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Gaz de schiste : l'invitation de Lucien Bouchard suscite réserves et opposition

Puits de gaz de schiste
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président du collectif Maître chez nous - 21e siècle (MCN21), Daniel Breton, s'oppose farouchement à l'éventuelle participation du gouvernement provincial dans le développement de l'industrie du gaz de schiste encouragée par Lucien Bouchard.

À la tête de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), M. Bouchard a incité vendredi la province à investir dans le développement des gaz naturels en général, plus particulièrement dans celui du gaz de schiste en vue de détenir « une participation directe dans les profits ».

En entrevue samedi à RDI, M. Breton a estimé que l'ancien premier ministre péquiste faisait preuve d'un manque de cohérence. « C'est lui-même qui disait il y a quelques mois : "Ce n'est pas le rôle du gouvernement de prendre des risques dans des entreprises dans des domaines comme l'énergie." [...] Il se retourne quelque mois plus tard, et il dit : "Il faudrait que le gouvernement investisse dans des entreprises de gaz de schiste qui appartiennent en majeure partie à des étrangers." Pour moi, ça n'a aucun sens », a fait valoir l'environnementaliste.

M. Breton a en outre réitéré son désaccord avec le développement du gaz de schiste au Québec. Il soutient que la rentabilité de la filière est loin d'avoir été démontrée, et rappelle que le New York Times a fait paraître en juin dernier un dossier citant un analyste qui compare les opérations de l'industrie à des « schémas de Ponzi ».

Le président de MCN21 juge que le gouvernement Charest a cédé au privé l'énergie du Québec sans le consentement de la population et qu'il faut corriger la situation.

« Reprenons le contrôle de notre énergie et après ça, on fera le débat. Et si le gouvernement libéral et M. Bouchard veulent faire la promotion de la privatisation de notre énergie, ils iront le faire en élections. Mais ça prend un mandat pour ça. Ils n'ont pas la légitimité, ils n'ont pas ce mandat-là. »

— Une citation de  Daniel Breton, président de Maîtres chez nous - 21e siècle

L'intérêt pour le gaz de schiste en déclin, selon l'AQLPA

Le président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), André Bélisle, ne croit pas que non plus que Québec a intérêt à investir dans l'exploitation du gaz de schiste.

Selon M. Bélisle, la sortie de M. Bouchard est liée « au fait que les compagnies gazières ont perdu beaucoup, beaucoup, de leur valeur ». Selon lui, l'intérêt pour l'exploitation du gaz de schiste a décliné « parce qu'il y a maintenant une telle quantité de gaz en Amérique du Nord que ça ne vaut plus vraiment la peine [d'investir] ».

L'écologiste voit aussi une contradiction dans l'idée que le gouvernement pourrait avoir intérêt à investir dans le développement du gaz de schiste alors qu'il a récemment investi 650 millions de dollars dans la production de biométhane. « C'est sûr que le gaz de schiste viendrait nuire à ces investissements-là », pense-t-il.

M. Bélisle estime que le faible niveau du prix du gaz en ce moment risque plus certainement de faire encourir des déficits à la province que de lui permettre de générer des profits. « Et on n'a pas encore parlé de l'environnement! », lance-t-il.

« Les questions par rapport au réchauffement planétaire demeurent des priorités et le virage vers les combustibles fossiles ne fait qu'accentuer ce problème-là. »

— Une citation de  André Bélisle, président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique

La FQM parle d'une proposition précipitée

Le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Bernard Généreux, considère pour sa part que la proposition de Lucien Bouchard est précipitée, alors que l'industrie n'a toujours pas accepté de rencontrer les élus des localités concernées par les forages.

« On souhaite parler à l'industrie, mais l'industrie ne semble pas vouloir nous voir - au moment où l'on se parle - tout en ouvrant sur des recommandations qui mettent à contribution l'argent public », explique M. Généreux.

Le PQ examinera la proposition

Enfin, en ouverture du conseil national du Parti québécois à Drummondville, le député Sylvain Gaudreault a estimé que la proposition de l'ancien leader souverainiste mérite d'être examinée.

Il juge par ailleurs qu'elle vient confirmer que le gouvernement libéral a été trop vite dans ce dossier, escamotant des réflexions nécessaires sur le sort à réserver au gaz de schiste.

Khadir indigné

De son côté, le député de Québec solidaire Amir Khadir estime que l'invitation de Lucien Bouchard est la preuve que l'industrie du gaz de schiste se prend pour le « propriétaire du sous-sol québécois ».

Le député de Mercier a souligné que les ressources naturelles de la province appartiennent à la population et qu'il revient au gouvernement de voir à leur développement, bien avant l'industrie.

Selon M. Khadir, l'Association pétrolière et gazière du Québec suggère de brader les fonds publics en même temps que les ressources du Québec et veut que le gouvernement investisse dans les entreprises après leur avoir cédé le sous-sol québécois « pour rien ».

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