Administration gouvernementale dans le cabinet Charest de 2003 à 2008, ministre des Finances de 2007 à 2009, et ministre responsable des Infrastructures de décembre 2008 au 8 avril 2009, date de sa démission, quelques mois après sa réélection.

De l'avis de Mme Jérôme-Forget, les PPP entraînent une concurrence accrue et impliquent trop d'intervenants pour permettre la fraude. « Tout se sait, tout se suit, il y a des témoins dans tout. »

De plus, le fait que le financement soit privé « signifie que les firmes qui réalisent le projet [...] sont responsables [et] vont surveiller leur affaire ». Aussi, avec les PPP, « impossible d'aller chercher des extras », soutient l'ancienne ministre, aujourd'hui conseillère au cabinet d'avocats Osler, Hoskin & Harcourt, à Montréal.

La mode des PPP

Peu de temps après l'élection des libéraux, en avril 2003, Québec a mis sur pied l'Agence des partenariats publics-privés. Rapidement, cette nouvelle structure a suscité des débats sur les rapports entre l'État et le privé et créé la controverse, notamment dans les dossiers du CHUM et du CUSM à Montréal.

À l'automne 2009, quelques mois après la démission de Mme Jérôme-Forget, le gouvernement Charest a mis fin à cet organisme controversé pour en créer un nouveau : Infrastructure Québec. Son mandat est d'encadrer la planification et la réalisation des grands travaux publics d'une valeur de plus de 40 millions de dollars réalisés en mode conventionnel ou en mode public-privé, lequel ne doit représenter qu'environ 10 %.

Avec les informations de Le Devoir

Politique