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Dépôt de la demande d'adhésion palestinienne à l'ONU

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Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors de son allocution à l'Assemblée générale de l'ONU

Photo : AFP / TIMOTHY A. CLARY

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a remis au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, la demande d'adhésion de la Palestine en tant qu'État membre de l'ONU, lors d'une rencontre au siège de l'organisation, à New York.

M. Ban a transmis dans l'après-midi la demande au Conseil de sécurité. Ce dernier a annoncé qu'il allait débattre de la demande lundi après-midi.

De son côté, le Quartette (États-Unis, ONU, Union européenne et Russie) a proposé une rencontre entre Israéliens et Palestiniens dans un délai d'un mois. L'objectif de la rencontre est de préparer la reprise des négociations.

Mahmoud Abbas, qui a été accueilli par de nombreux applaudissements à l'Assemblée générale, a affirmé lors de son allocution qu'il était prêt à reprendre les négociations de paix avec les Israéliens sur la base des lignes de 1967 avec un gel de la colonisation.

Il a dit que son objectif n'était pas d'isoler ni de délégitimer Israël.

Mais il a soutenu que le processus de négociations avait échoué jusqu'à maintenant, en raison de l'intransigeance du gouvernement israélien.

« Tous les efforts de paix ont été sapés par Israël », a-t-il dit, faisant référence particulièrement à la construction de colonies en territoire palestinien.

« Cette politique est en train de détruire les chances d'une solution à deux États qui fait l'objet d'un consensus international et je mets en garde : cette politique de colonisation menace aussi la structure, voire l'existence de l'Autorité palestinienne », a-t-il dit.

« Nous tendons la main au gouvernement et au peuple d'Israël pour faire la paix. [...] Notre peuple poursuivra sa résistance populaire, pacifique », a-t-il ajouté.

M. Abbas a affirmé qu'après le printemps arabe, il était temps d'assister au printemps palestinien.

« Je demande au secrétaire général de transmettre la demande le plus vite possible au Conseil de sécurité et j'appelle tous les pays à soutenir un État palestinien. Il s'agit de la plus grande contribution à la paix qu'ils puissent faire », a-t-il affirmé.

Réplique israélienne

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Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou à l'Assemblée générale de l'ONU

Photo : AP/Richard Drew

Moins d'une heure après l'allocution de Mahmoud Abbas, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a pris la parole en disant qu'Israël et les Palestiniens ne parviendront pas à la paix par le biais de résolutions aux Nations unies, mais uniquement par des négociations directes.

« Je tends la main au peuple palestinien », a dit Benyamin Nétanyahou devant l'Assemblée générale de l'ONU.

« La vérité est qu'Israël veut la paix, la vérité est que je veux la paix », a-t-il poursuivi, en disant que la colonisation n'était pas la pierre d'achoppement du conflit.

« Le coeur du problème est le refus des Palestiniens de reconnaître le caractère juif d'Israël. M. Abbas doit le reconnaître », a affirmé M. Nétanyahou. Il a aussi dit qu'il était impossible d'envisager un État palestinien avant d'avoir assuré la paix et la sécurité.

« Une fois que ce sera fait, Israël sera le premier pays à reconnaître un État palestinien », a-t-il dit.

M. Nétanyahou a ensuite offert à M. Abbas de le rencontrer sur le champ, aux Nations unies, pour relancer les discussions de paix.

Même si Washington a déjà indiqué qu'il ferait usage de son droit de veto, les Palestiniens ont bon espoir d'obtenir le nombre de votes requis au Conseil de sécurité, soit au moins 9 voix sur 15, selon le conseiller diplomatique de Mahmoud Abbas, Majdi Al-Khaldi.

Toutefois, la Bosnie, le Gabon et le Nigeria feraient l'objet d'intenses pressions diplomatiques de la part des États-Unis pour voter contre la proposition, selon lui. M. Abbas pourrait ainsi être privé d'une victoire morale.

Cette semaine, les Palestiniens ont fait l'objet de pressions pour retirer leur demande d'adhésion, Israël et les États-Unis jugeant que la marche vers l'indépendance de la Palestine ne passe pas par un vote aux Nations unies. Le président américain, Barack Obama, a notamment tenté d'en convaincre M. Abbas lors d'une rencontre en privé.

De son côté, le président français Nicolas Sarkozy a appelé mercredi l'Assemblée générale à accorder à la Palestine le « statut intermédiaire d'État observateur », identique à celui du Vatican, parallèlement à des négociations israélo-palestiniennes pour parvenir à un accord de paix « définitif » d'ici un an.

Israël a opposé vendredi une fin de non-recevoir à la proposition de M. Sarkozy.

Israël renforce la sécurité

Par ailleurs, Israël a déployé 22 000 policiers sur l'ensemble de son territoire et a envoyé des renforts militaires en Cisjordanie pour prévenir tout dérapage à l'occasion de la présentation de la demande d'adhésion d'un État palestinien à l'ONU.

De nombreux rassemblements ont eu lieu en Cisjordanie et dans la bande de Gaza pour célébrer la demande d'adhésion.

De son côté, le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza, a réitéré vendredi matin son opposition à la démarche unilatérale de l'Autorité palestinienne.

« Le peuple palestinien ne doit pas quémander un État. Les États ne se bâtissent pas sur des résolutions de l'ONU », a affirmé le chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh.

Israël-Palestine, les racines d'un conflit. Consultez notre dossier.

Les scénarios

L'éventuelle reconnaissance formelle de l'État de Palestine se ferait en deux temps. Il faudrait d'abord que 9 des 15 membres du Conseil votent en faveur de la résolution, dont les 5 membres permanents (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine). Le cas échéant, l'appui des deux tiers des pays membres de l'Assemblée générale serait ensuite requis (129 sur 193).

Washington a cependant déjà indiqué qu'il ferait usage de son droit de veto. Devant ce blocage, Mahmoud Abbas pourrait demander un statut d'État non membre, qui ne nécessiterait qu'une majorité simple à l'Assemblée générale. Si le Conseil de sécurité votait contre la demande, le dossier pourrait tout de même se retrouver à l'Assemblée générale.

Si tel était le cas, un vote à la majorité simple permettrait à la Palestine d'obtenir un statut d'État non membre, ce qui lui donnerait tout de même le droit de s'adresser à la Cour internationale de justice (CIJ).

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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