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Hamilton a appris à se taire

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il fut un temps où le public se plaignait du manque d'éclat des courses. Les temps ont changé, et le public aujourd'hui se plaint des écarts de conduite. Autre temps, autres moeurs.

On peut monter en épingle les écarts de conduite de Lewis Hamilton, qui a fait les manchettes en 2011 plus pour ses mauvais coups que pour ses bons coups.

Mais à partir du moment où l'on accepte un des principes de base de la course automobile qu'il faut se battre pour gagner des positions, on ne peut pas condamner unilatéralement le pilote britannique.

Au Grand Prix de Singapour, Hamilton est passé cinq fois par les puits et a écopé d'une pénalité. Mais il a quand même fini 5e pour offrir 10 points à son équipe. Sur un circuit urbain comme celui de Singapour, c'est une performance.

hamiltonsingapourAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lewis Hamilton à Singapour

Photo : AFP / Prakash Singh

Hamilton a été au coeur de la retransmission télévisée en raison de ses dépassements et de sa remontée. Si les cotes d'écoute de cette course sont bonnes, c'est grâce à Hamilton, et ce n'est pas Bernie Ecclestone qui lui lancera la pierre.

Vous pouvez me répondre qu'il y a le résultat, et il y a la manière. Dans le cas qui nous occupe, il y a eu d'abord un incident en piste et ensuite un incident « diplomatique » hors piste.

Parlons de l'accrochage avec Felipe Massa au 12e tour.

C'est clair que Hamilton a été trop optimiste. Il a compris qu'il arrivait trop vite et n'a pas eu le temps de freiner pour se replacer dans la trajectoire derrière la Ferrari. Contact : aileron cassé pour Hamilton et pneu crevé pour Massa.

Savoir réagir en une fraction de seconde, c'est le travail des pilotes de F1. C'est pour cela qu'ils sont payés (cher).

Il s'agissait d'un accrochage, comme celui entre Michael Schumacher et Sergio Perez au 30e tour. Même erreur de jugement du pilote attaquant. Schumacher, lui aussi dans le collimateur des commissaires, a reçu une réprimande.

L' accrochage provoqué par Hamilton a bouleversé la course de Massa, qui roulait en 4e place. Le Brésilien a profité de la sortie de la voiture de sécurité pour revenir dans le peloton, et il s'est ensuite battu pour entrer dans le top 10. Il a fini 9e.

De son côté, Hamilton a écopé d'une pénalité pour un accrochage qui aurait pu être évité. Ainsi en ont décidé les commissaires.

Il est reparti du 15e rang, le couteau entre les dents. Il a dépassé successivement Kamui Kobayashi, Felipe Massa (encore), Rubens Barrichello, Adrian Sutil, Nico Rosberg et Paul Di Resta pour finir 5e.

Ce qui explique largement pourquoi son patron l'a défendu.

« Il a encore des choses à améliorer pour devenir un meilleur pilote, mais personne n'est parfait, a dit Martin Withmarsh. Quand l'équipe vous dit que vous êtes 18e, sur un circuit comme celui de Singapour, c'est très frustrant. Alors, avec cet état d'esprit en tête, ce qu'a fait Lewis dans cette épreuve est extraordinaire. »

Lewis Hamilton et Felipe Massa connaissent des saisons médiocres, toute chose étant relative. Ils ont été dans l'ombre de leur coéquipier.

Dans les quatre dernières épreuves :

- Pendant que Jenson Button montait quatre fois de suite sur le podium, Hamilton récoltait deux 4es places et une 5e.

- Pendant que Fernando Alonso récoltait 54 points, Massa en amassait 22.

Hamilton doit montrer à son équipe qu'il peut piloter à la limite du potentiel de la voiture (sans la dépasser), alors que Massa doit montrer à Ferrari qu'il peut encore aider Fernando Alonso.

Depuis l'occasion manquée de 2008, quand il est passé à un virage du titre mondial, Massa n'a plus été le même. Psychologiquement atteint. Et je ne crois pas que son accident de Hongrie en 2009 ait à voir avec son manque de relief.

massahamiltonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'incident entre Felipe Massa et Lewis Hamilton

Photo : BBC

Parlons ensuite de l'incident diplomatique. Ce qui s'est passé après, dans la zone des interviews, est également révélateur. Massa, fâché, s'en est pris physiquement à Hamilton, au moment où ce dernier s'adressait aux journalistes.

« Bravo, beau travail, c'est comme cela que tu vas gagner un autre titre », a-t-il lancé au Britannique. Le sarcasme peut mettre le feu aux poudres.

Hamilton n'a répliqué que verbalement, sans aller plus loin. Il a poursuivi l'interview avec le journaliste néerlandais. Un exemple de maîtrise.

Après 61 tours de piste, et toutes ses batailles, c'est qu'il n'a pas fait à cet instant précis montre qu'il a mûri dans son comportement hors piste.

Il faut noter que dans les deux cas, c'est l'image qui provoque. Sans image, point de controverse. Mais la F1 ne pourrait pas vivre sans la télévision. Les pilotes et les équipes le savent et doivent se comporter en conséquence.

C‘est la deuxième fois de suite que Lewis Hamilton fait preuve de sang-froid dans ses commentaires. À Monza, après son duel avec Michael Schumacher, il n'a pas dit un mot de travers aux journalistes. Même chose à Singapour.

Et dans cet univers où les commanditaires dictent la conduite des vedettes, McLaren peut soupirer de soulagement.

À très bientôt.

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