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Mafia et construction : élus et citoyens appuient la mairesse Rouleau

La mairesse de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau.

La mairesse de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La mairesse de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, a reçu le soutien d'élus et de citoyens au lendemain du témoignage-choc qu'elle a livré à Radio-Canada.

Dans une entrevue diffusée jeudi, Mme Rouleau a avoué son impuissance à empêcher des entreprises ayant des liens avec le crime organisé de remporter des soumissions publiques pour des contrats publics de construction.

La chef du parti Vision Montréal, Louise Harel, partage l'indignation de la mairesse. « Chantale Rouleau fait partie de mon équipe. [...] Nous en parlons très souvent. Je crois que c'est la dixième fois que nous présentons à l'assemblée du conseil de ville de Montréal une motion pour demander, réclamer une commission d'enquête publique quant aux liens du monde municipal avec l'industrie de la construction », fait-elle valoir.

Le chef du parti Projet Montréal, Richard Bergeron, salue quant à lui le courage de Mme Rouleau. « Elle a mis sur la table son désarroi, qui est notre désarroi à nous tous, les élus, mais elle est plus directement concernée en tant que mairesse d'un arrondissement où il y a beaucoup de développement », dit-il.

Les deux élus de Montréal ont profité de l'occasion pour réitérer leur demande pour la tenue d'une commission d'enquête publique sur l'industrie de la construction.

Le maire de Québec a pour sa part exprimé de l'inquiétude et de la compassion. Chantale Rouleau « connaît la réputation de la compagnie, puis elle doit accepter de lui donner un contrat. C'est terrible comme sentiment, et je vous le dis, on n'est pas à l'abri de ça », affirme Régis Labeaume.

Le public reconnaissant

Le cri du coeur de Mme Rouleau lui a en outre valu « des centaines de courriels » d'appui, des témoignages qui, dit-elle, sont « extrêmement réconfortants » dans les circonstances. Des témoignages recueillis dans son arrondissement montrent que ses électeurs approuvent sa démarche.

« Extraordinaire! J'espère qu'il y a beaucoup d'autres élus qui vont oser faire ce qu'elle a fait. Je lève mon chapeau devant elle. Elle mérite des félicitations », a lancé un homme interrogé par Radio-Canada. « Moi, je suis pour les choses qui marchent droit. Il est temps qu'on fasse du ménage là-dedans. Je l'encourage et je la soutiens », a renchéri une citoyenne.

Plusieurs résidents de cet arrondissement du nord-est du Montréal soulignent en outre qu'il est temps que Québec « mette ses culottes » et déclenche une commission d'enquête publique pour faire toute la lumière sur les liens qu'entretient le crime organisé avec l'industrie de la construction.

Mis au courant de la sortie publique de la mairesse, le premier ministre Jean Charest a fait ce commentaire : « Les maires, ceux qui sont dans des positions où ils ont une information, ont la responsabilité de transmettre cette information-là à l'UPAC [Unité permanente anticorruption], à ceux qui ont le devoir d'enquêter là-dessus pour qu'ils puissent agir. C'est ce que nous voulons. Nous voulons que les gens agissent. »

Chantal Rouleau doit d'ailleurs rencontrer d'ici peu des enquêteurs de l'escouade Marteau. Elle réclame elle aussi une commission d'enquête publique, ce à quoi Jean Charest s'est toujours opposé.

« À travers toute la Ville de Montréal, ça se voit, ça se sent. On ne peut pas dire de nom, on a des présomptions, mais là, il faut que la police fasse ses enquêtes. On a besoin de l'enquête publique. Il faut absolument l'enquête publique sur la construction. C'est nécessaire. Sinon, c'est le Québec qui s'en va à la faillite », estime Mme Rouleau.

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