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Frais de scolarité : un comité consultatif s'inquiète de l'accessibilité aux études

Étudiants à l'Université Laval

Étudiants à l'Université Laval

Radio-Canada

Le Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études s'inquiète des effets négatifs possibles de la hausse des frais de scolarité sur l'accès aux études universitaires, mais ne remet pas en question la majoration de 325 $ par année des droits de scolarité pendant cinq ans, décrétée par Québec.

Le Comité, rattaché au Conseil supérieur de l'éducation du Québec, constate entre autres que la hausse des frais pourrait entraîner une baisse de l'effectif universitaire de l'ordre de 2,5 %.

Dans un avis publié jeudi, le Comité dit être préoccupé par les « conséquences des hausses des droits de scolarité sur les futurs bénéficiaires du Programme de prêts et bourses, en particulier ceux qui viennent des milieux à faible revenu et dont les parents ont souvent tendance à surestimer le coût des études universitaires et à en sous-estimer les bénéfices ».

Il recommande la mise en place d'un plan de communication rappelant « les bienfaits de l'éducation et [décrivant] les caractéristiques et les améliorations apportées aux programmes d'aide financière aux études afin de réduire l'effet des hausses annoncées ».

Le Comité recommande aussi de rendre admissibles à un programme de remise de dette tous les bénéficiaires du Programme de prêts et bourses qui ont une dette d'études. Actuellement, les bénéficiaires qui reçoivent leur aide uniquement en prêts n'y sont pas admissibles. Il recommande de plus d'indexer pleinement les programmes d'aide financière aux études, et ce, de façon annuelle et automatique.

Par ailleurs, il estime qu'il faudrait mieux connaître l'effectif qui fréquente l'université à temps partiel. Le Comité recommande de mener une étude auprès de ces personnes en vue de mieux cibler les mesures d'aide financière qui leur sont destinées.

Finalement, le Comité recommande de tenir une enquête sur la condition de vie des étudiants en 2012 et en 2017, comme le prévoit le gouvernement.

Les fédérations étudiantes s'insurgent

Dans un communiqué conjoint, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) déplorent des « recommandations sans substance » du Comité, alors que son rapport révèle des données « troublantes ».

« On y apprend que le taux de participation aux études est de 21 % en 2006 alors que la Fondation des bourses du millénaire le fixait à 24 % au début des années 90. » De plus, le Comité révèle que la hausse entraînera une baisse de l'effectif étudiant équivalente à près de 7000 étudiants, soulignent les deux fédérations étudiantes.

Selon la FECQ et la FEUQ, le Comité ne propose que des mesures vagues comme l'élaboration d'un plan de communication pour faire la promotion des études universitaires ou la mise sur pied d'enquêtes sur les populations étudiantes.

Finalement, le gouvernement ignore des études semblables menées par les fédérations étudiantes, qui démontrent que la prochaine hausse sera catastrophique pour une large proportion des étudiants, selon la FECQ et la FEUQ.

Frais de scolarité en hausse

La semaine dernière, Statistique Canada montrait que la progression des frais de scolarité s'accélère au pays. Les étudiants inscrits à un programme universitaire de premier cycle ont payé en moyenne 4,3 % de plus cette année par rapport à 2010-2011.

L'an dernier, la hausse des frais de scolarité avait été de 4 %. En moyenne, les étudiants canadiens ont payé 5366 $ en frais de scolarité comparativement à 5146 $ l'année précédente.

Au Québec, les frais de scolarité ont progressé de 4,5 % cette année. La province reste, avec Terre-Neuve-et-Labrador, l'un des endroits où les frais de scolarité sont les moins élevés, en moyenne, respectivement de 2519 $ et 2649 $.

Élèves et d'étudiants réagissent

Fanny Pelletier, Félix Lebel et Arnaud Gendron

Fanny Pelletier, Félix Lebel et Arnaud Gendron

Photo : Bruno Maltais

« C'est utopique de penser qu'on peut avoir la gratuité, mais il ne faudrait pas augmenter autant les frais de scolarité », avance Fanny Pelletier.

« 127 % en 5 ans, c'est rough », ajoute Felix Lebel, élève de deuxième année au cégep. « L'éducation, c'est le meilleur moyen de sortir de la pauvreté. Tant qu'à baisser les impôts et augmenter les frais de scolarité, on devrait faire l'inverse », ajoute celui qui prévoit poursuivre sa formation à l'université en environnement.

« Ça doit rester accessible à tout le monde », renchérit Arnaud Gendron qui prévoit également poursuivre des études universitaires. « On peut se payer ça. On a les moyens de le faire. »

La hausse des frais de scolarité ne devrait pas les empêcher de poursuivre leurs études. « Je pense que quelqu'un qui veut aller à l'université ira quand même, mais ça pourrait limiter la volonté de faire une maîtrise », estime M. Lebel.

On est quand même chanceux par rapport à d'autres provinces ou aux États-Unis, et les frais de scolarité, ça va avec le coût de la vie.

Geneviève Fréchette, étudiante en enseignement préscolaire

Secrétaire générale de l'Association étudiante modulaire de science politique, Louis-Philippe de Grandpré est contre toute hausse des frais de scolarité: « C'est pas qu'il n'y a pas d'argent, c'est une question de choix. »

On compare toujours avec l'Amérique du Nord, mais en Europe, il y a beaucoup d'endroits où c'est moins cher.

Louis-Philippe de Grandpré

« En 2015, ça prendra 8,8 semaines de travail à temps plein (au salaire minimum) pour payer ses frais de scolarité, poursuit M. de Grandpré. Ça c'est tout l'été et ça ne paye pas le loyer et la nourriture. On dirait que c'est fait pour qu'un petit groupe puisse bénéficier de l'éducation. »

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