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Collusion dans la construction : des centaines de personnes ont manifesté à Montréal

La manifestation pour une commission d'enquête publique à Montréal
Radio-Canada

Une manifestation réclamant notamment la tenue d'une enquête publique sur l'industrie de la construction s'est tenue samedi après-midi devant les bureaux montréalais du premier ministre Jean Charest et devant l'Assemblée nationale à Québec.

À Montréal, entre 600 et 700 personnes ont répondu à l'appel, selon l'estimation du journaliste de Radio-Canada sur place. Les organisateurs avancent plutôt le chiffre de 2000 à 3000 personnes.

Parmi elles, on a notamment reconnu Françoise David et le député Amir Khadir, de Québec solidaire, les députés indépendants Lisette Lapointe, Louise Beaudoin et Pierre Curzi, le député Bernard Drainville, du Parti québécois, ainsi que des personnalités comme le chanteur et comédien Dan Bigras.

À Québec, toutefois, une dizaine de personnes seulement, la plupart des employés gouvernementaux, se sont regroupées devant l'édifice du Parlement.

L'appel à la mobilisation avait été lancé par le « Mouvement du 24 septembre », un collectif citoyen qui s'est formé sur les réseaux sociaux à la suite de la publication du rapport Duchesneau et qui se dit non partisan.

Manifestants réclamant une enquête publique sur l'industrie de la construction, à Montréal

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des femmes du Québec (FFQ) ont également pris part à la manifestation. En tout, quelque 1300 citoyens avaient annoncé leur présence sur Facebook.

Le « Mouvement du 24 septembre » dénonce « l'incapacité des élites politiques à régler les problèmes importants et urgents depuis plusieurs années », peut-on lire dans un communiqué.

Outre la tenue d'une enquête publique sur l'industrie de la construction, le groupe exige la démission du premier ministre Jean Charest et le déclenchement d'élections générales dans la foulée. Quant aux manifestants de Québec, ils dénoncent aussi le manque de financement des programmes sociaux et le recours du gouvernement à la sous-traitance.

Commission d'enquête à huis clos : les avis divergent

Par ailleurs, le député péquiste Bernard Drainville a rejeté complètement la tenue d'une commission d'enquête à huis clos sur l'industrie de la construction, une solution transitoire à la création immédiate d'une commission d'enquête publique, proposée par Jacques Duchesneau dans un extrait de l'émission Tout le monde en parle, qui sera diffusée dimanche à Radio-Canada.

Pour lui, les Québécois doivent avoir le droit d'assister à l'ensemble des témoignages pour juger eux-mêmes de l'état de la situation.

« Ça prend une enquête publique. On veut entendre les questions, on veut entendre les réponses, on veut savoir qui témoigne. Il n'est pas question d'une enquête en secret, il n'est pas question d'une enquête à huis clos. On a eu assez de cachotteries », a fait valoir M. Drainville.

Amir Khadir, pour sa part, a mis de l'avant la possibilité d'accorder une absolution à certains acteurs du milieu afin de coincer les vrais responsables de la corruption dans le domaine de la construction. Selon lui, il s'agirait d'une bonne solution de rechange aux interrogatoires à huis clos proposés par Jacques Duchesneau.

Le cofondateur de la Coalition pour l'avenir du Québec, François Legault, a lui aussi abordé brièvement la question à Québec, après une rencontre du regroupement Force Jeunesse, où il s'est montré évasif concernant la tenue d'une commission d'enquête à huis clos.

De passage à Québec, le ministre du Développement économique et ancien ministre des Transports Sam Hamad a quant à lui soutenu que son gouvernement avait posé les gestes nécessaires et voyait d'un bon oeil le rapport Duchesneau. « Il a livré exactement ce qu'on lui a demandé, maintenant mon collègue [le ministre des Transports ] Pierre Moreau l'a rencontré hier pour justement faire suite au rapport, ce qui est une bonne chose », a-t-il dit.

Concernant les manifestations de samedi, Sam Hamad dit respecter le droit des gens de s'exprimer. « Les citoyens ont le droit de manifester. Tout le monde a le droit de s'exprimer et c'est normal. Et c'est au gouvernement d'écouter, d'entendre ce que les gens disent. Après ça, nous allons agir en fonction de nos politiques. Les gens peuvent s'exprimer une fois aux élections aussi », a-t-il ajouté.

Avec les informations de La Presse canadienne

Industrie de la construction

Société