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ONU : Obama redemande à la Palestine de retirer sa demande d'adhésion

Le président américain, Barack Obama

Le président Obama devant l'Assemblée générale de l'ONU.

Photo : AFP / Eric Feferberg

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président américain, Barack Obama, a profité de son discours à l'Assemblée générale de l'ONU, mercredi avant-midi, pour redire que le conflit israélo-palestinien devait être résolu par des négociations. Une position qu'il a transmise au président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, en soirée lors d'une rencontre privée.

« Je suis convaincu qu'il n'y a pas de raccourci pour un conflit qui perdure depuis des décennies », a dit le président Obama. « La paix ne viendra pas de déclarations et de résolutions aux Nations unies; si c'était aussi facile, cela aurait déjà été fait. »

« Ultimement, ce sont les Israéliens et les Palestiniens, et pas nous, qui doivent parvenir à un accord sur les enjeux qui les divisent : sur les frontières et la sécurité, sur les réfugiés et Jérusalem », a encore ajouté le président américain.

Barack Obama s'est dit « frustré » par le manque de progrès dans les négociations et a admis que les Palestiniens attendent leur État « depuis trop longtemps ».

« Les Israéliens doivent savoir que toute entente leur offrira des garanties de sécurité. Les Palestiniens méritent de connaître les frontières de leur État ».

Le président américain a néanmoins répété que « l'engagement des États-Unis envers la sécurité d'Israël est inébranlable ». Il a du coup ajouté qu'« Israël est entouré de voisins qui lui ont fait la guerre à répétition », soulevant les tirs de roquettes et les attentats-suicide.

Le peuple juif porte le fardeau de siècles d'exil, de persécutions, et le souvenir récent que 6 millions de personnes ont été tuées simplement en raison de qui elles étaient.

Une citation de :Barack Obama

Selon le président américain, les « amis des Palestiniens » ne leur rendent pas service en refusant de reconnaître Israël [NDLR: seules l'Égypte et la Jordanie l'ont fait], tout comme les « amis d'Israël » doivent reconnaître la nécessité de viser un accord en faveur d'une solution à deux États, « avec Israël vivant en sécurité aux côtés d'un État palestinien indépendant ».

« La vérité - que chaque partie a des aspirations légitimes - est ce qui rend la paix si difficile [à atteindre]. Et l'impasse ne sera brisée que lorsque chaque partie apprendra à se mettre dans les souliers de l'autre. Voilà ce que nous devrions encourager », a plaidé le président américain. Il a conclu son discours en appelant les deux parties à faire preuve de compassion et d'écoute lors de leurs discussions.

Abbas oppose une fin de non-recevoir

Au terme d'une rencontre privée en soirée, le président Obama n'a pas réussi à convaincre le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de retirer sa demande d'adhésion à l'ONU.

M. Obama a répété que cette adhésion ne permettrait pas la reconnaissance entière d'un État palestinien et que Washington allait opposer son veto à toute demande de ce genre déposée au Conseil de sécurité.

Après avoir expliqué la position palestinienne au président américain, M. Abbas a affirmé qu'il était prêt à accorder un temps de réflexion supplémentaire au Conseil de sécurité, pourvu qu'il ne soit pas excessif.

Il s'est aussi dit ouvert à la proposition française d'accorder à la Palestine le statut d'État observateur, d'ici la conclusion d'un accord israélo-palestinien définitif au cours des 12 prochains mois.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, discute avec le président américain, Barack Obama.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, discute avec le président américain, Barack Obama.

Photo : La Presse canadienne / Pablo Martinez Monsivais

Nétanyahou heureux du discours d'Obama

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a chaleureusement salué le discours de Barack Obama à l'ONU. « Je pense que c'est à votre honneur, et je vous remercie » de la promesse d'opposer un veto à la démarche palestinienne au Conseil de sécurité, a-t-il déclaré à des journalistes, après avoir rencontré le président américain a siège de l'ONU.

« Nous sommes tous deux d'accord pour dire que les Palestiniens et les Israéliens devraient négocier [...] c'est la seule façon de parvenir à une paix stable et durable », a-t-il ajouté. « Je pense que les Palestiniens veulent obtenir un État, mais ils ne sont pas encore prêts à faire la paix avec Israël », soutient M. Nétanyahou.

Israël-Palestine, les racines d'un conflit. Consultez notre dossier.

Après une rencontre privée entre les deux hommes, Benyamin Nétanyahou a remercié le premier ministre canadien, Stephen Harper, pour son soutien à Israël. M. Harper, un partisan indéfectible de l'État hébreu, a répété qu'il privilégie une reprise des négociations à la demande d'adhésion palestinienne.

Sarkozy pour un statut d'« État observateur »

Prenant la parole après le président Obama, le président français Nicolas Sarkozy a proposé que la Palestine tente d'obtenir un statut « d'État observateur », en attendant un « accord définitif de paix » d'ici un an.

Nicolas Sarkozy craint qu'un éventuel veto américain à la demande palestinienne d'adhésion à l'ONU risque de « déclencher un cycle de violence au Proche-Orient ».

« Chacun sait bien qu'une reconnaissance pleine et entière du statut d'État membre de l'ONU ne peut être obtenue dans l'immédiat » pour la Palestine, a estimé le chef d'État français, montrant du doigt « le manque de confiance entre les principaux acteurs ».

Le président français, Nicolas SarkozyAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nicolas Sarkozy

Photo : AFP / Spencer Platt

M. Sarkozy argue que les Européens et les États arabes doivent se rabattre sur ce que les diplomates appellent « l'option Vatican », soit l'obtention du statut d'État non membre ayant le statut d'observateur. Ce statut pourrait être obtenu grâce à l'appui de 129 des 193 pays membres de l'Assemblée générale, soit les deux tiers des pays représentés.

Dans l'intervalle, il suggère un calendrier serré de négociations : « Un mois pour reprendre les discussions, six mois pour se mettre d'accord sur les frontières et sur la sécurité, un an pour parvenir à un accord définitif ».

Le président français a réaffirmé l'engagement de la France envers la sécurité des Israéliens, pour ensuite appeler l'État hébreu à la retenue et à la conciliation dans le cadre des négociations.

« Écoutez ce que criait la jeunesse des printemps arabes », a-t-il lancé : « Ils criaient "Vive la liberté!", ils ne criaient pas "À bas Israël!". Vous ne pouvez pas rester immobiles alors que ce vent de liberté et de démocratie souffle dans votre région ».

Avec les informations de Agence France-Presse

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