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Économiser des milliards en s'attaquant aux sources de la pauvreté

Un toit sur la tête

Un toit sur la tête

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral pourrait économiser des milliards de dollars en s'attaquant aux sources mêmes de la pauvreté, croit le Conseil national du bien-être social.

Dans son rapport, l'organisme consultatif exhorte Ottawa à adopter une approche à long terme axée sur l'investissement afin d'éradiquer la pauvreté, plutôt que d'opter pour une stratégie de dépenses à court terme dans le cadre d'un programme gouvernemental.

Selon les calculs de l'organisme, le coût de la pauvreté pour le trésor public se chiffre facilement à 25 milliards de dollars par année, et il va en augmentant, tandis que le taux de pauvreté, lui, ne recule pas.

Les auteurs du rapport avancent que les coûts et les conséquences de la pauvreté sont bien plus importants que les dépenses directes engagées dans le cadre de programmes sociaux. À leur avis, les coûts totaux de la pauvreté peuvent être calculés lorsque les coûts indirects et sociaux sont pris en compte.

Selon le sénateur progressiste-conservateur Hugh Segal, engagé depuis longtemps dans la lutte contre la pauvreté, le Conseil national du bien-être social a été en mesure d'examiner les coûts de la pauvreté d'une manière différente de celles des ministères fédéraux.

Le sénateur a expliqué que ces ministères examinent les programmes de lutte à la pauvreté suivant une analyse « coûts-bénéfices », tandis que le Conseil national du bien-être social prend en compte les coûts associés à l'inaction.

M. Segal a précisé que ce rapport comportait des chiffres précis pour lier la pauvreté aux coûts de la productivité, des soins de santé et du système judiciaire. « Il s'agit d'une excellente façon d'encourager le débat public et les discussions », a ajouté l'ancien conseiller de Brian Mulroney.

Une approche préventive et axée sur le long terme pourrait mener à des économies considérables dans les fonds publics alloués aux soins de santé d'urgence, aux prisons, aux refuges et autres services sociaux destinés à tenter de cacher la pauvreté, avance-t-on dans le rapport.

Le hic, c'est qu'une telle refonte du soutien social nécessiterait d'importantes dépenses initiales.

Le document souligne par ailleurs que les communautés réaliseraient des économies si elles modifiaient leur stratégie de lutte contre la pauvreté.

Un sans-abri de Calgary, par exemple, peut « coûter » jusqu'à 42 000 $ par année à un refuge pour itinérants. Interner cette même personne en prison ou dans un institut psychiatrique en coûterait environ 120 000 $, tandis que les frais de services sociaux et de logement avec services de soutien offerts à ce citoyen se limiteraient entre 13 000 et 18 000 $, illustre-t-on dans le rapport.

Environ 20 % des dépenses de soins de santé sont attribuées à des facteurs socio-économiques comme le revenu, soutient le conseil, basant ses propos sur une étude de l'Agence de la santé publique du Canada.

« Les secteurs où les Canadiens paient le plus sont aussi ceux qui sont le moins productifs, alors qu'on essaie de résoudre des problèmes liés à l'injustice, l'insécurité et la pauvreté - des phénomènes qui peuvent être enrayés », fait-on valoir dans le document.

Le conseil reconnaît que les autres citoyens et les autres services offerts pourraient en souffrir si les dépenses pour les plus démunis étaient accrues. L'organisme estime toutefois que la réduction de la pauvreté serait au final bénéfique à l'ensemble de la société, pas seulement aux pauvres eux-mêmes.

L'engorgement des hôpitaux s'en trouverait réduit, plaide-t-on dans le document. L'alphabétisme et les acquis numériques seraient plus répandus au sein de la population canadienne, ce dont l'économie profiterait, et une main-d'oeuvre en santé réduirait de façon notoire les coûts des entreprises liés à l'absentéisme, fait valoir le conseil.

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