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Le président birman suspend un projet de barrage, évoquant « la volonté du peuple »

Le président birman Thein Sein (archives)

Le président birman Thein Sein (archives)

Photo : La Presse canadienne / AP/Khin Maung Win

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président birman Thein Sein a annoncé vendredi que le projet de barrage Myitsone, dans l'État kachin, a été suspendu jusqu'à la fin du mandat du gouvernement, en raison de pressions populaires.

« Le président a décidé d'arrêter le projet de barrage parce que le gouvernement est élu par le peuple et le gouvernement doit respecter la volonté du peuple », a-t-il déclaré aux parlementaires réunis dans la capitale, Naypidaw.

Ces propos ont de quoi surprendre, le gouvernement birman demeurant sous la botte de l'armée, qui dirige le pays de facto depuis près de 40 ans sans le moindre égard pour la volonté populaire.

« C'est très bien de leur part d'écouter la voix du peuple », a commenté la figure de proue du mouvement prodémocratique birman, Aung San Suu Kyi. « Je salue cela ».

Plus tôt cette semaine, le ministre de l'Électricité avait assuré dans les médias officiels que le projet de 3,6 milliards de dollars serait maintenu malgré les protestations.

Le projet, avancé par la junte militaire en 2006, devait être mené par Asia World Company, une entreprise liée à l'armée, et China Power Investment Corp. Environ 90 % de l'électricité que devait produire le barrage était destinée à la Chine.

Le projet était contesté par Aung San Suu Kyi, le peuple kachin ainsi que par des groupes environnementalistes.

Le fleuve Irrawady, dans l'État kachin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le fleuve Irrawady, dans l'État kachin.

Photo : La Presse canadienne / AP/Khin Maung Win

Les opposants déploraient notamment que plus de 10 000 personnes d'une soixantaine de villages seraient déplacées par le projet. Le réservoir du barrage devait inonder pas moins de 766 kilomètres carrés dans une région peuplée de Kachins.

De violents combats entre l'armée birmane et des milices indépendantistes kachins ont d'ailleurs eu lieu au cours des derniers mois dans la région.

Le barrage aurait été construit à l'endroit où les rivières Mali et Nmai se rencontrent pour former le fleuve Irrawady, qui traverse une bonne partie du pays de 50 millions de personnes avant de se jeter dans la mer d'Andaman.

« C'est quelque chose qui nous inquiète tous parce que l'Irrawady est très important pour le pays entier, économiquement, géographiquement, écologiquement et émotionnellement », avait récemment déclaré Aung San Suu Kyi à l'AFP.

L'annonce du président Thein Sein est perçue comme le plus récent signe d'une volonté d'ouverture qui semble s'esquisser depuis que l'armée a « transmis » le pouvoir à un gouvernement civil en mars dernier.

Aung San Suu Kyi a notamment été autorisée à faire une tournée politique dans le pays. La lauréate du prix Nobel de la paix 1991 a aussi rencontré le président en août et s'est entretenue avec un ministre du gouvernement pour une troisième fois vendredi.

Mme Suu Kyi juge ces avancées « positives », tout en demeurant prudente sur la capacité du pouvoir à aller jusqu'au bout d'un processus de démocratisation.

Aung San Suu Kyi a rencontré vendredi le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Aung Kyi.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Aung San Suu Kyi a rencontré vendredi le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Aung Kyi.

Photo : La Presse canadienne / AP/Khin Maung Win

Les élections qui ont mené à la formation de ce gouvernement ont été vertement critiquées par les Occidentaux, qui n'y ont vu qu'une nouvelle façade pour la junte militaire.

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