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Wangari Maathai, Prix Nobel de la paix, n'est plus

Wangari Maathai

Wangari Maathai

Photo : AFP / OLIVIER MORIN

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Wangari Maathai, la première femme africaine à avoir reçu le prix Nobel de la paix, a succombé à un cancer à l'âge de 71 ans, a annoncé lundi son association de défense de l'environnement.

Le prix Nobel de la paix avait été décerné à Wangari Maathai en 2004 pour son action au Kenya, combinant l'action sociale et la défense de l'environnement, avec son association Green Belt Movement (mouvement de la ceinture verte), qui a permis au cours de ces 30 dernières années de faire planter près de 30 millions d'arbres par des femmes défavorisées.

Edward Wageni, le directeur adjoint de l'association, a annoncé que Wangari Maathai était morte samedi soir tard à l'hôpital de Nairobi. Elle avait été hospitalisée à de multiples reprises depuis le début de l'année.

En choisissant Wangari Maathai, le comité Nobel avait souligné qu'elle avait affronté l'ancien gouvernement kenyan et que sa « forme originale d'action avait contribué à attirer l'attention sur l'oppression politique » dans son pays.

Dans son discours, cette femme dynamique avait expliqué avoir puisé son inspiration dans son enfance en brousse : elle avait vu les forêts détruites pour être remplacées par des implantations commerciales, qui détruisaient la biodiversité et la capacité des forêts à préserver l'eau.

Bien que les campagnes de plantations de Green Belt n'aient eu à l'origine aucun but politique, Wangari Maathai jugeait qu'il était évident qu'une gestion responsable de l'environnement était impossible sans démocratie.

« De ce fait, l'arbre est devenu un symbole de la lutte pour la démocratie au Kenya. Les citoyens se sont mobilisés pour dénoncer les abus de pouvoir, la corruption et la mauvaise gestion environnementale », analysait Mme Maathai.

Première femme à obtenir un doctorat en Afrique de l'Est, en 1971, à l'université de Nairobi, Wangari Maathai a été professeur au département d'anatomie vétérinaire et députée au Parlement. Elle est également diplômée du collège Mount Saint-Cholastica d'Atchison (Kansas) et de l'université de Pittsburgh.

Après avoir fondé son association en 1977, elle a été la première à croire dans la plantation d'arbres à grande échelle alors qu'elle était présidente du Conseil national des femmes dans les années 80.

Un combat qui lui a valu l'hostilité de l'élite kenyane, et au moins trois agressions physiques. Elle avait notamment été passée à tabac par la police alors qu'elle observait une grève de la faim en 1992. L'ancien président kenyan Daniel arap Moi l'avait traitée de « folle », jugeant qu'elle constituait une menace pour la sécurité du pays.

Le Green Belt Movement a rendu hommage à sa fondatrice, estimant que sa mort était une grande perte pour tous ceux qui « admiraient sa détermination pour rendre le monde plus pacifique, plus sain et meilleur ».

Les hommages ont afflué, à commencer par l'archevêque Desmond Tutu, saluant en elle une « véritable héroïne africaine ». Le premier ministre kenyan Raila Odinga a souligné que sa mort « frappe notre pays au coeur ». « Je m'associe aux Kenyans et aux amis du Kenya pour rendre hommage à cette héroïne de nos combats nationaux, a-t-il lancé. Le professeur Maathai vient de partir alors que les causes pour lesquelles elle s'est battue commencent enfin à attirer l'attention qu'elles méritent, des menaces à la survie de l'espèce humaine et de notre planète ».

Elle a ainsi inspiré le projet pour les arbres du programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE), lancé en 2006. À ce jour, plus de 11 milliards d'arbres ont été plantés. « Wangari Maathai était une force de la nature », a déclaré Achim Steiner, directeur général du PNUE.

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